La drogue du viol, un phénomène méconnu

 Les drogues du viol seraient en cause dans près de 15 % des agressions sexuelles rapportées au Québec. Ce constat préoccupe beaucoup l'Université de Montréal, qui estime important de sensibiliser la population du campus. Le Bureau d'intervention en matière de harcèlement (BIMH) et le Comité permanent sur le statut de la femme de l'UdeM travaillent de concert pour sensibiliser les associations étudiantes et faire des campagnes d'affichage sur tout le campus.

 

«Malheureusement, l'usage de la drogue du viol est en hausse à Montréal. Une campagne de sensibilisation relativement à cette drogue est actuellement en cours à l'Université. Elle vise à faire réagir les membres de la communauté universitaire aux dangers de son utilisation, volontaire ou non, et à faire en sorte qu'ils redoublent de vigilance pour ne pas en devenir victimes», mentionne Pascale Poudrette, directrice du BIMH.

La drogue du viol la plus connue est le GHB, une drogue illicite mais largement consommée à des fins récréatives, peu couteuse et facile à fabriquer, puisqu'elle est un dérivé d'un décapant-solvant. On la trouve dans différents milieux comme les bars, les raves, les fêtes privées, les fêtes de campus, etc. Combiné avec l'alcool, le GHB peut causer de graves symptômes tels que la sensation d'avoir trop bu, l'altération du jugement, la perte de contact avec la réalité, l'absence d'inhibition, la confusion, l'amnésie, etc. La plupart des hospitalisations sont liées aux mélanges de GHB et d'alcool et ce cocktail entraine un risque d'arrêt respiratoire et de mort. Même de petites quantités peuvent être dangereuses. De plus, cette drogue est difficilement détectable lorsqu'elle est déposée dans un verre d'alcool, car le GHB n'a ni odeur, ni couleur, ni saveur. Ses effets, par contre, sont bien manifestes.

Mme Poudrette souligne l'importance d'être vigilant, de garder un œil sur son verre en tout temps, de sortir en groupe et de veiller les uns sur les autres.

Enfin, elle rappelle que la drogue du viol est très difficile à déceler dans le corps après quelques heures. C'est pourquoi, il est importe de ne pas tarder à signaler son absorption afin de maximiser les chances de réunir les éléments de preuve.

Trop souvent, les victimes sont très troublées, car elles ont le sentiment d'avoir été abusées sans toutefois en avoir un souvenir précis. C'est pour cette raison qu'il est essentiel pour les personnes qui croient en avoir été victimes d'aller chercher de l'aide et de briser l'isolement.

«Si un membre de la communauté universitaire pense avoir été victime de la drogue du viol, il peut en toute confidentialité s'adresser au BIMH de l'Université de Montréal pour obtenir du soutien et un accompagnement dans les démarches possibles», indique Pascale Poudrette.

On peut joindre le BIMH au 514 343-7020.

www.harcelement.umontreal.ca