De bonnes nouvelles pour l'IRIC

  • Forum
  • Le 18 février 2013

  • Marie Lambert-Chan

De gauche à droite, MM. Bouvier et Decicco, Guy Sauvageau, directeur général de l'IRIC, et M. TyersAu cours de la prochaine année, 47 000 cas de cancer seront diagnostiqués au Québec. «Imaginez les répercussions sur les familles, le système de santé, la productivité et la qualité de vie de toutes les personnes touchées. Dans ce contexte, la recherche réalisée à l'Institut de recherche en immunologie et en cancérologie [IRIC] de l'Université de Montréal est véritablement un service à la collectivité», a lancé Pierre Normand, vice-président aux relations extérieures et aux communications à la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI), le 7 février, à une conférence tenue à l'IRIC.

 

On y annonçait de nouveaux partenariats entre l'Institut et la compagnie pharmaceutique Bristol-Myers Squibb (BMS), ainsi qu'une importante subvention de 10,5 M$, un montant provenant de la FCI, du gouvernement du Québec et de sources privées.

Le cancer pose un défi de taille aux scientifiques. Sa complexité exige des efforts de créativité et de collaboration, ont convenu les universitaires et les acteurs du public et du privé présents à la conférence.

«Les médicaments échouent aux essais cliniques, car nous ne comprenons pas suffisamment les systèmes biologiques complexes», a affirmé Mike Tyers, professeur à la Faculté de médecine de l'UdeM et chercheur principal à l'IRIC.

Sa plateforme de criblage chimique à ultra haut débit associée aux systèmes biologiques profitera de la nouvelle subvention. «Notre projet vise à élaborer des approches de criblage novatrices, explique le professeur Tyers. Nous pourrons commencer à combler le fossé qui existe entre les connaissances accumulées grâce à la génomique et notre capacité à repérer des molécules prometteuses pour les nombreux gènes cibles liés à des maladies comme le cancer.»

Un modèle unique

L'IRIC et BMS travaillent main dans la main depuis plus de cinq ans. Ce partenariat fructueux va plus loin aujourd'hui avec l'amorce de nouveaux projets pour mettre au point deux médicaments contre de multiples formes de cancer.

«Au cours des dernières années, Bristol-Myers Squibb a investi plusieurs millions de dollars dans la recherche et la conception de médicaments à l'IRIC», a déclaré fièrement Michel Bouvier, professeur à la Faculté de médecine et chef de la direction de l'IRIC – Commercialisation de la recherche (IRICoR). Cet organisme sans but lucratif créé par l'UdeM a le mandat d'accélérer le processus de commercialisation des découvertes effectuées à l'IRIC et à l'UdeM en oncologie. Il a joué un rôle crucial dans la conclusion de l'entente avec BMS.

«Auparavant, nous donnions de l'argent aux universitaires et nous leur disions de revenir plus tard avec les résultats de leurs découvertes. Plus personne n'agit ainsi parce que ça ne fonctionne pas. C'est bien plus satisfaisant pour les scientifiques de pouvoir développer les découvertes provenant de leurs travaux en recherche fondamentale. Voilà ce que l'IRIC fait», a témoigné Carl Decicco, premier vice-président du secteur Découverte, chimie et optimisation de candidats chez BMS.

Ce modèle est des plus innovants, selon Michel Bouvier: «La recherche fondamentale débute avec le financement issu des organismes subventionnaires et des donateurs privés qui alimente des projets qui ont le potentiel pour devenir des programmes de découverte du médicament. Puis, l'IRICoR les mène vers les prochaines étapes de maturation, à travers les différentes plateformes scientifiques de l'IRIC conçues à cet effet. C'est à ce moment que nous réalisons des partenariats avec l'industrie et que nous pouvons éventuellement tirer des revenus de la vente de tous les produits qui en découlent par exemple. Cet argent sera réinvesti dans la recherche.»

M. Bouvier rappelle que, «sans des partenariats solides avec l'industrie, il est impossible de mener à terme la plupart des projets en découverte du médicament».

Le financement public n'est toutefois pas négligeable, puisqu'il s'étendra encore sur quelques années. «De 10 à 15 ans sont nécessaires pour qu'un médicament aboutisse en essais cliniques, signale M. Bouvier. On a des composés en tests cliniques, mais ils ne sont pas encore approuvés. Les revenus engendrés par ces médicaments apparaissent peu à peu, mais ce n'est pas assez pour nous rendre autosuffisants avant cinq ans. On a donc besoin de subventions publiques. Mais c'est de l'argent bien investi quand on pense à toutes les retombées possibles.»

Marie Lambert-Chan