Véronique Besançon, conseillère pédagogique et artiste peintre

  • Forum
  • Le 18 février 2013

  • Dominique Nancy

Véronique Besançon participera en mars à l'exposition Women in Art de la Ward-Nasse Gallery, à New York.Véronique Besançon sait faire coexister sa carrière de peintre avec celle de conseillère pédagogique. «Je mène une double vie riche et passionnée, dit-elle. J'ai recommencé à peindre sérieusement il y a 10 ans.

 

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Véronique Besançon sait faire coexister sa carrière de peintre avec celle de conseillère pédagogique. «Je mène une double vie riche et passionnée, dit-elle. J'ai recommencé à peindre sérieusement il y a 10 ans.

Mais je n'ai exposé mon travail pour la première fois qu'il y a 3 ans et j'ai découvert ainsi le plaisir et la nécessité du partage et de l'échange.»

Aujourd'hui, quand le jour se lève, elle enfile ses habits de conseillère pédagogique pour se rendre aux bureaux des services de soutien à l'enseignement de l'Université de Montréal, où elle travaille depuis neuf ans. Mais les weekends, elle les consacre à son art.

«Peindre est pour moi comme une bouffée d'oxygène, une façon de me détendre l'âme. J'ai un grand besoin de créer», affirme cette artiste accomplie qui réalise une soixantaine de tableaux par année et a déjà participé à une vingtaine d'expositions collectives et solos, notamment au Belgo et à la galerie Espace contemporain. Du 2 au 31 mars prochain, elle présentera, à l'intérieur de l'exposition Women in Art de la Ward-Nasse Gallery, à New York, trois de ses œuvres, des toiles de petit format riches en couleurs et dotées d'une texture particulière.

Lorsqu'on pénètre dans la boulangerie-pâtisserie Plougastel, du boulevard Saint-Laurent, où Mme Besançon expose actuellement une trentaine de toiles, on est ébloui par les jaunes et les rouges de ses tableaux. Autre particularité: leur texture légèrement granuleuse, qui confère aux œuvres une grande poésie, la signature de l'artiste.

On est loin du gris beige qui recouvre les murs des classes du campus!

Citoyenne du monde

Véronique Besançon participera en mars à l'exposition Women in Art de la Ward-Nasse Gallery, à New York.«J'ai toujours vécu dans un univers artistique», raconte Véronique Besançon, qui a exploré la danse contemporaine et le théâtre ainsi que l'écriture et la peinture dans sa jeunesse en France, où elle a grandi. Artiste autodidacte, Mme Besançon est née au Maroc d'une mère russo-hongroise et d'un père français. Elle a immigré à Montréal avec sa fille en 1997 forte de cette diversité culturelle qu'elle transpose dans ses toiles.

Deux tempéraments semblent cohabiter dans l'artiste: un côté volubile et démonstratif, tout feu tout flamme, et un côté plus réservé, avec une pointe de nostalgie héritée de ses grands-parents juifs hongrois et russes issus de minorités réfugiées en Europe et au Maghreb au début du siècle. «Le fait d'avoir une histoire de migration et plusieurs univers culturels est assurément un facteur puissant d'épanouissement, de créativité et de force, estime Véronique Besançon. Mes œuvres sont des espaces personnels de reconstruction de mes parcours multiples tout en couleurs méditerranéennes et d'Europe de l'Est.»

Des thèmes d'actualité, comme Une histoire de gens qui descendent dans la rue, une série inspirée de la grève des étudiants au printemps 2012, ou encore Les indignés, une autre série d'œuvres peintes à la suite du mouvement des indignés en Europe et aux États-Unis, révèlent également un besoin de communiquer la dualité, mais toujours de façon très colorée.

Passer du travail en milieu universitaire à la pratique d'une activité artistique ne semble pas être un problème pour Véronique Besançon. Au contraire, la conseillère pédagogique évolue parallèlement à l'artiste peintre, l'une nourrissant l'autre. D'ailleurs, elle admet qu'elle ne pourrait jamais avoir la qualité de vie qu'elle a sans la sécurité d'emploi que lui procure l'Université. Elle souligne aussi l'apport considérable de son conjoint, sans qui elle n'arriverait pas à produire autant. «Il fait tout, confie-t-elle. Il achète le matériel, fait les cadres, veille au transport et agit comme agent et conseiller... Il nettoie même l'atelier et mes pinceaux!»

Mme Besançon parle avec autant d'animation de la peinture que de son travail spécialisé en formation en ligne à l'UdeM. Celle qui a assuré la conception et la réalisation de nombreux cours et de modules de formation continue sur le Web n'est pas du tout lassée par sa tâche. «Ce n'est jamais pareil, dit-elle. Je peux un jour préparer un devis de production pour une formation en ligne et un autre accompagner une équipe d'enseignants dans l'élaboration de projets pédagogiques intégrant les TIC. Mon emploi est très stimulant.»

Mais contrairement au processus créatif, qui exige qu'elle fasse le vide dans sa tête, elle est hyper rigoureuse et cartésienne au travail. «Ma part française sans doute!»

Dominique Nancy