Le volleyball féminin à l'UdeM, une tradition d'excellence

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  • Le 25 février 2013

Alexandra Lojen, Marie-Sophie Nadeau et Laëtitia TchoualackDès le 28 février, les Carabins participeront à la grande messe du volleyball féminin universitaire canadien pour la huitième fois de suite, la plus longue séquence active au pays. Depuis plusieurs années, les Bleues représentent les trois établissements du campus montréalais partout au Canada, se présentant à chaque championnat de Sport interuniversitaire canadien (SIC) avec l'espoir d'y remporter le titre.

 

Beaucoup de chemin a été parcouru depuis la saison inaugurale de l'équipe, en 1989-1990, pour établir ce programme parmi les plus importants du pays. «Je crois que c'est un amalgame de facteurs qui nous a fait connaitre le succès, dit Olivier Trudel, entraineur-chef en 2001-2002 et qui a repris son poste en 2004. Tout le travail accompli depuis les débuts nous préparait à ça.»

Au cours des dernières années, un recrutement sélectif a permis aux Bleues de se démarquer. Des joueuses qui sont aujourd'hui dans les rangs professionnels en Europe, telles que Janie Guimond, Marie-Pier Murray Méthot et Nadine Alphonse, ont porté l'uniforme des Carabins. Tout comme Laëtitia Tchoualack, nommée joueuse de l'année au Canada à deux reprises (2008 et 2009), en plus d'être sacrée athlète féminine universitaire de l'année, tous sports confondus, en 2008.

«Elles nous ont amenées à un autre niveau, mentionne Alexandra Lojen, la capitaine actuelle des volleyeuses, qui a commencé sa carrière à leurs côtés. Avec leurs coéquipières déjà en place, elles ont fait parler de l'équipe et je crois que ça a donné envie à de jeunes joueuses avec du potentiel de se joindre aux Carabins.»

Depuis, la formation d'Olivier Trudel s'est forgé une identité propre au sein du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). Les joueuses montréalaises sont généralement plus physiques et s'imposent au filet. Ce style de jeu s'apparente davantage à celui des équipes de l'Ouest, qui figurent parmi les favorites pour mettre la main sur le titre canadien chaque année.

La tradition s'est poursuivie depuis. De 2006 à 2012, au moins une joueuse des Carabins a été sélectionnée au sein de la première équipe d'étoiles de SIC. Marie-Sophie Nadeau a fait partie de ces étoiles, elle qui a été désignée joueuse de l'année au Québec l'an dernier, à sa deuxième saison seulement.

«Avant de m'engager avec l'équipe, j'ai vu son succès et la qualité des joueuses qui étaient passées par là, souligne l'attaquante étoile de 1,85 mètre. Je trouvais ça très intéressant et je savais aussi qu'il y avait un bon entraineur. Ça a beaucoup influencé mon choix.»

À chacune de ses saisons à la barre de l'équipe, Olivier Trudel n'a jamais raté une qualification pour le championnat canadien. Il a toujours eu à cœur de choisir des joueuses pour former une équipe qui lui corresponde.

«Ce serait complètement injuste de ne pas voir un lien entre les succès de l'équipe et Olivier, déclare Alexandra Lojen, joueuse de l'année au Québec en 2010. C'est un entraineur qui sait ce qu'il veut et il sait comment l'obtenir. Il voit rapidement le potentiel de ses joueuses et il tient à les aider pour atteindre leurs objectifs personnels.»

Olivier Trudel

Les Carabins ont deux médailles à leur palmarès

La formation d'Olivier Trudel ne compte pas seulement des joueuses de talent. Elle bénéficie également d'un apport soutenu de l'organisation des Carabins. C'est ainsi que les représentantes de l'UdeM peuvent se mesurer à de très bonnes équipes à l'extérieur du Québec en marge du calendrier.

Des résultats ont été obtenus et, grâce à des leçons tirées de défaites répétées au championnat canadien, les Bleues ont réussi à atteindre la finale en 2008 contre les Thunderbirds de l'Université de la Colombie-Britannique, ce qui deviendra un match d'anthologie.

«C'était une partie super intense. Ça fait partie des meilleurs souvenirs de ma carrière, raconte Laëtitia Tchoualack. La tension était palpable, mais en même temps on ne la ressentait pas. C'était un peu comme si on regardait un film.»

Les Bleues ont finalement baissé pavillon après une longue lutte en cinq manches (25-21, 21-25, 25-20, 26-28 et 18-20). «Je suis tanné qu'on parle de ce match-là, déclare Olivier Trudel. Il est temps qu'on passe à autre chose.»

L'année suivante, les Carabins ont gagné la médaille de bronze.

Un championnat en terre québécoise

«Le standard, c'est d'aspirer au titre national chaque année, insiste Olivier Trudel. Notre plus grand défi, c'est de remporter le premier. Nous ne l'avons pas encore, mais nous sommes proches. Ça va arriver et les Carabins deviendront une équipe multititrée.»

Cette année, c'est à l'Université de Sherbrooke que le tournoi aura lieu, du 28 février au 2 mars. Trois matchs en trois jours, aucune place pour la défaite.

Après un début de saison plus difficile en raison des nombreuses blessures qu'ont connues la majorité des joueuses partantes, les Bleues se sont relevées et ont terminé la saison en puissance avec quatre victoires d'affilée par la marque de 3-0. Elles ont ensuite vaincu le Rouge et Or de l'Université Laval en demi-finale.

La finale provinciale entre les porte-couleurs de l'UdeM et le Vert et Or de l'Université de Sherbrooke s'est conclue la fin de semaine dernière. Les Carabins avaient besoin d'une victoire pour remporter un cinquième titre du RSEQ en six saisons.

De nombreuses ambassadrices

Après toutes ces saisons fructueuses, une chose demeure intacte. Les anciennes joueuses gardent les Carabins tatoués sur le cœur, que ce soit dans leur milieu professionnel, avec l'équipe nationale sénior ou dans une ligue professionnelle.

«Nos joueuses qui sont en Europe me demandent toujours de nos nouvelles et nous envoient des félicitations. Elles sont nos meilleures ambassadrices, fait remarquer Olivier Trudel. Quand c'est possible, elles viennent nous voir dans le gymnase. Je crois que notre encadrement crée un fort sentiment d'appartenance. Notre but, c'est qu'une fois leur carrière à l'UdeM terminée, elle ait été l'une des plus belles périodes de leur vie.»

Mathieu Dauphinais
Collaboration spéciale