Mère Teresa, pas au-dessus de tout soupçon

  • Forum
  • Le 25 février 2013

  • Daniel Baril

«Nous avons découvert une réputation construite par les médias en mal de personnages grandioses», selon Serge Larivée.Serge Larivée, professeur à l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal, signe, dans le numéro à venir de la revue Sciences religieuses, un article vitriolique sur mère Teresa.

 

Avec Carole Sénéchal et Geneviève Chénard (de l'UdeM), il déboulonne sans complaisance la fondatrice des Missionnaires de la charité en faisant ressortir ce que les auteurs appellent «les côtés ténébreux de mère Teresa»: son dogmatisme religieux, son approche misérabiliste des soins hospitaliers, ses opinions politiques de droite, sa gestion douteuse du financement et des dons reçus, les côtés troubles de sa personnalité.

Pourquoi des psychoéducateurs se sont-ils intéressés à un tel cas? «C'est dans le cadre d'un séminaire sur l'éthique de l'intervention et l'altruisme que le cas de mère Teresa, célébrée à l'échelle de la planète pour son dévouement humanitaire auprès des démunis, nous a été soumis, répond Serge Larivée. Nous avons voulu analyser le phénomène et nous avons découvert une réputation construite par les médias en mal de personnages grandioses.»

Les auteurs concluent en reprochant aux médias leur manque de rigueur quant au détournement de dizaines de millions de dollars de la mission première des Missionnaires de la charité – un fait connu bien avant la mort de la fondatrice – et à un miracle qualifié d'«arnaque montée de toutes pièces».

Daniel Baril