L'École de santé publique devient une faculté

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  • Le 11 mars 2013

  • Marie Lambert-Chan

La santé publique est devenue un enjeu majeur dans nos sociétés. (Image: iStockphoto)L'École de santé publique de l'Université de Montréal (ESPUM) deviendra sous peu une faculté. Elle sera ainsi la première école de santé publique à statut facultaire au Québec et la deuxième au Canada.

 

«C'est un moment historique pour notre communauté, indique le recteur, Guy Breton. Cette faculté est la première à voir le jour sur le campus de l'UdeM depuis les 40 dernières années. Et je suis heureux de constater que sa création a obtenu l'assentiment de toutes nos instances.»

Elle réunira sous un même toit les départements de médecine sociale et préventive, d'administration de la santé et de santé environnementale et santé au travail. On y retrouvera 73 professeurs, 83 professeurs de clinique et quelque 650 étudiants.

«Cette idée est dans les cartons depuis 1986. L'Université a tenté à quatre reprises de donner son autonomie à l'ESPUM, mais ce n'est que maintenant que tous les éléments se sont mis en place pour en favoriser la réussite», rappelle Raymond Lalande, vice-recteur aux études et responsable de ce projet.

Selon lui, la grande volonté du recteur, qui en a fait une priorité institutionnelle, ainsi que celle des doyens ont été des «éléments clés». Il souligne aussi la précieuse collaboration de la Faculté de médecine, qui a accueilli pendant plusieurs années l'ESPUM en son sein. «La doyenne, Hélène Boisjoly, a très bien compris l'importance de la santé publique pour l'UdeM», estime M. Lalande.

Depuis 2007, l'ESPUM était une école «virtuelle» où se croisaient les disciplines – médecine, sciences biomédicales, sciences infirmières, pharmacie, droit, épidémiologie, sociologie, démographie, etc. Mais les programmes et les professeurs demeuraient rattachés à leur département ou faculté d'origine. «Rapidement, des difficultés de gestion et de développement sont apparues, remarque le vice-recteur aux études. C'est pourquoi il nous fallait une école à l'identité plus forte.»

Ce projet a été également porté par l'intérêt croissant tant ici qu'à l'étranger pour la santé publique. «Le maintien de la santé des populations est un enjeu planétaire», signale-t-il. Il en veut pour preuve les 46 écoles de santé publique de statut facultaire créées par nos voisins du Sud.

En quête d'un doyen et d'un agrément

Les défis seront nombreux pour la nouvelle faculté: structurer l'organisation départementale, assurer le partage d'une mission et de valeurs communes par l'ensemble des professeurs, mettre en place des collaborations avec les autres facultés, consolider certains secteurs comme l'épidémiologie et la biostatistique... Et pour mener à bien le tout, il faut évidemment un doyen ou une doyenne. «Le processus de sélection est amorcé», annonce Raymond Lalande.

L'heureux élu devra entre autres veiller à ce que l'ESPUM obtienne l'agrément du Council on Education for Public Health (CEPH), l'organisme d'agrément en santé publique le plus prestigieux sur la scène internationale. «L'attribution d'un statut facultaire est une condition essentielle pour se voir accorder l'agrément, mentionne M. Lalande. Le CEPH a des exigences élevées. Nous nous donnons trois ans pour y arriver. Ce titre nous aidera à attirer les meilleurs professeurs et étudiants.»

Autre défi de taille: regrouper l'ensemble des professeurs de l'ESPUM qui sont répartis présentement dans six lieux. Une bonne partie d'entre eux, de même que l'Institut de recherche en santé publique de l'UdeM, ont emménagé au 7101, avenue du Parc. Mais ces locaux demeurent temporaires. D'ici 2017, tous devraient élire domicile dans un nouveau bâtiment qui sera construit à l'angle du boulevard De Maisonneuve et de la rue Berri. Le gouvernement du Québec et l'Université en ont fait l'annonce en 2011. La Direction de santé publique de l'Agence de Montréal et l'Institut national de santé publique du Québec devraient aussi s'y installer ultérieurement.

Comme on peut le constater, beaucoup reste à faire pour la nouvelle faculté. Le vice-recteur aux études est toutefois confiant. «L'UdeM offre un programme en santé publique depuis 1911. Nous avons même eu pendant un bref moment une école de santé publique de type facultaire dont le doyen était le célèbre Dr Armand Frappier. La santé publique est au cœur de l'histoire de l'Université, ce qui, à mes yeux, est garant de l'avenir. Dans 10 ans, nous aurons une école de stature mondiale.»

Marie Lambert-Chan