Les sciences sociales prennent leur place dans les échanges en Chine

«La société chinoise subit de profondes mutations et les chercheurs expriment aujourd’hui un intérêt pour le développement de leurs systèmes sociaux», souligne la professeure Tania Saba. (Image: Trey Ratcliff)«La société chinoise subit de profondes mutations; chercheurs et dirigeants d'université expriment aujourd'hui un intérêt pour le développement de leurs systèmes sociaux et donc pour les domaines de la sociologie, la démographie, le journalisme, la communication, la science politique, les relations industrielles et tout cela est très perceptible lorsque nous présentons nos programmes», souligne Tania Saba, vice-doyenne aux études supérieures et aux affaires extérieures de la Faculté des arts et des sciences de l'Université de Montréal et professeure à l'École de relations industrielles.

 

Mais pourquoi les chercheurs chinois sont-ils curieux de connaitre nos programmes, alors que les universités du  monde sont pressées d'établir des contacts avec leur pays? Pour Mme Saba, il ne fait aucun doute que l'UdeM possède des atouts de taille, à commencer par une solide réputation en sciences humaines et sociales et une ouverture à la diversité ainsi qu'aux cultures européenne et nord-américaine.

«De plus, nous avons au Québec des traits distinctifs, notre système social est bâti sur des valeurs et des composantes qui sont attrayantes. Cela sans parler du fait qu'un nombre important de programmes à l'Université offrent des cours intégrant des perspectives comparatistes et internationales. Quand on présente nos programmes, il s'agit d'être conscient de nos forces et de les faire valoir.»

Et la langue?

Tania SabaMais qu'en est-il de la barrière de la langue? Les Chinois parlent davantage anglais que français. Encore là, l'optimisme est de mise, estime Mme Saba. Accompagnée de Tonglin Lu, professeure au Département de littérature comparée, elle a prévu, durant son prochain séjour en Chine, des entretiens ciblés avec des directeurs de départements de langue française. «Nous prévoyons inciter des étudiants possédant des habiletés linguistiques en français à poursuivre leur parcours aux cycles supérieurs dans nos programmes et encourager la mobilité des professeurs chinois afin de favoriser des occasions de collaboration en enseignement et en recherche.»

Mme Saba signale qu'un nombre croissant d'étudiants québécois en sciences sociales, notamment en science politique, font des stages en Chine. Certains peuvent également suivre des sessions d'été qui sont données en anglais dans le cadre de séjours d'échange dans ce pays. L'attrait des Québécois pour la Chine se confirme, les échanges d'étudiants et de professeurs sont appelés à se multiplier. Sans parler des cotutelles pour les maitrises et doctorats qui se mettent en place entre l'UdeM et certaines universités chinoises.

Il ne faut pas non plus oublier que le Centre d'études de l'Asie de l'Est est spécialiste, entre autres pays de cette région du monde, de la Chine. Il regroupe plusieurs professeurs qui entretiennent d'étroites collaborations avec leurs vis-à-vis chinois. Également, les étudiants des programmes d'études du Centre capables de s'exprimer et de rédiger en chinois se perfectionnent dans cette langue dans des établissements partenaires en Chine. L'École de relations industrielles fournit une autre belle illustration du phénomène du développement de partenariats avec la Chine. L'ouverture aux investissements étrangers et aux échanges commerciaux a profondément modifié le paysage du marché du travail mais aussi des relations de travail. L'enseignement et la recherche en relations industrielles présentent un intérêt certain pour les étudiants chinois et les organisations de ce pays.

P.d.R.