Savoir prêter l'oreille

  • Forum
  • Le 25 mars 2013

  • Dominique Nancy

Émilie Champagne comprend bien l’isolement que peuvent vivre certains étudiants.Un étudiant à l'écoute d'un autre étudiant. Voilà l'essence du Kiosque écoute-référence (KER), un service de l'Action humanitaire et communautaire et du Centre de santé et de consultation psychologique de l'Université de Montréal dont l'objectif est la prévention de certains problèmes psychosociaux.

 

Depuis quatre ans, Émilie Champagne collabore à ce projet d'entraide et prête une oreille attentive aux propos d'étudiants vulnérables.

«Notre but est de sensibiliser la communauté étudiante de l'UdeM à différentes problématiques telles que le harcèlement, la violence, l'estime de soi, la sexualité, la dépendance, les troubles de l'humeur, l'anxiété, le suicide, etc. Cela se fait par des kiosques d'information où nous offrons une écoute ponctuelle aux étudiants qui en ont besoin», explique la jeune femme de 22 ans qui est chargée de projet pour le KER.

Étudiante au doctorat au Département de psychologie, Émilie Champagne se décrit comme une personne sociable mais de nature silencieuse. Pourtant, Forum la découvre volubile. C'est que son rôle au KER la passionne. Quelle est la source de sa motivation? «J'étudie en psychologie des relations du travail et pour moi, c'est naturel de vouloir écouter et aider autrui, dit-elle en souriant. Mais à mes débuts à l'Université, ma motivation première était de créer des liens avec d'autres étudiants, de me rapprocher de ceux qui, comme moi, venaient de l'extérieur de Montréal et étaient un peu isolés.»

Selon la future psychologue, les étudiants vivent parfois des problèmes dans lesquels ils risquent de s'enfoncer. Le stress et l'anxiété sont, au dire d'Émilie Champagne, les difficultés les plus fréquentes. Le travail des bénévoles du KER est de leur offrir une écoute active et de les diriger, au besoin, vers les ressources appropriées. «Le bénévole doit faire preuve d'humilité, car il faut accepter de ne pas régler le problème soi-même. D'ailleurs, on a ordre de ne jamais faire d'interventions. Il serait prétentieux de donner des conseils après seulement 15 minutes d'écoute», estime-t-elle.

Une écoute empathique

On l'aura compris: ne devient pas bénévole au kiosque écoute-référence qui le souhaite. Chaque bénévole doit obligatoirement suivre une formation portant sur la relation d'aide et l'animation, de même que les formations propres aux semaines thématiques auxquelles il prendra part. «Tout repose sur une capacité d'écoute empathique, une présence responsable et objective et un non-jugement, explique Émilie Champagne. Les étudiants doivent sentir qu'ils sont accueillis et respectés.»  

De toute cette expérience, elle retire un grand enrichissement, ne serait-ce que l'entraide et l'échange entre bénévoles. Avec certains, elle a noué des amitiés profondes et précieuses. Aujourd'hui, la doctorante poursuit ses études avec le sentiment gratifiant de contribuer au mieux-être de la communauté étudiante. «Il n'y a pas de plus belle récompense que celle-là», conclut-elle.

Dominique Nancy


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