Ce qui motive les étudiants à étudier...

  • Forum
  • Le 8 avril 2013

  • Dominique Nancy

Pour certains, la motivation se réduit à la carotte ou au bâton, aux récompenses et aux punitions. Mais peu importe la source, la motivation est un élément crucial de la réussite à l'université. Elle dépend aussi de plusieurs facteurs.

 

Certains sont personnels, comme les objectifs que la personne s'est fixés, la valeur que les études ont à ses yeux, sa volonté, sa persévérance. D'autres sont liés à l'environnement d'études, notamment la qualité de l'enseignement, les exigences du programme, les attentes des professeurs, les relations entre les pairs, les ressources disponibles, les politiques d'accueil et d'encadrement, etc.

Forum a interrogé quelques étudiants du campus afin de découvrir leurs motifs de réussite scolaire.

 

Renaud Goyer, 37 ans, doctorat en sociologie

«Un professeur dynamique, à l'écoute des besoins et des idées de ses étudiants est très motivant. S'il est intéressant dans sa façon de présenter la matière, notamment en faisant des liens entre la théorie et la pratique, le professeur peut transformer un cours en un moment de plaisir. L'apprentissage se fait alors beaucoup mieux. Comme je suis aussi chargé de cours, j'essaie moi-même d'appliquer ce type de pédagogie. Cela est très exigeant, mais aussi valorisant.»

 

Lilie Zhu, 23 ans, maitrise en sciences économiques

«Je n'ai pas besoin qu'on me motive. Pouvoir constater ma progression suffit à me faire avancer. Mes résultats m'apportent de la satisfaction et me donnent envie de me dépasser. Originaire de Chine, j'ai dû apprendre le français pour mieux m'affirmer. Maintenant, je suis prête à entreprendre mes études aux cycles supérieurs. Ce qui me donne le gout d'apprendre, c'est le champ d'études: j'aime tout particulièrement la macroéconomie. J'avais des amies qui étudiaient ici, à l'Université de Montréal. Elles m'ont incitée à venir les rejoindre en vantant la qualité de l'enseignement et la grande disponibilité des professeurs. Elles n'avaient pas tort.»



Selima Kebaili, 22 ans, baccalauréat en science politique

«C'est agréable d'étudier à l'UdeM. J'apprécie la qualité de l'enseignement; les professeurs sont bons et ils font des liens avec l'actualité. Je n'ai donc pas l'impression d'étudier dans une discipline dépassée. Dans le cadre de mon programme, je peux aussi faire des stages crédités. Cela me plait beaucoup. Il y a des ressources et des mesures d'accueil destinées aux étudiants étrangers comme moi. Ces services contribuent à favoriser l'intégration et la réussite scolaire.»

 

Youssef Asswad, 23 ans, baccalauréat bidisciplinaire en économie et politique

«Pour moi, c'est la pertinence de mon domaine d'études, l'autonomie dans le travail et la liberté dans le choix des cours au sein de mon programme qui ont donné l'impulsion à mon parcours universitaire. Je juge pertinente la formation que j'ai entreprise et j'apprécie l'encadrement administratif à l'égard des étudiants étrangers. J'aime aussi l'intérêt évident que les professeurs portent à leur discipline et leur façon d'enseigner, qui est étroitement liée à leurs activités de recherche.»

 

Nadim Souaid, 19 ans, baccalauréat en ingénierie électrique

«Le terreau de la démotivation scolaire, c'est la perte de confiance en soi et la perte d'intérêt. Quand on échoue, le risque est de tomber dans un cercle vicieux: moins on réussit, moins on travaille bien, car on est moins confiant et moins intéressé et plus les résultats chutent! C'est ce qui s'est produit dans mon cas. Au début de mes études, j'avais opté pour l'ingénierie mécanique, mais mon cœur n'y était pas. Mes notes étaient médiocres. J'avais une moyenne de 1,67 sur 4. Ça me ruinait le moral. J'ai changé pour l'ingénierie électrique, plus proche de mes gouts, et je suis maintenant un étudiant qui accumule des A. Ça, c'est stimulant!»

 

Oliver Tegho, 19 ans, baccalauréat en ingénierie mécanique

«Je suis très motivé par mes études. Mais ce qui m'incite à en faire plus et à pousser plus loin mes lectures, c'est un professeur qui sait être drôle et qui explique bien. L'environnement d'études est très important à mes yeux et les relations avec les pairs le sont tout autant. J'aime d'ailleurs lorsque les professeurs nous demandent de travailler en groupe, c'est stimulant. À l'inverse, bosser seul dans mon coin m'ennuie.»

 

Christian Dugas, 24 ans, première année en médecine, diplômé de l'École d'optométrie

«J'aime la recherche fondamentale et appliquée, mais j'ai aussi le désir d'aider concrètement les gens dans leur quotidien. C'est pourquoi j'ai décidé de continuer en médecine au lieu de poursuivre un doctorat en neurosciences. Et ce, même si j'avais été sélectionné comme boursier par le CRSNG [Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada]. Les méthodes d'apprentissage en recherche et en médecine sont très différentes. Il y a beaucoup plus de choses à apprendre par cœur en médecine. J'ai un peu de mal avec cette façon de faire et mes notes ont baissé, mais je vais m'adapter et m'y prendre autrement. Je sais que je peux bien réussir.»

Dominique Nancy