Jean-Willy Kunz, organiste en résidence à l'OSM

  • Forum
  • Le 8 avril 2013

  • Marie Lambert-Chan

M. Kunz a été choisi au terme d’un processus de sélection dont la dernière épreuve s’est déroulée à l’église Saint-Jean-Baptiste (sur notre photo) et à la Maison symphonique de Montréal.En novembre prochain, Jean-Willy Kunz deviendra le premier organiste en résidence à l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM). Il aura alors 33 ans. Cette nomination constitue le couronnement de la jeune carrière de ce chargé de cours de la Faculté de musique de l'Université de Montréal. «Pour moi, c'est le poste ultime», affirme-t-il avec enthousiasme.

 

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En novembre prochain, Jean-Willy Kunz deviendra le premier organiste en résidence à l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM). Il aura alors 33 ans. Cette nomination constitue le couronnement de la jeune carrière de ce chargé de cours de la Faculté de musique de l'Université de Montréal. «Pour moi, c'est le poste ultime», affirme-t-il avec enthousiasme.

M. Kunz a été choisi au terme d'un processus de sélection dont la dernière épreuve s'est déroulée le 17 mars à l'église Saint-Jean-Baptiste et à la Maison symphonique de Montréal devant plus de 500 personnes et un jury prestigieux composé notamment du directeur musical de l'OSM, Kent Nagano, et de l'organiste titulaire du grand orgue de Notre-Dame de Paris, Olivier Latry – qui a aussi été nommé organiste émérite de l'orgue de l'OSM.

Pendant deux ans, Jean-Willy Kunz aura pour mandat de jouer avec l'OSM, en plus d'organiser les concerts et les récitals d'orgue. Il fera aussi la promotion du grand orgue Pierre-Béique, dont l'installation est en cours à la Maison symphonique. «Trop longtemps, l'orgue est resté enfermé dans les églises. Maestro Nagano souhaite que l'orgue Pierre-Béique sorte de son rôle traditionnel d'instrument religieux», note celui qui a déjà plusieurs idées pour démythifier l'instrument et moderniser son image.

«Il y aura bien sûr un travail d'éducation à faire auprès des jeunes du primaire et du secondaire à l'aide d'ateliers d'animation. Mais je voudrais aussi initier les spectateurs à des œuvres contemporaines qui ont été écrites expressément pour l'orgue et qui n'ont rien à voir avec la musique sacrée. J'aimerais mélanger les arts et les médias en intégrant de la danse ou des installations interactives à des récitals d'orgue par exemple. Ce genre d'initiative est nécessaire pour élargir et rajeunir notre public.»

M. Kunz a été choisi au terme d’un processus de sélection dont la dernière épreuve s’est déroulée à l’église Saint-Jean-Baptiste (sur notre photo) et à la Maison symphonique de Montréal.Ce poste est l'occasion idéale pour Jean-Willy Kunz de mettre à profit son bagage musical éclectique. Ce musicien accompli a également une formation en piano, piano jazz et clavecin. Au cours des dernières années, il a su à la fois se distinguer dans des concours internationaux d'orgue et faire une incursion dans la musique populaire en contribuant aux albums Punkt, de Pierre Lapointe, et eV, de VioleTT Pi. Il donne des concerts avec la Société de musique contemporaine du Québec et l'Ensemble Caprice, qui se consacre à la musique baroque.

Les nouvelles fonctions de Jean-Willy Kunz ne l'empêcheront pas de poursuivre ses autres activités professionnelles, à commencer par ses charges de cours. Depuis deux ans, il enseigne l'analyse et l'harmonie avancée à la Faculté de musique. «C'est très enrichissant sur le plan humain d'être en contact avec les étudiants. Je ne pourrais pas m'en passer», confie l'organiste natif de Grenoble et établi à Montréal depuis 2004.

Techniciens et musiciens devront s’assurer de la qualité sonore des 6489 tuyaux de l’orgue de l’OSM.

Donner une voix au grand orgue

Avant toute chose, Jean-Willy Kunz participera à l'harmonisation de l'orgue de l'OSM qui, pour l'instant, est muet comme une carpe! Cette opération consiste à fabriquer le son de l'instrument. Elle se fera en collaboration avec les techniciens de la maison Casavant Frères – entreprise québécoise célébrée de par le monde pour la qualité de ses orgues – et l'organiste Olivier Latry. «C'est un travail titanesque qui durera six mois, mentionne M. Kunz. Nous devons nous assurer que chacun des 6489 tuyaux atteindra son plein potentiel sonore. Le plus haut d'entre eux mesure près de 10 mètres et le plus petit environ un centimètre.»

L'organiste en résidence est emballé à l'idée de découvrir la voix de son instrument, qui épate déjà par sa complexité technologique. Possédant 109 registres, 83 jeux et 116 rangs, ce grand orgue à vocation symphonique est muni de deux consoles, une caractéristique originale mais aussi pratique. La première est intégrée dans la façade de l'instrument alors que la seconde est mobile. «Nous pourrons la déplacer sur scène lors des concerts de musique de chambre ou avec orchestre. C'est important que l'organiste soit au milieu de l'orchestre et non isolé, comme c'est trop souvent le cas.»

Les premières notes du grand orgue Pierre-Béique s'envoleront le 28 mai 2014, à son inauguration.

Marie Lambert-Chan