Collaboration Université-industrie contre le cancer

Les Canadiens et les patients à travers le monde, frappés par le diagnostic d'une des formes les plus mortelles de la leucémie, pourraient, bientôt, récolter les fruits d'une collaboration à multiples facettes de la grappe biopharmaceutique de Montréal, visant à leur donner un nouvel espoir de guérison dans leur lutte contre le cancer de sang.

 

Pharmascience Inc. et l'Université de Montréal ont annoncé aujourd'hui la signature d'un accord qui formalise et peaufine une collaboration qui démontre la valeur ajoutée et l'importance des partenariats entre la recherche universitaire, les institutions de santé publique, les groupes de patients et l'industrie pharmaceutique dans le but de fournir un nouvel espoir aux patients. Cette entente a été coordonnée par l'Institut de recherche en immunologie et cancérologie (IRIC) et son unité de commercialisation de la recherche (IRICoR).

Le résultat de cette collaboration pourrait être un nouvel usage d'un vieux médicament, accompagné d'un  espoir nouveau pour les personnes atteintes de certains types de leucémie myéloïde aiguë (LMA), une sorte de cancer du sang qui, aujourd'hui, présente peu de possibilités de traitement et dont le taux de survie à cinq ans est de seulement 10%. C'est un exemple qui démontre, très clairement, les avantages d'une grappe biopharmaceutique à multiples facettes, à l'instar de celle établit dans le Grand Montréal, qui peut réunir plusieurs instances afin de rendre une mission si complexe possible.

Tout commence avec Dre Katherine Borden, une chercheure scientifique originaire de Montréal, qui, après 20 ans d'études et de travaux de recherche aux États-Unis et au Royaume-Uni, fut séduite par le milieu de recherche de Montréal. Elle revient donc s'y établir, en 2004, pour s'occuper la Chaire de recherche du Canada en biologie moléculaire du noyau cellulaire. Elle est également professeure titulaire au Département de pathologie et de biologie cellulaire, à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal, de même que la chercheuse principale à l'Unité de recherche en structure et fonction du noyau cellulaire de l'Institut de recherche en immunologie et cancérologie (IRIC) de l'UdeM.

Une question essentielle sur la biologie du cancer

Dre Borden et son équipe tentent de percer le mystère d'une question essentielle sur la biologie du cancer : comment les cellules normales se transforment-elles en cellules cancéreuses, notamment dans le cas de la leucémie ? Leurs travaux de recherche se concentrent sur une protéine spécifique, l'eIF4E, et sur comment les anomalies qui atteignent ses fonctions peuvent générer des cellules cancéreuses, dont la leucémie. Le fait de mieux comprendre ce processus les a menés à croire qu'un ancien antiviral à large spectre, la ribavirine, pourrait être utile pour traiter l'eIF4E et aurait des résultats bénéfiques pour la rémission de certains patients atteints de la LMA.

Afin de bien étudier cette théorie, Dre Borden a sollicité l'assistance de la Leukemia and Lymphoma Society aux États-Unis, un groupe de soutien aux patients dédié à combattre les cancers de sang. Leur contribution a permis une petite étude clinique initiale avec les docteurs Wilson Miller et Sarit Assouline, à l'Hôpital général juif de Montréal, à l'aide de médicaments achetés aux États-Unis, dont l'approvisionnement était à la fois couteux et incertain. L'étude, publiée en 2009, a démontré un espoir dans l'usage de la ribavirine pour traiter la LMA. Sur un total de 11 patients sévèrement atteints de la maladie, que d'autres traitements n'avaient pas réussi à guérir, la santé de 9 d'entre eux s'est améliorée en l'espace de quelques mois, sans effets secondaires débilitants ou dangereux. Certains patients étaient, même, en rémission, ce qui n'avait jamais eu lieu auparavant. Alors que d'autres ont connu une chute spectaculaire du nombre de leurs cellules leucémiques.

Le rôle primordial de Pharmascience

Pharmascience Inc. figure aujourd'hui parmi les dix plus grandes compagnies pharmaceutiques canadiennes et sa division du médicament générique est la troisième en importance au Canada. La société a été cofondée en 1983 par Morris Goodman, un pharmacien formé à l'Université de Montréal, qui s'est familiarisé avec la ribavirine en 1971 lorsqu'il a vendu son entreprise pharmaceutique à la compagnie qui développait ce médicament. Quand il a rencontré la Dre Borden et a pris connaissance de son travail, lors d'un événement qui a eu lieu à l'Université de Montréal pour rendre hommage à son collègue d'études, Jean Coutu, ainsi qu'à son épouse, Marcelle, pour un don fait à l'IRIC, il a proposé de démarrer une chaine de production, à l'usine de Pharmascience de Montréal, pour fournir gratuitement la ribavirine à ses études. Cet approvisionnement a non seulement permis de mettre en place une deuxième étude utilisant la ribavirine en combinaison avec une autre thérapie, mais également, la croissance de la collaboration qui a débouché sur l'accord formel qui vient d'être signé.

Pharmascience Inc. a, par ailleurs, soutenu Dre Borden et son équipe en leur fournissant l'aide de trois chimistes analytiques de l'équipe de recherche de sa division Aegera Therapeutics. Un des grands problèmes auquel font face les patients atteints de la LMA traités à la ribavirine est que certains d'entre eux développent, au fil du temps, une résistance au médicament. Les travaux de recherche, menés par les spécialistes d'Aegera, démontrent que la ribavirine subit des changements, d'une manière particulière, chez ces patients, ce qui la rend inefficace. Cette découverte a permis à l'équipe du Dre Borden de trouver le moyen de contourner ce problème en faisant recours à un autre médicament, afin de ralentir ou enrayer, comme ils le souhaitent, ce processus de résistance.

À la lumière de cette perspective, un nouvel essai clinique aura lieu, bientôt, utilisant une nouvelle production de la ribavirine, fabriquée et fournie gratuitement par Pharmascience Inc. Toutefois, une nouvelle étude, prévue pour l'année prochaine, examinera la ribavirine, en combinaison avec un autre médicament, en tant que premier traitement chez des personnes nouvellement diagnostiquées atteintes de la LMA.

La Leukemia and Lymphoma Society aux États-Unis continue d'être un partenaire vital en finançant la gestion des essais, alors qu'une autre institution de santé montréalaise d'envergure, l'Hôpital général juif, continue de jouer un rôle primordial dans la recherche en tant que site d'études canadien principal. Ce qui n'exclut pas la possibilité que des sites de recherche américains puissent, eux aussi, joindre les nouvelles études.

L'IRICoR et son rôle pionnier

L'Institut de recherche en immunologie et cancérologie (IRIC) de l'Université de Montréal (UdeM) et son unité de commercialisation de la recherche (IRICoR) ont été fondés afin d'aider les chercheurs universitaires dans la tâche ardue de commercialiser leurs découvertes en immunologie et en cancérologie. C'est dans ce cadre qu'il a joué un rôle de premier plan dans la signature de l'accord de partenariat entre l'Université de Montréal et Pharmascience Inc., qui relance le processus de recherche sur la ribavirine. Le nouvel accord définit un cadre de travail sur le moyen de commercialiser le produit, par Pharmascience Inc., pour un usage potentiel dans le traitement de la LMA, ainsi que d'autres cancers, puisque le pourcentage de l'eIF4E est élevé dans 30% des personnes atteintes d'un cancer. Ce qui aura un impact positif à la fois pour la compagnie et l'université. Pharmascience Inc. soutient, sur un autre plan, le projet en fournissant l'expertise en propriété intellectuelle, afin d'assurer la protection appropriée aux découvertes. Des formulaires, pour deux brevets, ont été déposés à cette intention.

« L'IRICoR et l'Université de Montréal sont heureux de cette formidable collaboration qu'ils entretiennent avec Pharmascience et la considèrent comme prélude à d'autres collaborations futures, déclare Michel Bouvier, chef de la direction de l'IRICoR. Ce projet démontre les avantages communs d'avoir, à Montréal, tous les acteurs nécessaires à la mise en place de telles collaborations qui sont, aujourd'hui, indispensables, afin de mettre les avantages des nouvelles découvertes à la disposition des patients, » a-t-il précisé.

« Cette collaboration est un témoignage tangible des valeurs que Pharmascience a instaurées dans son milieu de travail depuis sa fondation, il y a 30 ans, confirme David Goodman, chef de la direction de Pharmascience Inc. Elle démontre notre engagement à innover, à aider les patients, à relancer la recherche, surtout sur le cancer, et à collaborer avec les institutions locales qui servent si bien notre communauté, » détaille-t-il.

De son côté, Dre Borden est tout aussi enthousiaste au sujet du partenariat. Elle déclare : « Chaque acteur est essentiel pour nous, car il nous permet de transformer notre travail à partir de simples idées en avantages réels pour les patients. Nous sommes extrêmement reconnaissants de l'opportunité qui vient de se concrétiser grâce aux contributions non seulement variées, mais vitales de toutes les personnes impliquées, » confie-t-elle.

 

 

Contacts

     

  • Silvie Letendre
    Directrice des communications et des affaires corporatives
    Pharmascience Inc.
    514 979-7577
    sletendre@pharmascience.com
  •  

     

  • Steven J. Klein, Ph.D., MBA
    Directeur du développement des affaires
    IRICoR
    514 343-6647
    steven.klein@iricor.ca
  •