Un nouveau mécanisme pour prévenir le diabète de type 2 chez les personnes obèses

Nathalie St-Pierre, Catherine Leroux, Simon Bissonnette, Annie Tardif, Dany Gauthier, Robert Dufour, May Faraj, Valérie Lamantia, Hanny Wassef. © IRCMUne nouvelle étude menée par la Dre May Faraj, professeure sous octroi agrégée à l'Université de Montréal et chercheuse invitée à l'IRCM, avec son équipe de recherche et des médecins collaborateurs, démontre que le nombre de particules qui transportent du mauvais cholestérol dans le sang est un facteur important dans le développement du diabète de type 2 chez les personnes obèses. Les résultats sont publiés dans le numéro de mai de la revue Journal of Lipid Research. Cette percée scientifique pourrait aider à prévenir le diabète en ciblant des traitements pour les personnes à haut risque.

 

Les recherches de la Dre Faraj visent à explorer de nouveaux mécanismes qui pourraient favoriser le développement du diabète de type 2 ainsi que diverses interventions alimentaires qui pourraient aider à la prévention du diabète dans la population canadienne. Pour ce projet, son équipe a étudié la fonction du tissu adipeux (masse grasse), tissu spécialisé dans l'entreposage des excès d'énergie provenant de l'alimentation. Chez l'humain, le tissu adipeux est principalement situé sous la peau, mais peut aussi se retrouver autour des organes internes.

« Après un repas, les graisses alimentaires sont transportées vers plusieurs endroits dans le corps, dont le tissu adipeux. Toutefois, si le tissu adipeux ne fonctionne pas correctement, les masses grasses s'accumulent plutôt dans les tissus non-adipeux comme le foie, les muscles et le pancréas, ce qui réduit la capacité du corps à utiliser le sucre alimentaire. Une croyance couramment répandue suggère qu'il est préférable de bloquer la fonction du tissu adipeux afin de réduire l'obésité, mais, en fait, un tissu adipeux qui fonctionne mal pourrait augmenter le risque de diabète de type 2 et d'autres maladies cardiovasculaires » a dit la Dre Faraj.

Une accumulation de gras dans le foie augmente la production de lipoprotéines de basse densité (LDL), les particules communément appelées « mauvais cholestérol ». Bien que le corps humain ait besoin d'une certaine quantité de LDL pour assurer la croissance et la réparation des cellules, un taux trop élevé peut causer l'accumulation de plaque à l'intérieur des artères, ce qui peut éventuellement entraîner le rétrécissement des artères et une augmentation du risque de crise cardiaque ou d'AVC. Il a aussi été établi qu'un nombre élevé de particules de LDL est un facteur de risque pour le développement des maladies cardiovasculaires.

« Nous avons étudié la relation entre le nombre de particules de LDL et la fonction du tissu adipeux chez les femmes post-ménopausées obèses ou en surpoids. Ces femmes étaient toutes considérées comme étant en santé puisqu'elles étaient non-fumeuses, ne prenaient pas de médicaments et n'avaient pas de maladies chroniques telles le diabète ou une maladie cardiovasculaire. Nous avons découvert qu'un nombre élevé de particules de LDL est non seulement une conséquence d'un tissu adipeux dysfonctionnel, mais qu'il joue également un rôle actif dans la perte de fonction du tissu adipeux » ont expliqué Simon Bissonnette et Huda Salem, étudiants diplômés dans l'équipe de la Dre Faraj et premiers auteurs de l'étude.

« Les résultats de notre étude suggèrent que réduire le nombre de particules de LDL pourrait améliorer la fonction du tissu adipeux et ainsi réduire le risque de développer le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires chez les personnes obèses. Cette découverte pourrait nous aider à identifier les personnes à plus haut risque de développer ces deux maladies et à les cibler pour des traitements pharmaceutiques ou alimentaires afin de prévenir l'apparition de tels troubles cardiométaboliques » a ajouté la Dre Faraj.

« Les Instituts de recherche en santé du Canada sont fiers d'appuyer la Dre May Faraj alors qu'elle mène son équipe à faire des découvertes qui auront un impact positif sur la santé des Canadiens. Munir les Canadiens d'information sur les risques et la prévention du diabète de type 2 est la clé de la réduction du taux de cette maladie que l'on peut prévenir » a dit le Dr Phil Sherman, directeur scientifique de l'Institut de la nutrition, du métabolisme et du diabète des IRSC.

Source : IRCM