300 arbres sont plantés dans le boisé

  • Forum
  • Le 20 mai 2013

  • Mathieu-Robert Sauvé

L’Université a associé les enfants de plusieurs écoles aux plantations d’arbres qu’elle a organisées du 13 au 16 mai sur le campus. Sur notre photo, les élèves de l’école La Mennais ont mis moins de deux heures pour planter 60 arbres. Environ 300 érables à sucre, tilleuls d'Amérique, chênes rouges, ostryers de Virginie, cerisiers tardifs et autant d'essences d'arbustes ont été plantés dans le boisé de l'Université de Montréal, situé le long du boulevard Édouard-Montpetit, du 13 au 16 mai par des enfants des écoles du quartier.

 

«Ce sont eux et leurs enfants qui verront ici une véritable forêt», a dit le recteur, Guy Breton, venu assister à la plantation du 15 mai.

Les jeunes prenaient leur travail au sérieux, creusant avec énergie dans un terreau jonché de pierres et de racines coriaces. Le recteur lui-même, accompagné de la directrice générale des Amis de la montagne, Sylvie Guilbault, de Pierre Bélec de la Société de verdissement du Montréal métropolitain (SOVERDI) et de la vice-rectrice aux affaires étudiantes et au développement durable, Louise Béliveau, a mis les mains à la pâte en enfonçant dans le sol les racines d'un érable à sucre de deux mètres de hauteur.

«Nous voulons contribuer à l'augmentation de la canopée de Montréal comme nous l'avons évoqué en 2010 à titre de partenaire du Plan de développement durable de la communauté montréalaise», a résumé Stéphane Béranger, coordonnateur au développement durable à l'Université. Cela se traduit par l'application d'une série de mesures incluant la collaboration avec des intervenants œuvrant dans la mise en valeur de la biodiversité, et la plantation d'arbres. Pour cette plantation, on fait le pari que l'accroissement de la densité forestière stimulera la croissance de microorganismes, d'insectes et d'oiseaux, en plus de contenir les sentiers qui ont tendance à s'élargir.

Mme Guilbault, le recteur et M. Belec ont travaillé de concert à la concrétisation de la plantation.Rien n'a été laissé au hasard dans cette opération qui s'est organisée en un temps record. Le responsable du dossier, Alexandre Beaudoin, conseiller à la biodiversité à l'UdeM, a obtenu les permis nécessaires auprès de la Ville et du ministère québécois de la Culture et des Communications (qui veille au respect des normes patrimoniales) afin de permettre la plantation printanière. Un plan de plantation a été déposé et approuvé par les autorités compétentes. Chaque mètre carré a été associé à une essence végétale – arbre ou arbuste – afin de reproduire le mieux possible la végétation naturelle de la région.

On a dû s'assurer que les plantations ne mettaient pas en péril de possibles vestiges archéologiques, ce qu'un expert a exclu. «Le choix des espèces s'est fait dans un souci de consolider l'érablière existante ainsi que les espèces compagnes que l'on retrouve habituellement dans une érablière, peut-on lire dans la demande de permis, signée par Alexandre Beaudoin. Certaines espèces, telles les viornes, ont été choisies parce qu'elles nourrissent une plus grande population d'oiseaux grâce aux fruits qui y poussent à des périodes creuses.»

Le tout n'a rien couté, si l'on excepte les salaires des employés et les frais liés à l'obtention des permis. Quant au prix des arbres, il a été acquitté par les partenaires, car il s'agissait de pousses destinées au reboisement.

«Nous sommes très heureux de cette initiative concrète visant à favoriser la biodiversité sur le campus. Cela contribue à notre mieux-être collectif et à celui des générations à venir», a commenté Louise Béliveau.

De la graine à la forêt

Engagé dans divers projets de végétalisation du territoire montréalais, la SOVERDI a supervisé les opérations consistant à récolter des graines sur le mont Royal et à les faire germer en serre, le tout par les écoliers de la Commission scolaire de Montréal. Les arbrisseaux ont poursuivi leur croissance dans une pépinière, avant d'être transportés vers leur destination finale. «La plupart des tiges ont de trois à cinq ans, mais on a quelques arbres qui sont âgés de huit ans», a signalé Claude Drolet, botaniste responsable de la plantation aux Amis de la montagne. Chaque année, on met en terre de 2000 à 3000 arbres autour des trois sommets du mont et ceux plantés en 2008 sur les terres de l'Université de Montréal affichent une excellente santé, avec plus de 80 % de survie.

«De plus en plus, les Montréalais considèrent l'Université de Montréal comme une partie intégrante du mont Royal. Cela nous réjouit, car les établissements d'enseignement sont des partenaires essentiels», a mentionné Sylvie Guilbault, qui s'est dite ravie de voir le recteur et la vice-rectrice présents à la rencontre en plein air.

Autour du petit groupe de dignitaires circulaient les enfants de l'école La Mennais, qui ont planté leurs 60 arbres en deux heures. D'autres écoles étaient accueillies durant la semaine: Saint-Germain-d'Outremont, Notre-Dame-des-Neiges, au Pied-de-la-Montagne, de l'Arc-en-Ciel, du Petit-Chapiteau et Évangéline.

«La montagne est un lieu d'une très grande richesse écologique en plein centre de la ville», a indiqué Pierre Belec, directeur de projet à la SOVERDI. Il faut entretenir ce patrimoine environnemental en plantant des arbres, mais aussi en limitant la progression d'espèces nuisibles comme le nerprun. Des opérations d'éradication ont été mises sur pied, mais la bataille n'est pas gagnée contre cet arbuste très prolifique.

Mathieu-Robert Sauvé