Une «méta» exposition

  • Forum
  • Le 20 mai 2013

  • Marie Lambert-Chan

Les finissants de la Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal ont exposé leurs créations les 17 et 18 mai derniers. Baptisée Meta, l'exposition annuelle réunissait les disciplines de l'architecture, l'architecture de paysage, le design industriel, le design d'intérieur, le design de jeux et l'urbanisme.

 

Les finissants de la Faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal ont exposé leurs créations les 17 et 18 mai derniers. Baptisée Meta, l'exposition annuelle réunissait les disciplines de l'architecture, l'architecture de paysage, le design industriel, le design d'intérieur, le design de jeux et l'urbanisme. «Le terme “méta-” exprime ce qui dépasse, ce qui englobe. Il signifie aussi le changement, la participation, ce qui caractérise parfaitement cette exposition. Mais les finissants ont aussi choisi de lui donner le sens d'une approche unificatrice. “Méta-” exprime ici des disciplines liées entre elles par la même volonté de rendre le monde meilleur, d'abord en le rêvant», a expliqué Paul Lewis, vice-doyen à la recherche à la Faculté de l'aménagement, alors qu'il parcourait l'exposition.

Impressionné, il a loué la qualité du travail des étudiants. «Cette exposition confirme leur capacité à résoudre les problématiques complexes auxquelles nous sommes confrontés. Les étudiants ont parfaitement réussi à s'inscrire dans les débats actuels, notamment les enjeux environnementaux et sociaux. Les travaux témoignent d'une grande capacité d'innovation. Nous espérons que cette exposition aura convaincu nos visiteurs que nos sociétés sont entre bonnes mains avec cette nouvelle génération d'architectes, d'architectes paysagistes, de designeurs et d'urbanistes.»

Marie Lambert-Chan

 

Urbanisme

Projet: Stratégie de revitalisation d'un noyau villageois en contexte récréotouristique : le cas de Saint-Donat-de-Montcalm
Auteur: Marc-André Gagnon

Lieu de villégiature, la municipalité de Saint-Donat-de-Montcalm a vu son artère principale dépérir à la suite d'un développement effréné, accentué par l'absence de planification du territoire, qui a entrainé la délocalisation des activités courantes. «C'est une problématique récurrente dans les petites villes et les villages du Québec», commente Paul Lewis, qui est aussi professeur d'urbanisme. Selon lui, le défi est d'attirer les gens au centre-ville. «Il faut créer une ambiance dans cet espace pour en faire un endroit agréable à fréquenter, un lieu où l'on ne va pas seulement magasiner. Pour y arriver, on revoit l'affichage, on autorise les terrasses devant les restaurants, on élargit les trottoirs ou l'on ajoute du mobilier urbain.»

 

Design d'intérieur

Projet : La cabane, restaurant mobile
Auteure : Sarah Simard Drapeau

L'étudiante a conçu un dispositif de restauration mobile appelé La cabane. «J'ai tenté de comprendre comment les gens s'approprient un espace qui ne leur appartient pas, comment ils habitent l'environnement extérieur et la ville. L'idée était aussi de faire connaitre la gastronomie montréalaise à prix modique au plus grand nombre», explique la jeune designeuse qui a imaginé ce projet avant même que la cuisine de rue devienne un sujet d'actualité à Montréal. Sa «cabane» s'adapte à tout type de nourriture ou de restaurant. Elle respecte aussi les principes de développement durable. «J'ai choisi des matériaux recyclés et recyclables. Le dispositif est entièrement autonome en eau et en électricité et répond aux besoins relatifs à l'hygiène, la salubrité et la gestion des déchets», signale-t-elle.

 

Architecture de paysage

Projet: Territoire improbable: requalification d'un site postindustriel à Sherbrooke
Auteures : Fanny B. Perras, Valériane Noël et Sandrine Perreault

Les conceptrices ont requalifié et réinterprété l'ancien cœur industriel de Sherbrooke. «Ce secteur est peu utilisé, voire abandonné, et pourtant il est au centre de la ville, remarque Valériane Noël. On y trouve à la fois des vestiges industriels et une biodiversité très riche. C'est pourquoi ce “territoire improbable” appelle un aménagement non conventionnel.» Les étudiantes y ont créé des parcours non planifiés pour provoquer des expériences paysagères. Par exemple, dans un ancien bâtiment de la Dominion Textile, elles ont conçu un «jardin de ruines», où les traces du passé sont présentes tout en étant reconquises par la végétation.

 

Architecture

Projet : Le centre d'art urbain
Auteure : Geneviève Riopel

Le centre d'art urbain de Geneviève Riopel est tout sauf une galerie traditionnelle. Provocateur et avant-gardiste, ce projet met en valeur l'art urbain, tel que le graffiti, qui est ici considéré comme une pratique artistique légitime. À travers ce lieu, elle offre une reconnaissance aux créateurs du street art, en plus de créer des liens avec les résidants de Montréal. Le centre s'insère dans les mouvements de la ville: il est situé aux abords de l'autoroute Ville-Marie, dans le quartier Saint-Henri. «Le fonctionnement du projet et le parcours muséal sont issus de l'étude sur la contemplation d'œuvres monumentales: comment les regarder, les travailler, comment se déplacer, tout en liant ce principe à la culture du graffiti, soit les notions de danger et de prouesse», déclare l'auteure.

 

Design de jeux

Projet: Panique
Auteurs: Carl Beaumier, Pierre-Luc Jutras-Gouin, Benjamin Mayo-Martin, Dominique Morin et Anne-Li Porlier

La majorité du temps, les jeux vidéos misent sur la compétition. Panique propose plutôt de jouer en coopération. «On fait appel aux forces de chacun pour réussir à battre le jeu. Les quatre joueurs doivent donc communiquer de manière efficace. C'est un jeu enlevant et déjanté qui exige beaucoup de rapidité ainsi qu'une bonne coordination, car il n'y a pas de capitaine. C'est parfait pour les partys!» mentionne Benjamin Mayo-Martin. Inspiré des jeux The Hitchhiker's Guide to the Galaxy, Faster than Light et Monaco, Panique propose aux joueurs de défendre un vaisseau spatial et les trésors qu'il contient contre les attaques de méchants contrebandiers.

 

Design industriel

Projet : 23K
Auteur : Yannick Golay

«J'ai déménagé plusieurs fois dans ma vie et je me suis rendu compte que j'étais incapable de conserver mon mobilier d'une fois à l'autre. Les meubles ne rentraient pas dans mon nouveau logement ou se brisaient pendant le transport», raconte Yannick Golay. En partant de cette prémisse, le jeune designeur a imaginé les produits 23K, qui se veulent l'antithèse du mobilier prêt-à-jeter. Ils sont faits de matériaux haut de gamme et durables comme l'érable et l'aluminium. De façon ingénieuse, des cellules cartonnées recyclées ont été insérées à l'intérieur des surfaces de bois pour leur donner de l'épaisseur. Légers et faciles à assembler, ces meubles sont entièrement démontables, ce qui facilite leur rénovation ou leur récupération.