472 nouveaux docteurs obtiennent leur grade

  • Forum
  • Le 3 juin 2013

  • Mathieu-Robert Sauvé

Luc Plamondon en compagnie de Guy Breton et de la chancelière Louise Roy.Le curé du village de Saint-Raymond-de-Portneuf voulait en faire un prêtre. Luc Plamondon a plutôt écrit des chansons qui sont interprétées partout sur la planète. Il était le 31 mai dernier sur une scène universitaire, celle de l'UdeM, pour recevoir un doctorat honoris causa des mains du recteur, Guy Breton.

 

«Ce n'est pas à moi d'évaluer mon mérite, mais je trouve ça formidable de recevoir un tel honneur. Mon père, illettré, serait fier de moi, car c'est l'éducation qu'il a voulu nous donner comme héritage, à mon frère et moi», a-t-il dit durant un entretien avec Forum de son appartement parisien à quelques jours de la remise du parchemin. À cette même cérémonie étaient saluées 472 personnes parvenues, elles aussi, à un accomplissement extraordinaire: l'obtention d'un doctorat ou Philosophiæ Doctor (Ph. D.). Elles n'étaient pas toutes présentes, mais leur émotion était portée par les mots de Louis-Paul Willis, auteur d'une thèse sur l'hypersexualisation des jeunes filles au cinéma et déposée au Département d'histoire de l'art et d'études cinématographiques en décembre dernier. «Mener à bien un doctorat, c'est apporter un élément supplémentaire au savoir de l'humanité», a-t-il commenté.

Si sa relation avec Olivier Asselin, son directeur de thèse, n'a jamais cessé de s'enrichir au cours de l'odyssée intellectuelle, il n'en va pas ainsi pour tous les thésards. «Beaucoup de gens abandonnent au fil du troisième cycle et c'est malheureux. Si j'ai un message à lancer à ceux qui sont tentés de partir en cours de route, c'est celui-ci: persévérez, ça vaut la peine», a-t-il indiqué de son bureau de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT).

L'obtention du grade a eu un effet décisif sur l'évolution de sa carrière, car elle lui a permis d'accéder à un poste de professeur au Département de création et des nouveaux médias à l'UQAT, après avoir été chargé de cours pendant quatre ans. Figurant sur la liste d'honneur du doyen de la Faculté des études supérieures et postdoctorales, sa thèse a même été retenue pour représenter l'Université de Montréal au concours national de la meilleure thèse dans la catégorie Sciences humaines. Une bourse de 1500 $ est promise au gagnant.

Professeurs émérites

La Collation des doctorats de 3e cycle est l'occasion de conférer le statut de professeur émérite à des enseignants de carrière qui se retirent. Pour mériter le titre, ils doivent s'être illustrés par leur enseignement, leurs recherches et leur participation au développement de l'Université de Montréal. L'anthropologue Gilles Bibeau, la neuropsychologue Maryse Lassonde, le géographe André G. Roy, le criminologue Jean Trépanier, le psychiatre Michel Lemay, le sociologue Manuel Crespo et l'optométriste Pierre Simonet se voient élevés à ce rang cette année.

Outre Luc Plamondon, l'entomologiste Alain Dejean et le professeur de marketing Arch G. Woodside ont reçu des doctorats honoris causa. Originaire de Toulouse, le professeur Dejean s'est fait connaitre par ses travaux sur les fourmis. Professeur à l'Université Paul-Sabatier Toulouse III, il a collaboré à plus de 300 publications scientifiques et participé à une dizaine de films documentaires sur le monde animalier. Quant au professeur Woodside, on le décrit comme une «légende dans le domaine du marketing». Il a enseigné pendant 30 ans à l'Université de la Caroline du Sud, à Columbia, puis à l'Université Tulane, à La Nouvelle-Orléans. Il est aujourd'hui professeur à la Carroll School of Management du Boston College. D'autres personnalités ayant marqué leur champ d'activité (Bernard Derome, Pierre L. Gauthier, Christian Guilleminault et Monique F. Leroux) se sont également vu accorder ce grade en cette fin d'année universitaire.

C'est M. Plamondon qui a parlé au nom des docteurs honorifiques. Sa présence à l'Université de Montréal lui a rappelé des souvenirs de jeunesse, alors qu'il habitait un demi sous-sol sur l'avenue Decelles, entre 1963 et 1965. «J'étudiais en littérature et je découvrais la ville de Montréal, a relaté ce bachelier de l'Université Laval, aussi docteur honoris causa de cet établissement. C'était une période très excitante de ma vie, mais assez courte finalement. Je suis ensuite parti au Mexique puis en France, en Espagne, en Allemagne...»

Première en recherche au Québec

Avec ses 600 programmes de formation, l'UdeM occupe le premier rang au Québec pour le volume des activités de recherche. Son budget dépasse le demi-milliard de dollars annuellement, a rappelé M. Breton. Mais ce sont ses 350 000 diplômés qui assurent son rayonnement international. «C'est la véritable grandeur de l'Université de Montréal, cette contribution au progrès qui s'incarne à travers ses milliers de diplômés, a-t-il mentionné. Des hommes et des femmes qui essaiment dans les entreprises et les lieux de découverte et de création pour repousser les limites du possible et nourrir le perpétuel idéal d'un monde meilleur.»

La directrice générale du Bureau du développement et des relations avec les diplômés, Chantal Thomas, invite les nouveaux docteurs à demeurer en contact avec leur alma mater en consultant le Bulletin des diplômés de l'Université et la revue Les diplômés. «Avec courage et détermination, vous avez réussi à mener à terme ce projet de vie. Chacun dans vos domaines respectifs, vous avez excellé et poussé plus loin les frontières de la connaissance. À tous et à toutes, bravo!»

Mathieu-Robert Sauvé

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