Campus Montréal sur sa lancée

  • Forum
  • Le 3 juin 2013

  • Mathieu-Robert Sauvé

John ParisellaTrois dons majeurs de 10 M$ chacun de la Fondation familiale Trottier, de la Fondation J.-Louis Lévesque et de la Banque Nationale ont été annoncés depuis le lancement de Campus Montréal, la campagne de financement commune de HEC Montréal, Polytechnique Montréal et l'Université de Montréal, le 29 novembre dernier.

 

À ces dons exceptionnels totalisant 30 M$ s'ajoutent ceux de plus de 5 M$ de la Fondation Myélome Canada, de la Dre Suzanne Véronneau-Troutman et d'autres donateurs dont plusieurs PME, qui permettent à Campus Montréal de soutenir des projets prioritaires dans trois créneaux d'excellence: l'entrepreneuriat, l'énergie et le développement durable, ainsi que la santé et la médecine personnalisée.

«Je considère que les choses vont bien», affirme le directeur exécutif de Campus Montréal, John Parisella, au cours d'un entretien avec Forum dans les bureaux de la campagne, Place-Ville-Marie, à Montréal. La réceptivité de la communauté d'affaires et l'enthousiasme des donateurs est une excellente nouvelle pour cette campagne présentée comme la plus ambitieuse de l'histoire des universités francophones. «C'est impressionnant de voir la force de la synergie entre HEC Montréal, Polytechnique Montréal et l'Université de Montréal; c'est à cette énergie que carburent les coprésidents et les membres du cabinet de la campagne, précise M. Parisella. Par ailleurs, les donateurs veulent destiner leur aide aux bourses d'excellence et à la recherche, qui sont nos axes principaux.»

Fait intéressant, plusieurs dons sont alloués à des projets mobilisant des équipes formées de spécialistes issus des deux ou trois établissements. «C'est ici qu'on trouve le plus grand nombre de champs d'études sur un même campus au Canada. C'est dire que nous avons tout ce qu'il faut pour contribuer à relever les défis les plus complexes de la société d'aujourd'hui.»

Un comité des priorités, constitué de représentants des trois établissements, a élaboré les projets qui correspondent le mieux à la vision de Campus Montréal: faire avancer les choses et faire rayonner nos talents. «C'est à ça que fait référence la signature de Campus Montréal: des talents, une planète», explique Chantal Thomas, directrice générale du Bureau du développement et des relations avec les diplômés (BDRD) de l'UdeM. Par exemple, la réhabilitation du site d'Outremont intéressera les entreprises de technologies de pointe et participera à la revitalisation de tout un secteur de la ville, mais ouvrira aussi la voie à des projets à vocation communautaire.

Sollicitation hors Québec

Parmi les quelque 350 000 diplômés de HEC Montréal, Polytechnique Montréal et l'Université de Montréal, quelques milliers habitent actuellement aux États-Unis et en Europe. La plupart d'entre eux sont demeurés attachés à leur alma mater et souhaiteraient prendre part à la campagne de financement. Il existe d'ailleurs une association de diplômés chez nos voisins du Sud à laquelle Jean Gaulin, ancien dirigeant d'Ultramar, consacre une part de son engagement bénévole. Diplômé de Polytechnique Montréal, il vit en Californie et a offert, comme membre du cabinet de Campus Montréal, d'ouvrir la porte à des initiatives de sollicitation à l'extérieur du Québec. «Nous pouvons compter sur le leadeurship exemplaire de M. Gaulin. Cela va favoriser la recherche de fonds à l'étranger, où se trouvent d'importantes fondations», souligne M. Parisella, qui ajoute qu'une opération de sollicitation se prépare également pour l'Europe par l'intermédiaire de la France, où les établissements comptent un nombre grandissant de nos diplômés.

Des initiatives sont attendues pour les autres communautés de la famille universitaire: professeurs et chercheurs, employés, retraités et étudiants. Dans le cadre de campagnes annuelles de financement, les étudiants versent plus de un million de dollars à leur université.

M. Parisella ne cache pas que les évènements du printemps 2012 et le ralentissement économique ont perturbé la sollicitation. Mais cela ne freine pas son enthousiasme. «Il faut comprendre que nous travaillons dans une perspective d'avenir. L'enseignement supérieur est un investissement à moyen et à long terme. La cause des universités et de l'excellence en recherche et en enseignement demeure une des meilleures qu'on puisse servir.»

Il ajoute que HEC Montréal, Polytechnique Montréal et l'Université de Montréal forment l'un des pôles universitaires généralistes les plus reconnus. Il figure parmi les 100 meilleures universités du monde, selon le classement du Times Higher Education. «Si l'on prend seulement les établissements d'expression française, nous sommes bons premiers!»

Le plus beau projet de société

Professeur invité au Département de science politique et fellow du Centre d'études et de recherches internationales de l'UdeM, John Parisella se réjouit de voir la richesse de la diversité sur le campus. «Nous sommes une université de calibre mondial et ça parait!» lance-t-il.

Diplômé des universités McGill et Concordia, M. Parisella se dit honoré de diriger Campus Montréal, «possiblement le meilleur projet de société du Québec actuellement». Il y voit l'amorce d'un mouvement fondamental. «Je crois que la philanthropie est de plus en plus courante chez les francophones. Quand les Québécois embarquent dans une cause, ils vont très loin.»

Ancien chef de cabinet des premiers ministres québécois Robert Bourassa et Daniel Johnson, nommé délégué général du Québec à New York en 2009, John Parisella est revenu à Montréal en 2012 afin de diriger la campagne de financement Campus Montréal. Il est très fier de son équipe formée de sept personnes au bureau de campagne et des professionnels chevronnés du BDRD, des fondations de HEC Montréal et de Polytechnique Montréal. «Nous sommes en train d'établir une nouvelle culture philanthropique basée sur le long terme, résume-t-il, et l'appui de la grande famille universitaire est primordial pour amorcer cette nouvelle ère.»

Mathieu-Robert Sauvé