L'art de transmettre son savoir

L'Université a décerné, le 31 mai, ses prix d'excellence en enseignement, soulignant ainsi la créativité et l'engagement de ses enseignants. Elle veut, par ce geste, rappeler toute l'importance qu'elle accorde à la formation et à l'encadrement des étudiants. Onze prix ont ainsi été remis à des enseignants hors du commun.

 

Les lauréats sont issus de plusieurs facultés, départements ou écoles et représentent un large éventail de domaines d'études. «Nos lauréats semblent avoir un point en commun, a dit le recteur, Guy Breton. Ils se passionnent autant pour leurs étudiants que pour la matière qu'ils enseignent. Ils ne veulent pas seulement transmettre un savoir, ils désirent également communiquer la curiosité et le gout d'apprendre.»

 

Prix 2013 d'excellence en enseignement aux professeurs réguliers

Carole Lambert

Faculté de médecine

Carole Lambert n'a entamé sa carrière de professeure qu'en 2002, mais la liste de ses accomplissements a déjà de quoi donner le tournis! Elle est directrice du programme de résidence en radio-oncologie depuis 2004, lequel a obtenu son agrément complet au moment de la visite des représentants du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada en 2008. Lauréate de nombreux prix soulignant ses compétences pédagogiques, elle donne plusieurs cours, conférences et ateliers chaque année. Ses publications ont eu une influence importante sur les méthodes d'évaluation dans son domaine. Son expertise a aussi bien servi l'Association des radio-oncologues du Québec, dont elle a redoré l'image en remettant sur pied le programme de développement professionnel.

«On peut dire que je suis tombée dans la pédagogie quand j'étais résidente et, depuis, l'enseignement occupe une place de plus en plus grande dans ma carrière», déclare celle qui est vice-doyenne adjointe aux études médicales postdoctorales à la Faculté de médecine.

Elle est aujourd'hui une «ambassadrice exceptionnelle de l'enseignement», selon Gilles Soulez, directeur du Département de radiologie, radio-oncologie et médecine nucléaire.

La Dre Lambert «représente pour nous un modèle à la fois de radio-oncologue, de pédagogue et de femme accomplie», assurent les résidents en radio-oncologie, qui ont unanimement soutenu la candidature de leur professeure à ce prix.

 

Serge Lecours

Département de psychologie

La réputation de Serge Lecours comme enseignant est établie de longue date, comme en témoigne l'excellence de ses évaluations. Communicateur-né, le professeur du Département de psychologie, où il enseigne depuis 2001, est considéré comme un pédagogue exceptionnel par ses étudiants.

Lauréat du prix du professeur le plus inspirant du département en 2011-2012 et en 2012-2013, M. Lecours a également reçu en 2011 le prix d'excellence en enseignement de la Faculté des arts et des sciences. Fait rare, lorsqu'on lui a remis son prix à la collation des grades, les étudiants du programme l'ont salué par une ovation.

Engagé pour assumer l'enseignement de l'évaluation psychologique adulte dans le programme clinique de doctorat, Serge Lecours a d'abord pris en charge un stage d'initiation à l'évaluation. Dès sa deuxième année en poste, le professeur est devenu titulaire du cours sur la motivation et l'émotion au premier cycle. «Depuis ce temps, Serge Lecours est très engagé dans l'enseignement au département, à tous les cycles», indique le directeur de l'unité, Serge Larochelle. Au-delà des compétences en enseignement du professeur Lecours, M. Larochelle souligne aussi ses grandes qualités personnelles: générosité, modestie, humour et vision.

 

Guy Rousseau

Département de pharmacologie

Depuis son arrivée au Département de pharmacologie de la Faculté de médecine, en juin 1999, Guy Rousseau s'est imposé comme une personne-ressource au département: il est un professeur qui a rapidement fait sa marque à la fois comme chercheur et comme pédagogue capable d'enseigner à de grands groupes d'étudiants.

Le professeur Rousseau est responsable ou coresponsable de six cours. «Il est l'un des plus actifs en enseignement au département si l'on considère l'ensemble de sa tâche, qui comprend les cours magistraux et le tutorat aux 2e et 3e cycles», signale le directeur de son département, Patrick du Souich.

Ses nombreuses subventions de recherche, publications et conférences ne l'ont pas empêché de se distinguer comme un enseignant de grande qualité et très aimé des étudiants, ainsi que le prouvent ses évaluations, qui sont toujours très élogieuses. En 2010, les étudiants de deuxième année en sciences biomédicales lui ont d'ailleurs décerné le prix du meilleur professeur. La même année, la Faculté des études supérieures et postdoctorales reconnaissait elle aussi ses compétences exceptionnelles par un prix d'enseignement.

Dans ses classes, l'initiateur et responsable de la Journée de la recherche pour le centre de recherche de l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal recourt abondamment à des exemples concrets et à des vidéos pour s'assurer de modifier le rythme du cours et pour récapituler la matière d'une façon différente. Il associe également des stagiaires à ses étudiants à la maitrise et au doctorat de sorte qu'ils puissent expérimenter la supervision et tester leur intérêt pour cet aspect de la profession.

Patrick du Souich salue également son importante contribution à l'élaboration de programmes d'études, à l'innovation de matériel didactique et à la réalisation de projets pédagogiques.

 

François Champoux

École d'orthophonie et d'audiologie

«Malgré son jeune âge, François Champoux est un enseignant chevronné», souligne Louise Getty, directrice de l'École d'orthophonie et d'audiologie. Dès ses premières années d'enseignement, entre 2005 et 2009, il obtient, à trois reprises, le prix d'excellence accordé aux chargés de cours et, depuis son entrée en fonction comme professeur adjoint en 2010, il gagne chaque année le prix d'excellence en enseignement dans sa catégorie. M. Champoux nourrit une véritable passion pour l'enseignement.

Sur une base quotidienne, il propose à ses étudiants des conférences en audiologie, en orthophonie, en neurosciences et en psychologie de façon à stimuler leur intérêt et à encourager leur participation aux activités de perfectionnement professionnel.

«François Champoux est l'exemple du professeur parfait. Il est attentif, dévoué, intéressant. Il maitrise parfaitement la matière. Chapeau au professeur!» résume un étudiant.

«L'appréciation des qualités pédagogiques du professeur Champoux est dithyrambique. La structure des cours proposés est décrite comme innovatrice, stimulante et favorisant l'apprentissage», signale Mme Getty. Parmi les évaluations de son enseignement, on note ce commentaire: «C'est vraiment un cours coup de cœur.»

Bien qu'il ne soit professeur adjoint que depuis trois ans, M. Champoux a dirigé neuf mémoires de maitrise et deux étudiants au doctorat poursuivent présentement leur thèse sous sa direction!

 

Prix 2013 d'excellence en enseignement aux chargés de cours

France Nolin

Département de nutrition

«Pourquoi l'enseignement m'intéresse-t-il? Avant tout parce que j'aime apprendre!» déclare France Nolin, chargée de cours au Département de nutrition et lauréate d'un prix d'enseignement dans sa catégorie.

Mme Nolin a travaillé pendant 17 ans comme nutritionniste clinicienne dans différents milieux hospitaliers universitaires avant de se joindre à l'équipe du Département de nutrition en 2004 à titre de responsable de formation clinique et superviseure de stages.

Dans l'accomplissement de ses tâches, elle a toujours fait preuve de dévouement et de rigueur et elle n'hésite pas à innover afin d'aider les étudiants à développer leur esprit critique et analytique. La chargée de cours a ainsi introduit des ateliers d'études de cas avec des tuteurs cliniciens à l'intérieur de ses cours et des semaines préparatoires aux stages. Elle a également contribué avec l'équipe des coordonnatrices de stages en nutrition à la mise sur pied d'un programme de formation en soutien pédagogique à l'intention des superviseurs de stages.

Sensibilisée à l'importance d'une pratique collaborative, Mme Nolin agit aussi comme coresponsable des activités de formation à l'interdisciplinarité pour les étudiants en nutrition.

Récemment désignée comme l'un des trois leadeurs pédagogiques du département, France Nolin assume depuis 2012 les fonctions de coordonnatrice universitaire responsable du programme des stages. La directrice du Département de nutrition, Marielle Ledoux, ne tarit pas d'éloges à son égard. «France fait partie de ces chargés de cours que tout département souhaite conserver le plus longtemps possible compte tenu de son influence positive sur ses étudiants et de l'importance de sa contribution dans la formation au premier cycle», dit-elle.

 

Line Bernier

Faculté de l'éducation permanente

Ce qui mérite d'être fait mérite d'être bien fait. Telle est la maxime de Line Bernier, chargée de cours à la Faculté de l'éducation permanente (FEP) de l'Université de Montréal, où elle donne depuis 2001 divers cours sur la criminologie clinique, la psychocriminologie et les entrevues et interventions de groupe.

Forte d'une solide expérience dans le monde carcéral – acquise ces dernières années à titre de psychologue au Service correctionnel du Canada, mais aussi en tant que psychologue clinicienne et consultante en élaboration de programmes pour délinquants sexuels à l'Institut Philippe-Pinel de Montréal –, Line Bernier démontre dans son enseignement une préoccupation constante et marquée pour le transfert de ses connaissances du terrain. «Cette sensibilité pédagogique contribue aux apprentissages des étudiants par des notions directement issues du marché du travail et répondant à leurs besoins de façon concrète», estime le doyen de la FEP, Christian Blanchette.

Cette approche semble plaire aux étudiants, qui sont nombreux dans l'évaluation de ses cours à souligner la qualité de son enseignement et sa grande disponibilité. Selon le doyen, Mme Bernier possède une réelle passion pour l'enseignement. Son engagement dans l'harmonisation de cours et sa participation à de nombreuses activités de perfectionnement au fil des années sont des exemples de son désir d'accroitre ses connaissances et ses compétences.

«À l'aube de la soixantaine, après une carrière bien remplie dans le monde correctionnel, je me réjouis d'avoir encore l'occasion de me dépasser, de partager mon bagage», affirme Line Bernier, qui s'enorgueillit d'être chargée de cours à l'UdeM, son alma mater.

 

Michel Rivard

Faculté de l'éducation permanente

Les cours magistraux donnés le soir ne sont pas une sinécure pour les étudiants. Mais cela n'arrête pas le chargé de cours et avocat Michel Rivard qui, depuis 14 ans, travaille inlassablement à transmettre sa passion pour le droit de la jeunesse aux personnes inscrites aux certificats de criminologie et d'intervention auprès des jeunes à la Faculté de l'éducation permanente.

«Quoique incontournable dans la pratique, le contenu d'un tel cours peut être jugé aride par des étudiants peu habitués à jongler avec des concepts et des approches juridiques, signale Fabienne Cusson, responsable de programme au certificat de criminologie. Il s'agit donc d'un défi important que Michel Rivard a relevé haut la main à près de 30 reprises!»

Pour y parvenir, ce chargé de cours tente de créer un lien avec ses étudiants en leur donnant un cours «personnalisé». «J'essaie d'abord de retenir leur prénom, puis de les traiter avec respect et dignité, explique M. Rivard. J'utilise beaucoup l'humour pour susciter leur intérêt et je varie mes méthodes d'enseignement en leur offrant un “cocktail pédagogique”.» Pas étonnant qu'un étudiant ait affirmé avoir assisté au «meilleur cours de droit à vie»!

 

Prix 2013 du vice-rectorat aux études pour l'innovation pédagogique

Bruno Poellhuber et Bernard Bérubé

Département de psychopédagogie et d'andragogie

L'innovation est au cœur des activités d'enseignement du professeur Bruno Poellhuber et du chargé de cours Bernard Bérubé, de la Faculté des sciences de l'éducation. «Ensemble, ils ont revu le cours Méthodes d'enseignement et TIC pour y introduire des activités d'apprentissage qu'on peut considérer comme exemplaires d'une utilisation des technologies dans le cadre d'une pédagogie active», souligne Francisco A. Loiola, directeur du Département de psychopédagogie et d'andragogie.

«L'apprentissage des étudiants dans le cours s'en est trouvé significativement amélioré. Ils sont maintenant la plupart du temps placés dans une situation d'apprentissage actif ou collaboratif, résume le professeur Poellhuber. Les étudiants ont à présent la possibilité d'expérimenter des outils technologiques qu'ils pourront utiliser adéquatement lorsqu'ils seront enseignants.»

MM. Poellhuber et Bérubé ont également mis sur pied le projet Futurs profs, qui comporte des ressources de formation vidéo, un outil d'aide à la scénarisation pédagogique d'activités avec les TIC et une typologie des TIC. «Cette collaboration entre un professeur et un chargé de cours a été bénéfique pour les étudiants et a favorisé l'émulation pédagogique», selon Bernard Bérubé. Il serait souhaitable à son avis que ce genre de collaboration soit plus fréquent. «Les possibilités qu'offrent les TIC pour l'enseignement et l'apprentissage sont plus que jamais reconnues», ajoute Bruno Poellhuber, qui a reçu, du Réseau canadien pour l'innovation en éducation, le prix d'excellence et d'innovation en production vidéo pour le projet Futurs profs.

 

L'équipe du CAAHC

Faculté de médecine

En 2009, la Faculté de médecine de l'UdeM et l'entreprise CAE Santé ont uni leurs forces pour mettre sur pied le Centre d'apprentissage des attitudes et des habiletés cliniques (CAAHC).

Chaque jour, des étudiants en médecine et de plusieurs autres disciplines ainsi que des professionnels de la santé y acquièrent de nouvelles connaissances et compétences grâce à l'enseignement par simulation. Ils peuvent ainsi s'initier au massage cardiaque, discuter avec un patient de sa santé ou encore exécuter des ponctions de tous les types sans compromettre la sécurité du patient ni même être évalués.

Derrière le succès du CAAHC se trouvent une équipe immédiate d'une trentaine de personnes et plus de 300 enseignants. Dirigés par le Dr Jean-Victor Patenaude, ces collaborateurs ont donné au-delà de 100 000 heures de formation à plus de 2000 apprenants depuis la création du Centre. Ils ont créé 75 ateliers d'une durée de 60 à 90 minutes chacun. Un travail titanesque quand on sait que la conception d'une seule formation nécessite de 30 à 40 heures de travail. Aujourd'hui, l'équipe du CAAHC est devenue une référence en matière d'enseignement par simulation au Canada, voire en Amérique.

 

Prix 2013 d'excellence en enseignement aux doctorants
et stagiaires postdoctoraux
c
hargés de cours

Pauline Wolff

Faculté de l'aménagement

«Après trois ans en urbanisme, je peux honnêtement dire que votre cours est le meilleur auquel j'ai assisté!» «Vous êtes l'un des meilleurs professeurs que j'ai eus jusqu'à maintenant.» Ces commentaires d'étudiants décrivent bien la passion pour l'enseignement qui anime Pauline Wolff, lauréate du Prix d'excellence en enseignement aux doctorants et stagiaires postdoctoraux chargés de cours.

Depuis 2010, la doctorante donne un cours sur les transports et la mobilité à l'Institut d'urbanisme de l'Université de Montréal. Ce cours qu'elle a d'abord conçu pour la maitrise, elle l'a adapté ensuite pour le baccalauréat, car «il suscite un réel engouement chez les étudiants», selon Franck Scherrer, directeur de l'institut. Devant ce grand intérêt, le cours Urbanisme, transport et mobilité sera officiellement inclus dans le programme de premier cycle à partir de septembre prochain.

Outre la production successive de ces deux cours, Pauline Wolff a collaboré à la réalisation de nombreux autres projets pédagogiques, siégeant activement à différents comités préparatoires aux modifications ou à l'optimisation des programmes. Elle a également participé à la création et à la rédaction de deux projets CLIP (comité local d'intégration pédagogique) sur l'innovation pédagogique dans l'enseignement pour les ateliers d'urbanisme. Ce travail s'est concrétisé par un guide d'orientation pour les nouveaux chargés de cours et de formation pratique à l'institut. «Le haut degré d'engagement et d'innovation ainsi que les qualités pédagogiques de cette jeune doctorante sont impressionnants, affirme M. Scherrer sans retenue. Elle favorise non seulement l'amélioration du cadre pédagogique, mais également le dynamisme de la recherche et la participation étudiante.»

 

Prix 2013 d'excellence aux auxiliaires d'enseignement

Guillaume Roy-Fortin

Département de mathématiques et de statistique

Au Département de mathématiques et de statistique, on remarque que, plus le trimestre avance, moins les étudiants se présentent aux travaux pratiques. Ce n'est pas le cas des séances animées par Guillaume Roy-Fortin. Au contraire, les participants y sont toujours nombreux. C'est que ce doctorant semble avoir un don pour aider les étudiants à mieux comprendre les mathématiques. «Il est l'un des meilleurs auxiliaires d'enseignement que nous avons eus au département depuis longtemps», déclare sans ambages le directeur de cette unité, Jean-François Angers.

M. Roy-Fortin estime qu'il occupe une place privilégiée, celle de «tampon entre le professeur et les étudiants, en mesure de concilier les impératifs des uns et des autres et aussi de favoriser le rapprochement, parfois difficile, entre un enseignant et ses étudiants».

Bien qu'il excelle dans ses fonctions, le doctorant n'hésite pas à demander une rétroaction à la classe et à modifier son approche en fonction des commentaires reçus. Il cherche constamment à expliquer sa matière de la façon la plus limpide possible et accorde une grande importance à sa préparation didactique. Car, pour lui, «rien n'est plus gratifiant que le sentiment d'avoir contribué à l'acquisition d'une connaissance durable chez un étudiant».

(Photo: Jean-François Hamelin)