Michelle Dawson reçoit un doctorat honoris causa pour ses travaux sur l'autisme

Dans le cadre de la collation des grades de la Faculté de médecine qui a lieu aujourd'hui, l'Université de Montréal remettra un doctorat honoris causa à la chercheuse Michelle Dawson, autiste et autodidacte, pour ses travaux scientifiques et éthiques sur l'autisme, dont l'impact a été considérable et qui ont fortement contribué à modifier la compréhension et le statut de l'autisme dans le monde.

 

Actuellement chercheuse bénévole sans affiliation académique au Groupe de recherche en neuroscience de la cognition de l'Université de Montréal, situé au Centre de recherche Fernand-Seguin de l'hôpital Rivière-des-Prairies, Mme Dawson a travaillé comme postière à Postes Canada pendant 15 ans, une carrière qui s'est terminée à la suite d'un litige découlant de la découverte de son diagnostic d'autisme par son employeur. Après quoi, à l'âge de 42 ans, le professeur de psychiatrie Laurent Mottron, expert de l'autisme de renommée internationale, lui a demandé de se joindre à son groupe de chercheurs.

« Son extrême capacité à absorber et à mémoriser l'information - par exemple, elle peut citer des milliers de références de sa base de données  en connaissant précisément le contenu - fait d'elle l'un des chercheurs les mieux documentés mondialement dans le domaine de l'autisme, raconte Laurent Mottron. On l'admire et on la craint à la fois puisque sa critique est honnête, virulente au besoin, mais jamais complaisante. L'impartialité de Mme Dawson et son sens aigu de la perfection ont d'ailleurs contribué à rehausser de façon significative la qualité des résultats de recherche et leur interprétation. »

Chercheuse de haut niveau, Michelle Dawson a publié dans des revues scientifiques comme Brain, Human Brain Mapping et Philosophical Transactions of the Royal Society, ayant contribué à ce jour à 9 chapitres de livres et à 17 publications répertoriées dans la base de données PubMed. Elle exerce aujourd'hui une influence considérable sur la conception de l'autisme, non seulement en accroissant la qualité scientifique des travaux du groupe de recherche, mais en imposant au milieu scientifique une conception nouvelle de l'autisme.

« De par sa contribution scientifique et éthique, Mme Dawson représente un symbole de l'importance d'assurer la diversité et l'intégration dans notre société, souligne la doyenne de la Faculté de médecine, Dre Hélène Boisjoly. Cette réussite montre que la différence d'organisation cérébrale autistique peut, dans certaines circonstances favorables, représenter un avantage, ce qui contribue à modifier l'image de la place de l'autisme dans notre communauté. »

Mme Dawson a écrit un chapitre de livre qui démontre que les autistes apprennent d'une manière unique, et qui sert de base au groupe recherche de l'UdeM et particulièrement à celui de la professeure Isabelle Soulières, de l'UQAM, pour renouveler les techniques d'évaluation et d'intervention précoce. Le parcours atypique de Mme Dawson constitue un accomplissement humain et scientifique unique. Ce prix est le témoin de l'ouverture du monde académique à la reconnaissance d'une autre forme d'intelligence.

« Les positions que je prends sont, de manière conservatrice, fondées sur des standards éthiques et scientifiques très élémentaires qui bénéficient et protègent tout autant les autistes que les non-autistes. C'est cela qui me rend à la fois utile, originale, aussi bien que contestée, mais aussi parfois influente, comme chercheuse en autisme», a déclaré Mme Michelle Dawson, nouvelle récipiendaire d'un doctorat honoris causa de l'Université de Montréal.

 

 

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