La première ministre est l'invitée de la rentrée en science politique

  • Forum
  • Le 9 septembre 2013

  • Mathieu-Robert Sauvé

Notre société a besoin d’idéaux et de convictions, a rappelé Mme Marois aux étudiants.Quand Pauline Marois était étudiante à HEC Montréal dans les années 70, elle a eu un professeur d'économie du nom de Jacques Parizeau, qui a eu l'idée de l'inviter à Québec, quelques années plus tard, pour être son attachée de presse.

 

«Je n'étais pas particulièrement attirée par la politique, mais cette plongée au cœur de l'action a changé ma vie», a relaté la première ministre du Québec à un groupe d'étudiants du Département de science politique de l'Université de Montréal venu la rencontrer le 3 septembre à l'amphithéâtre Jean-Lesage.

En souhaitant la bienvenue aux quelque 600 étudiants présents, le directeur du département, Éric Montpetit, avait rappelé la «tradition» de la rentrée instaurée par ses prédécesseurs: faire venir une personnalité illustre de la scène politique pour lancer le trimestre. Le fait que Mme Marois a accepté l'invitation malgré un ordre du jour chargé démontre qu'on valorise la formation universitaire «jusqu'aux plus hauts échelons de l'État».

Pour plusieurs participants, c'était la première journée à l'université, et la double diplômée universitaire (en service social à l'Université Laval en 1971 et en administration des affaires à HEC Montréal en 1976) a voulu les inciter à aller jusqu'au bout. «Notre société a besoin d'idéaux, de convictions.»

Elle leur a souhaité une bonne rentrée en insistant sur le fait qu'ils se préparaient à vivre ici une étape déterminante de leur vie. «Des nouvelles personnes entreront dans votre vie: des collègues, des mentors, voire un conjoint ou une conjointe. Mais la personne que vous allez surtout découvrir, c'est vous-même. Savourez bien cette première journée.»

Mme Marois a parlé une quarantaine de minutes, sans lire de discours, de l'importance de l'engagement personnel dans des causes sociales. Elle a relaté sa contribution à la lutte contre la pauvreté et aux politiques familiales comme les services de garde à sept dollars par jour. Répondant aux étudiants, qui avaient été conviés à lui adresser des questions, elle a souligné le premier objectif de son parti, la souveraineté du Québec, et tracé un bilan de sa première année au pouvoir au sein d'un gouvernement minoritaire.

La politique, pour elle, n'a rien de négatif, «sa réalité première, c'est de rendre possible le changement», estime-t-elle. Elle l'a mesuré encore récemment, alors qu'elle prenait part à une activité publique au Chic Resto Pop, à Montréal. La première ministre a constaté que l'organisme communautaire, mis sur pied en 1984 par un groupe d'assistés sociaux, fonctionne à plein régime près de 30 ans plus tard. Des employés affairés y préparent aujourd'hui 500 repas servis à la cafétéria et autant distribués dans les écoles du quartier, en plus de 300 repas congelés vendus au comptoir. Ministre dans le gouvernement de René Lévesque, Mme Marois avait participé à sa création. «La politique peut changer la vie des gens, les rendre meilleurs. Vous avez choisi d'étudier la science politique et c'est une bonne décision. Pour aller plus loin, embrassez une cause. Vous pouvez changer le monde.»

Dans sa présentation, le recteur, Guy Breton, avait mentionné que Mme Marois est «sans contredit la personne ayant la plus grande expérience politique» au gouvernement. Elle a occupé pas moins de 14 ministères avant d'accéder à la tête de l'État il y a un an. Il a aussi évoqué l'importance d'acquérir une formation universitaire. «Dans l'histoire du Québec, 11 premiers ministres avaient ou ont un diplôme de l'UdeM. C'est la preuve qu'un diplôme de l'Université de Montréal ouvre des portes, même celle du bureau de premier ministre.»

Mathieu-Robert Sauvé