L'ADN de Frédérick-Antoine Mallette

  • Forum
  • Le 9 septembre 2013

  • Dominique Nancy

Frédérick-Antoine MalletteLorsqu'il était enfant, Frédérick-Antoine Mallette s'amusait à construire des régates en styromousse avec des moteurs de petites voitures, à fabriquer des boomerangs en bois et à classifier les insectes qu'il avait capturés dans le jardin familial.

 

«J'avais aménagé un laboratoire au grenier et j'adorais m'y réfugier pour y mener toutes sortes d'expériences», raconte le biochimiste qui aurait tout aussi bien pu devenir ingénieur ou entomologiste. «Je suis curieux de nature, confirme-t-il. Tout m'intéresse.»

C'est par curiosité intellectuelle que ce fils de facteur et d'une enseignante a choisi la biochimie. «Grâce à cette discipline, j'avais accès à la chimie et à la biologie, deux domaines qui me passionnent.» Vingt-cinq ans plus tard, il ne regrette pas son choix. «C'est une discipline tellement fascinante. Toutes nos cellules possèdent le même bagage génétique, mais pourtant elles suivent des destinées totalement différentes pour former la peau, le cerveau et tous les organes!»

Professeur en poste depuis octobre 2012 au Département de médecine de l'Université de Montréal et à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, ce jeune chercheur de 34 ans s'intéresse aux mécanismes moléculaires qui permettent de protéger les cellules contre le cancer. Deux de ses découvertes publiées dans les revues Cell Reports et EMBO Journal ont retenu l'attention des médias alors qu'il effectuait un stage postdoctoral à l'Institut Lady Davis de l'Hôpital général juif à Montréal. Le chercheur a pressenti le rôle d'une protéine (JMJD2A) qui régule la structure de la chromatine (structure qui contrôle l'expression des gènes et le maintien de l'intégrité du génome) en plus d'expliquer le fonctionnement d'une autre protéine (53BP1) très active dans la réparation de l'ADN.

«Ce qu'on a découvert, c'est que JMJD2A empêche la réparation efficace de l'ADN en bloquant l'accès à 53BP1», résume Frédérick-Antoine Mallette. De son propre aveu, il y a encore beaucoup de travail à faire avant d'avoir le médicament miracle contre le cancer, mais ses travaux ouvrent une nouvelle avenue dans le traitement de la maladie et permettront peut-être de limiter les dommages cellulaires et la croissance des cellules mutantes.

Formé à l'UdeM, Frédérick-Antoine Mallette a consacré ses travaux de doctorat aux mécanismes de suppression tumorale en jeu dans la sénescence induite par les oncogènes sous la supervision du professeur Gerardo Ferbeyre. Après un stage de formation au Cold Spring Harbor Laboratory de New York, il a poursuivi ses recherches postdoctorales à l'Institut Lady Davis.

Dominique Nancy