L'astrophysicien accro de la poudre... de planètes!

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  • Le 9 septembre 2013

  • Dominique Nancy

Patrick DufourAlors qu'il faisait un stage postdoctoral à l'Université d'Arizona en 2007, Patrick Dufour a découvert un groupe de huit étoiles naines blanches dont l'atmosphère est essentiellement composée de carbone.

 

Les quelque 30 000 étoiles mortes connues avant ce jour avaient plutôt une surface formée d'hydrogène ou d'hélium. La découverte est majeure et fait l'objet d'une publication la même année dans la revue Nature.

«Ces astres ont probablement évolué à partir d'étoiles qui n'étaient pas assez massives pour exploser sous forme de supernovas, mais juste à la limite. Notre découverte défiait le modèle théorique de l'évolution des étoiles», explique l'astrophysicien, qui a été propulsé à l'avant scène médiatique internationale. «La nouvelle a fait le tour du monde, confirme Patrick Dufour. Ce n'est pas tous les jours qu'on découvre un nouveau type d'étoile.»

Depuis, le chercheur est revenu à son alma mater, où il avait fait une thèse de doctorat sur les propriétés atmosphériques des naines blanches sous la direction du professeur Pierre Bergeron. «J'y ai d'abord obtenu un deuxième postdoctorat avec le Centre de recherche en astrophysique du Québec. Puis, le Département de physique m'a offert un poste de professeur», précise-t-il.

Rapidement, il a pris sa vitesse de croisière. Cette année, l'astrophysicien qui se qualifie de «théoricien» a publié sept articles dans The Astrophysical Journal et la revue Astronomy and Astrophysics. «Je fais beaucoup de travaux en collaboration», dit humblement l'homme de 35 ans.

Ses études sur la composition des exoplanètes de type rocheuses ont montré qu'il est maintenant possible, grâce aux percées technologiques, d'étudier la composition chimique des objets extrasolaires de façon très précise. Ce travail, il le fait en analysant les débris de planètes qui se sont déposés à la surface des étoiles naines blanches.

Lorsque le professeur Dufour observe des éléments lourds à la surface des naines blanches, c'est signe qu'il y a eu un objet rocheux en orbite qui s'est approché trop près de l'étoile et qui a été broyé par ses forces de marée. «On retrouve alors des traces de poudre de planètes répandue à sa surface. On peut ainsi déterminer quelle était la composition chimique des corps rocheux présents jadis en orbite», indique le chercheur avec des étincelles dans les yeux.

Dès qu'il a une minute à lui, cet amateur d'échecs n'observe pas le ciel étoilé. Il court au parc pour jouer au baseball. «De deux à trois fois par semaine, confie-t-il. Je pratique ce sport depuis l'âge de cinq ans. J'adore!»

Dominique Nancy