L'étudiant devenu directeur de la Clinique universitaire de la vision

  • Forum
  • Le 16 septembre 2013

  • Dominique Nancy

Jean-Marie HanssensJean-Marie Hanssens ne s'offusque pas que les étudiants le tutoient. Il n'y a pas si longtemps, il était lui-même assis sur les bancs de l'École d'optométrie.

 

«Ça fait près de 10 ans que je suis ici. Je connais tout le monde», dit celui qui a successivement obtenu une maitrise en sciences de la vision, un doctorat de premier cycle en optométrie (O.D.) et un doctorat en sciences neurologiques. Aujourd'hui, il est directeur de la Clinique universitaire de la vision et est enchanté de son poste.

La Clinique compte une soixantaine d'optométristes et sert de lieu de formation pratique à plus de 80 étudiants, en plus de suivre annuellement quelque 15 000 patients, rappelle-t-il. «Mon rôle est de répondre aux besoins de la communauté de façon accueillante et conviviale dans un contexte de saine gouvernance», affirme le chercheur clinicien et nouveau professeur.

Depuis son entrée en fonction, en janvier 2013, il a mesuré les forces de la seule école francophone d'optométrie en Amérique du Nord. Il voit grand pour les cinq prochaines années. «On fait de la bonne recherche clinique à l'École, mais j'aimerais développer davantage cet aspect en facilitant le recrutement de participants.»

Originaire de France, Jean-Marie Hanssens a grandi sur une terre agricole (son père est un cultivateur devenu garde-forestier) à Brou-sur-Chantereine, au sud de Paris. Rien ne le prédisposait à s'expatrier au Québec ni à devenir optométriste. «Ma vie est faite d'heureux hasards», commente-t-il.

Après des études en sciences (spécialisation en optique physiologique et optométrie) à la Faculté des sciences d'Orsay de l'Université Paris-Sud, il est invité avec trois autres diplômés de sa promotion à suivre une formation à l'École d'optométrie de l'UdeM. «J'avais déjà participé à un voyage humanitaire en Afrique du Sud à bord du Phelopepa Train, un train  doté de 16 wagons aménagés pour apporter divers soins médicaux à une population rurale et pauvre. J'y faisais des examens de la vue. J'ai adoré l'expérience. Ça m'a donné envie de continuer à étudier dans le domaine», raconte-t-il.

Au début de ses études au Québec, la fonction de professeur ne faisait pas partie de son plan de carrière. Mais après une expérience en enseignement, il y prend gout. «Jean-Marie est un excellent pédagogue. Il enseigne d'ailleurs depuis plusieurs années à l'École, fait valoir le directeur du Laboratoire de psychophysique et de perception visuelle, Jocelyn Faubert, qui a dirigé ses travaux de maitrise et de doctorat. Tous les étudiants l'adorent!»

L'homme de 35 ans est un vulgarisateur hors pair, qui peut transmettre avec facilité des concepts théoriques complexes. Il a d'ailleurs reçu à trois reprises (2006, 2008 et 2009) le prix du public pour des présentations orales à l'occasion de la Journée scientifique de l'École d'optométrie.

Ses études à l'UdeM lui ont par ailleurs permis de faire la connaissance de sa conjointe, une Québécoise. Depuis, Jean-Marie Hanssens et sa compagne ont eu une petite fille, Zoé, âgée maintenant de trois ans. «Elle nous occupe beaucoup, mentionne-t-il en riant. Mais avoir une famille nous ouvre à d'autres horizons. Par exemple, je côtoie maintenant mes voisins qui ont eux aussi des enfants. Nous sommes devenus de réels amis.»

Une autre bonne raison de rester au Québec...

Dominique Nancy