Jean-Marc Boudrias portait en lui des valeurs humanistes

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  • Le 23 septembre 2013

Jean-Marc BoudriasJean-Marc Boudrias est mort le 20 juin dernier. Nous le connaissions depuis plus de 30 ans et son départ subit nous a surpris et peinés. Ayant pris sa retraite il y a environ un an, il aurait dû en bénéficier quelque peu.

 

D'ailleurs il avait, à cette fin, réussi à cesser de fumer, ce dont il était on ne peut plus fier.

Nous, Jacques Boucher, Michel Lespérance, Jacques Larose et Elvio Buono, tenons à lui rendre un témoignage à la fois individuel et collectif, nos carrières respectives s'étant croisées à plusieurs reprises.

«J'ai côtoyé Jean-Marc et travaillé avec lui pendant des centaines, probablement des milliers d'heures lorsque j'étais son supérieur immédiat en tant que secrétaire général, puis comme doyen de la Faculté des études supérieures et postdoctorales et par la suite comme doyen de la Faculté de l'éducation permanente [FEP], fonction qu'il a lui-même assumée de 2001 à 2010.

«C'était un homme de cœur. Il prenait les choses à cœur: ses fonctions, ses mandats, ses relations avec ses compagnons de travail, avec ses supérieurs, avec l'UdeM. C'était un homme solide, discret, attentif et très intense. Sa mort fut à l'image de ce qu'il avait toujours été. Il se savait malade, mais n'en avait parlé à personne. Comme s'il avait craint par-dessus tout de nous déranger, de faire trop de bruit. Est-ce possible? Il doit y avoir une erreur. Je l'ai vu récemment, il avait l'air en forme. Un peu plus timide, un peu plus modeste que d'habitude, à la recherche de quelque chose qu'il n'osait pas nous dire, mais quoi au juste? L'UdeM vient de perdre un remarquable serviteur, un ami fidèle, un homme de cœur. Dommage.» – Jacques Boucher, professeur retraité

«Pour notre part, nos liens avec Jean-Marc remontent à son arrivée au Secrétariat général à titre de secrétaire de comité à la fin des années 70. Tous trois avons suivi des chemins similaires dans nos carrières, ayant été tour à tour secrétaire du Comité du statut du corps professoral, adjoint au secrétaire général et secrétaire des nombreux comités de consultation pour la nomination de doyens ou du recteur. C'est ce qui nous a permis d'apprendre l'Université et de tisser des liens étroits avec plusieurs collègues professeurs, dont Michel Trahan, qui fut un mentor pour nous. Jean-Marc fut un collègue apprécié sur lequel nous pouvions compter lorsqu'il s'agissait de rallier les membres de la communauté universitaire autour d'enjeux collectifs importants. Sa formation en histoire lui avait permis de comprendre l'importance d'être des relais de nos valeurs et acquis institutionnels, ce qu'il a fait pendant toute sa carrière au Secrétariat général, au Vice-rectorat aux affaires professorales et au Vice-rectorat exécutif, au décanat de la FEP et au personnel enseignant.» – Michel Lespérance et Jacques Larose, collègues retraités du Secrétariat général

«De mon côté, mes liens avec Jean-Marc remontent aux années 80, à mon arrivée dans le milieu universitaire à la CREPUQ [Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec]. Lorsque je suis entré à l'Université de Montréal en 2000 au rectorat, Jean-Marc a été un collègue et un mentor, et notre amitié a pris de la profondeur. Au moment de son départ pour assumer le décanat de la FEP, je l'ai remplacé au poste d'adjoint au vice-recteur exécutif et j'ai travaillé avec un ami commun, Michel Trahan. Je suis à mon tour devenu secrétaire du Comité du statut du corps professoral, du Comité des promotions et, grâce à Jean-Marc et à Michel, j'ai développé mes connaissances dans l'univers complexe des affaires professorales.

«Montaigne, en parlant de son amitié pour La Boétie, disait “parce que c'était lui, parce que c'était moi”, je dirais parce que c'était nous (Jacques Boucher, Michel Lespérance, Jacques Larose et moi).

«Jean-Marc portait en lui à la fois une grande tendresse et une grande lucidité sur la condition humaine. Il portait en lui des valeurs humanistes, les plus essentielles à notre communauté.» – Elvio Buono, Direction des ressources humaines

Nous avons été honorés d'être son ami. Il va nous manquer.

Jacques Boucher, Elvio Buono, Jacques Larose et Michel Lespérance