La science au service des artistes de cirque

  • Forum
  • Le 23 septembre 2013

  • Martin LaSalle

Les étudiants de l’ENC sont les premiers bénéficiaires des liens qui unissent désormais le directeur de la recherche et de la formation en pédagogie de l’ENC et le directeur du Département de kinésiologie. (Photo: Roland Lorente)Pour parvenir à exécuter avec grâce les prouesses qui en feront des artistes de cirque, les étudiants de l'École nationale de cirque de Montréal (ENC) doivent consacrer d'innombrables heures à l'entrainement.

 

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Pour parvenir à exécuter avec grâce les prouesses qui en feront des artistes de cirque, les étudiants de l'École nationale de cirque de Montréal (ENC) doivent consacrer d'innombrables heures à l'entrainement.

Tellement qu'il parait impensable d'exiger d'eux encore plus sans augmenter le risque de blessure ou de surmenage.

Tel est pourtant l'ambitieux défi qu'entendent mener à bien l'ENC et le Département de kinésiologie de l'Université de Montréal, tous deux partenaires du programme de collaboration universités-collèges instauré par le gouvernement du Québec.

Un horaire aussi chargé qu'un athlète olympique

Les trois années allouées à la formation professionnelle d'un artiste de cirque imposent un rythme et une intensité qui, couplés à la formation scolaire, augmentent les contraintes physiologiques, cognitives et psychologiques chez les étudiants.

«On leur demande d'être polyvalents – danser, jongler, faire de la musique, chanter – et d'être à la fois créatifs et interprètes... Si nous parvenons à améliorer de 10 à 15 % nos façons de faire, ce sera un exploit», souligne Patrice Aubertin, directeur de la recherche et de la formation en pédagogie de l'ENC.

Patrice AubertinÉgalement titulaire de la Chaire de recherche industrielle dans les collèges du CRSH en arts du cirque, M. Aubertin estime que «l'enjeu du projet consiste à dépasser, dans un contexte sécuritaire, les limites actuelles en matière d'enseignement et d'apprentissage de gestes et d'habiletés circassiennes».

La recherche sur les arts du cirque: une science à bonifier

Le partenariat entre l'ENC et l'UdeM vise à mettre à jour et à bonifier la théorie et la recherche en kinésiologie – sur laquelle reposent en bonne partie les arts du cirque – afin d'en incorporer l'évolution dans l'enseignement de la pratique.

Le projet nourrit trois grands objectifs: inventorier les paramètres d'évaluation des meilleures pratiques en matière d'interventions menant à la formation des artistes de cirque; concevoir des protocoles d'optimisation des pratiques qui favoriseront l'amélioration de la performance des étudiants; effectuer une étude épidémiologique descriptive et corrélationnelle des blessures subies par les étudiants pour mieux les prévenir.

Les étudiants de l’ENC sont les premiers bénéficiaires des liens qui unissent désormais le directeur de la recherche et de la formation en pédagogie de l’ENC et le directeur du Département de kinésiologie. (Photo: Roland Lorente)Au terme du projet, l'UdeM et l'ENC prévoient mettre en place une structure d'accueil pour les stages des étudiants du programme en kinésiologie de l'Université. Les professeurs et les étudiants de l'ENC pourront aussi bénéficier de services spécialisés à la Clinique de kinésiologie de l'UdeM pour la prise en charge de situations complexes telles que certaines blessures ou le surentrainement.

«Si le lien qui unit l'Université et l'ENC est exceptionnel et nous permet de nous réaliser sur le plan de la recherche, c'est en raison de l'importance qu'a toujours accordée Patrice Aubertin à la pédagogie et à la science», indique François Prince, directeur du Département de kinésiologie de l'UdeM.

«Notre relation avec les experts universitaires s'appuie sur le dialogue, qui nous permet mutuellement de mieux nous guider dans nos champs de pratique. C'est un véritable pont entre la formation et la recherche scientifique, entre le collégial et l'université», a renchéri Patrice Aubertin.

Transfert de connaissances vers la communauté

Le projet inclut la tenue d'activités de formation et des prestations destinées aux entreprises spécialisées dans la création artistique circassienne, ainsi que des conférences et de la documentation destinées à la communauté.

«Les écoles qui accueillent des jeunes à risque ainsi que les cirques à vocation sociale profiteront, eux aussi, des outils et des protocoles d'intervention qui émaneront du projet de partenariat ENC-UdeM», conclut Patrice Aubertin.

Martin LaSalle


 

Un établissement à vocation très spécialisée

(Photo: Alex Legault)Considérée comme le plus important établissement de formation supérieure en arts du cirque des Amériques, l'ENC est une maison d'enseignement secondaire et collégial qui, depuis 30 ans, a pour mission de former des artistes de cirque. Son programme collégial d'une durée de trois ans mène à l'obtention d'un DEC.

Sa clientèle étudiante vient du Québec, du Canada et de partout dans le monde.

«Ce sont de jeunes élites issues de disciplines sportives ou artistiques ou encore d'écoles préparatoires, précise Patrice Aubertin. Ces étudiants ont une base acrobatique très forte et notre tâche consiste à ce qu'ils deviennent des artistes polyvalents afin que leurs ambitions concordent avec les besoins du marché, en plus de leur donner une rigueur qui favorisera la longévité de leur activité professionnelle.»


 

Le Département de kinésiologie multiplie les partenariats