La Wii Fit et la Kinect font leur entrée à l'Université

  • Forum
  • Le 23 septembre 2013

  • Dominique Nancy

Les consoles de jeu et les téléphones intelligents peuvent faciliter et bonifier l’évaluation et les interventions faites auprès des usagers par les spécialistes en réadaptation physique et en kinésiologie.La population cherche de plus en plus à se mettre en forme devant son téléviseur grâce à des jeux où l'on bouge comme Dance Dance Revolution ou à l'aide de la Wii Fit et de la Kinect, qui permettent de pratiquer virtuellement divers sports.

 

Désormais, on tiendra compte de cette réalité dans la formation des étudiants en réadaptation physique et en kinésiologie.

Un projet collège-université en pédagogie prévoit utiliser ces technologies ainsi que certaines applications issues des téléphones intelligents comme le podomètre dans l'enseignement de ces disciplines. Ce programme d'études est conçu sur mesure par une équipe de professeurs de l'Université de Montréal pour les futurs professionnels de la santé qui seront de plus en plus amenés à connaitre, évaluer et employer ce type de technologies dans leur travail.

«L'intégration des technologies est au cœur de notre programme d'enseignement, qui vise à avoir un effet sur l'activité professionnelle, explique Mickaël Begon, professeur au Département de kinésiologie de l'UdeM et responsable de la gestion du projet, financé par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie (MESRST). Par exemple, la Wii Fit, qui permet de mesurer l'équilibre postural en station debout, pourrait être utilisée par des personnes hémiplégiques à la maison pour améliorer leur équilibre en cours de traitement et pour ensuite préserver leurs acquis.»

Une dizaine de professeurs de l'Université de Montréal et des départements de réadaptation physique du collège Dawson et du cégep Marie-Victorin ainsi que du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine prennent part à ce projet de grande envergure qui s'étend jusqu'en 2017 et qui bénéficie d'un budget de 560 000 $ sur trois ans. Le projet fera une place à des étudiants issus des milieux collégial et universitaire. Un accent sera mis sur la mobilité de ces étudiants entre les installations scientifiques et cliniques des trois établissements.

«C'est une approche novatrice tant par l'utilisation des nouvelles technologies en réadaptation physique et en kinésiologie que par sa contribution à l'enseignement supérieur et à la formation pratique, estime M. Begon. Notre volonté est d'avoir une influence directe sur le parcours des étudiants en sciences de la santé au Québec pour répondre à la demande du marché du travail et favoriser la persévérance scolaire.»

Mickaël BegonFormation et développement technique

Le projet étant construit autour d'activités structurantes, les étudiants et les professeurs participeront à un club de lecture mensuel dirigé par M. Begon et à des séminaires hebdomadaires axés sur les nouvelles technologies en réadaptation physique et en kinésiologie afin de renforcer la synergie entre le collège Dawson, le cégep Marie-Victorin et l'Université. Mais la formation n'est qu'un des aspects du projet, précise le spécialiste en analyse gestuelle et en locomotion et posture humaines. Un volet de développement pour adapter les technologies aux besoins et aux exigences des spécialistes est aussi au menu.

Le programme se décline en quatre étapes et sera appliqué à l'équilibre postural, la mobilité articulaire et la dépense énergétique. Dans un premier temps, les membres de l'équipe désigneront les technologies applicables à la formation et à la pratique en réadaptation physique et en kinésiologie. Une évaluation des techniques ciblées sera réalisée dans la phase deux. «Un bon nombre d'outils ou d'applications sont déjà accessibles, souligne Mickaël Begon. Il existe notamment plus de 7000 applications pour téléphones intelligents qui mesurent le degré d'activité à la marche ou à la course. Il est impératif de sélectionner les plus pertinentes.»

Des améliorations techniques et cliniques seront apportées aux technologies retenues au cours de la phase trois du projet. Cette étape se déroulera avec des étudiants en technologie de l'électronique du collège Dawson. Puis, les étudiants de la clinique-école du cégep Marie-Victorin évalueront les nouvelles technologies et leur mise en pratique. Une partie de la validation se fera également au Centre CIRCUIT du CHU Sainte-Justine, où interviennent plusieurs kinésiologues. Les résultats de la validation clinique seront présentés à l'occasion d'un «KinésiUM», congrès organisé par des professeurs du Département de kinésiologie de l'UdeM.

À l'Université, l'équipe du projet, intitulé Technologies intelligentes au service de la réadaptation physique et de la kinésiologie, est principalement composée des professeurs Begon, Paul Allard et Marie-Ève Mathieu, tous du Département de kinésiologie.

Dominique Nancy


 

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