Abri chauffant pour chauvesouris à museau blanc

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  • Le 7 octobre 2013

L’abri a été installé dans le boisé en face de l’aile U du pavillon Roger-Gaudry. (Image: Bruno Girard)Les chauvesouris des boisés de l'Université de Montréal disposeront d'un abri chauffé pour leur permettre de survivre à l'hiver. «Au cours de leur hibernation, ces petits mammifères doivent conserver leur énergie. On estime qu'ils n'ont droit qu'à un seul réveil par hiver sous peine de voir leur état léthargique dérangé.

 

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Les chauvesouris des boisés de l'Université de Montréal disposeront d'un abri chauffé pour leur permettre de survivre à l'hiver. «Au cours de leur hibernation, ces petits mammifères doivent conserver leur énergie. On estime qu'ils n'ont droit qu'à un seul réveil par hiver sous peine de voir leur état léthargique dérangé. Or, un parasite venu d'Europe les tient en éveil et menace leur survie», signale Alexandre Beaudoin, conseiller à la biodiversité de l'UdeM.

Après avoir obtenu d'une firme de consultants en génie de Sherbrooke les plans d'un abri spécifiquement conçu pour les volatiles à fourrure, il a confectionné un habitacle de forme conique alimenté en électricité par un réverbère situé à proximité du site. Un mur chauffant, semblable au plancher qu'on pose dans les cages de reptiles, garde la colonie au chaud. Une centaine d'individus peuvent y trouver refuge. La Direction des immeubles a participé à l'installation de l'abri dans le boisé en face de l'aile U du pavillon Roger-Gaudry le 19 septembre.

«Nous travaillons depuis plusieurs années à la mise en valeur et à la protection de la biodiversité sur le campus, et cette initiative fait partie d'un plan de densification des habitats des espèces animales et végétales. Dès l'an dernier, nous avons installé des nichoirs à merlebleus autour des résidences étudiantes et cela fonctionne très bien», mentionne Stéphane Béranger, coordonnateur au développement durable. Il a organisé une marche nocturne à l'occasion du BioBlitz, le 4 octobre, dans le but de faire entendre aux participants les ultrasons émis par les mammifères en vol.

Le champignon blanchit le museau des chauvesouris.On sait que cinq des huit espèces de chauvesouris présentes au Québec ont été observées à Montréal. Les plus abondantes sont la petite chauvesouris brune (Myotis lucifugus) et la grande chauvesouris brune (Eptesicus fuscus). Les deux sont menacées par un champignon parasitaire qui s'accumule autour du museau. Véritable calamité, l'infection peut décimer une population en quelques années. En juillet dernier, le ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs du Québec a publié un communiqué faisant état de la «situation inquiétante» des chauvesouris, en particulier de la petite brune, qui aurait connu un déclin de 90 % en trois ans. On fait appel à la population pour localiser les maternités, soit les endroits où les femelles allaitent leurs petits. «Jusqu'à présent le syndrome du museau blanc a causé la mort d'environ 5,7 à 6,7 millions de chauvesouris dans l'est du continent, soit dans 22 États américains et cinq provinces canadiennes, peut-on lire dans le communiqué. Au Québec, les chiffres sont tout aussi inquiétants. Plusieurs mines et grottes qui abritaient des populations de milliers de chauvesouris durant l'hiver ont été touchées. Aujourd'hui, on compte généralement moins d'une trentaine de chauvesouris par site et, dans certains cas, elles ont même toutes disparu.»

Dans le parc immobilier de l'Université de Montréal, les chauvesouris auraient de plus en plus de difficulté à trouver un lieu où passer de longues périodes, d'où l'idée de leur aménager des abris conçus en fonction de leurs besoins.

Alexandre Beaudoin précise qu'il faudra être patient avant de pouvoir évaluer les résultats de cette intervention. Plusieurs années pourraient être nécessaires avant de voir une colonie adopter le site.

M.-R.S.

 

Développement durable à l'UdeM