«L'engagement social est bon pour la santé»

  • Forum
  • Le 15 octobre 2013

  • Dominique Nancy

Patrice S. César siège au conseil d’administration du Centre communautaire de loisir de la Côte-des-Neiges, qui reçoit le soutien de Centraide. L’appui de Centraide est essentiel, rappelle le diplômé de l’UdeM. L'année 2013 a été riche en rebondissements pour Patrice S. César. Après avoir obtenu son diplôme en droit, ce jeune homme de 26 ans qui a fondé l'Équipe de débat de l'Université de Montréal a remporté le Championnat national de débat oratoire francophone.

 

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Il a aussi été élu premier ministre au Parlement jeunesse du Québec, occupant pendant cinq jours à l'Assemblée nationale le siège de la première ministre du Québec, Pauline Marois. Et le 2 octobre, il a été désigné lauréat au Gala Forces Avenir dans la catégorie Personnalité 1er cycle.

À l'annonce du résultat, M. César s'est dit touché par cette reconnaissance. Modeste, celui qui travaille bénévolement depuis 15 ans auprès des jeunes qui fréquentent le Centre communautaire de loisir de la Côte-des-Neiges affirme que «l'engagement social est bon pour la santé».

Pour ce double diplômé de l'UdeM (science politique en 2009 et droit en 2013), consacrer du temps à une cause ou à une association s'accompagne d'effets bénéfiques sur l'épanouissement personnel. «C'est devenu pour moi un mode de vie», confie M. César en entrevue à Forum. Même si la préparation de ses examens du Barreau du Québec l'occupe beaucoup ces temps-ci, il poursuit ses engagements au Centre communautaire de loisir de la Côte-des-Neiges.

Donner un coup de main

En 2008, Patrice S. César s'est joint au Parlement jeunesse du Québec. L'amateur de danse house et grand sportif y confirme sa passion pour le droit. «En défendant des projets de loi et en écoutant les interventions des autres participants, ça nous force à nous faire des opinions sur différents sujets. Ça permet d'appliquer ce qu'on nous enseigne dans les cours et on apprend à débattre et à structurer ses idées.»

Des ambitions politiques? «Non, merci, répond M. César poliment. La politique, ce n'est pas pour moi.» Mais il aimerait qu'un jour le bénévolat fasse partie de l'ordinaire de la vie d'un plus grand nombre. «Si l'on veut que la société fonctionne, on doit tous donner un coup de main, estime-t-il. C'est aussi un devoir de citoyen.»

Patrice S. César n'avait que 11 ans lorsqu'il a commencé à fréquenter le Centre communautaire de loisir de la Côte-des-Neiges. «Mes parents m'avaient inscrit à un camp de jour et je n'en suis jamais parti», raconte-t-il en riant. Dès l'âge de 15 ans, il a animé et coordonné de nombreuses activités au Centre. «C'est devenu comme ma deuxième famille!» Aujourd'hui, il est membre du conseil d'administration du Centre, où il souhaite contribuer au développement d'une vision axée sur les besoins des jeunes grâce à sa formation et à son expérience sur le terrain. Et il continue d'être un bénévole engagé. Les trois dernières années, il a notamment participé à l'écriture de comédies musicales dont la plus récente sera présentée en mai 2014 par une troupe de jeunes du Centre communautaire au Centre d'essai de l'UdeM.

Centraide

L'origine de son engagement communautaire remonte à ses parents, des immigrants haïtiens qui ont œuvré au Québec à la francisation et à l'alphabétisation des nouveaux arrivants.

Avec plus de la moitié de sa population vivant sous le seuil de la pauvreté, le quartier Côte-des-Neiges est l'un des plus défavorisés de Montréal. Le Centre communautaire de loisir de la Côte-des-Neiges accueille des personnes de toutes provenances sociales, économiques et culturelles et aide une partie des plus démunis.

Outre les activités socioculturelles et sportives, une centaine d'activités de soutien ont été offertes à la communauté en 2012-2013, dont l'aide aux devoirs, l'appui aux immigrants dans leur adaptation et leur intégration à la société québécoise, la halte-garderie, le projet Répit pour familles en difficulté, la formation en informatique, le programme de jumelage Parlons français... Pour l'organisme communautaire d'environ 200 employés soutenus par quelque 480 bénévoles, cela représente près de 27 000 heures de bénévolat.

À sa 36e année d'existence, le Centre gère un budget de 1,5 M$, dont 16 % (237 000 $) des subventions provient de Centraide et le reste des fonds de subventions du gouvernement et de la Ville de Montréal. «Centraide nous assure un financement continu pour soutenir diverses activités, dont le projet Répit et celui du rapprochement interculturel, dit Patrice S. César. Pour nous, son appui est essentiel.»

Dominique Nancy

 

Pour s'inscrire à l'Équipe de débat de l'UdeM : debat.umontreal@gmail.com.

Vous avez jusqu'au 1er novembre pour vous inscrire au Parlement jeunesse du Québec : www.pjq.qc.ca.