Mes années d'école

Des personnalités publiques québécoises nous parlent de leurs "années d'école".

 

"Nul ne peut oublier le prénom de ses premiers maitres ou maitresses, la tristesse accompagnant la sortie du cocon familial, ainsi que les souvenirs indélébiles qui berceront toute la vie devant le temps qui s'enfuit. L'école primaire est le premier véritable lieu de socialisation, celui qui nous procure le premier lien réel à notre histoire et nos racines, qui nous donne rendez-vous avec notre alphabet et notre langue."

Pierre Karl Péladeau
Président du conseil d'administration d'Hydro-Québec
et vice-président du conseil de Québecor

Diplômé en droit (1987)

 

"Mes parents se sont beaucoup privés pour m'envoyer au collège Jésus-Marie de Sillery; j'étais donc déterminée à réussir... mais aussi à changer le système, déjà. C'est à ce moment-là que j'ai acquis les valeurs qui me feraient lutter dans l'avenir pour l'égalité des chances, la justice sociale, l'accès à l'éducation, le soutien aux jeunes dès la petite enfance."

Pauline Marois
Première ministre du Québec

Diplômée de HEC Montréal
(maitrise 1976)

 

 

"Pour la vie, l'école primaire reste fondatrice, primordiale. Enfant de l'exil, réfugiée de la dictature, j'ai pu, avec l'aide de professeurs de Thetford Mines, exorciser les traumatismes, la terreur, la violence, les images de mon père torturé méconnaissable et de ma mère en mode de survie, les silences, la rupture, les espaces et les gestes perdus. Ces professeurs m'ont accueillie et ont compris non seulement le stigmate de la différence, mais aussi sa richesse. Grâce à eux, j'y puise encore la force de toute une vie."

Michaëlle Jean
Ancienne gouverneure générale du Canada (2005-2010)

Diplômée en littérature comparée (1984)

 

"Je ne fus jamais un premier de classe. Je me situais généralement dans la première huitaine sur une classe d'une trentaine d'élèves. Mon père suivait de près mes résultats scolaires par mon bulletin mensuel. Il m'incitait fortement à me rapprocher de la tête, mais il n'en faisait pas une question capitale. Il attachait tout autant d'importance à des succès obtenus dans les diverses matières. D'autre part, la participation à des activités parascolaires lui paraissait très formatrice."

Paul Gérin-Lajoie
Président de la Fondation Paul Gérin-Lajoie et instigateur du ministère de l'Éducation du Québec
Diplômé en droit (1942)

 

"Je garde des souvenirs formidables de mon école primaire, à Saint- Hyacinthe. Mais la période où ma mère a été enseignante suppléante n'a pas été facile! Elle était plus exigeante avec moi qu'avec mes camarades."

Guy Breton
Recteur de l'Université de Montréal

 

 

 

 

"Je dois à l'école primaire que j'ai fréquentée, un jardin d'enfance dirigé par des sœurs, une maitrise du français dont je ne me suis jamais départi et des bases extraordinaires en mathématiques. Pour cela, je leur suis très reconnaissant. Mais l'aspect chaleureux des professeurs était singulièrement absent. Mon fils a connu une formidable école publique. Il y a conçu des maquettes de grands projets et vécu des séances de laboratoire qui ont formé le futur médecin qu'il allait devenir. Et j'ai constaté que les professeurs l'aimaient, ce qui a beaucoup contribué à sa socialisation."

Marc Laurendeau
Journaliste

Diplômé en science politique (maitrise 1973)

 

Propos recueillis par Dominique Nancy

Ces témoignages sont extraits de la revue "Les diplômés" (N°425).