600 bénévoles aiment l'action humanitaire et communautaire

  • Forum
  • Le 4 novembre 2013

  • Mathieu-Robert Sauvé

Jean-Philippe Fortin (responsable), Jean-François Dufresne (conseiller), Fabrice Cangé (accueil) et Martin Rioux (conseiller) forment l'équipe de l'Action humanitaire et communautaire.On les voit dans les corridors à l'occasion des bazars, de la Semaine interculturelle, du Mois de la nutrition et de la Semaine de prévention du suicide, répondant aux questions et aidant les membres de la communauté aux prises avec diverses difficultés.

 

Mais le plus souvent ils travaillent dans l'ombre. Même leur local se trouve entre deux étages, au pavillon du 3200–Jean-Brillant. Ce sont les quelque 600 bénévoles de l'Action humanitaire et communautaire (AHC) de l'Université de Montréal, issus de tous les horizons.

«Sans eux, nous ne pourrions pas fonctionner; ils sont nos mains et nos idées», signale le responsable de ce service, Jean-Philippe Fortin. Lui-même est entré par cette porte à l'AHC alors qu'il était encore étudiant en anthropologie, en janvier 1998. Un déluge de pluie verglaçante s'était abattu sur la région de Montréal et le CEPSUM était devenu un centre d'hébergement d'urgence.

En collaboration avec des nutritionnistes du Centre de santé et de consultation psychologique, l'Action humanitaire et communautaire compte un volet alimentation qui «célèbre les plaisirs de la table» pour amener les étudiants à adopter de bonnes habitudes culinaires. Le service favorise l'intégration avec le programme Passerelle pour les nouveaux étudiants (on comptait l'an dernier 163 parrains et 365 parrainés), valorise les échanges entre les cultures par la Semaine interculturelle et vient en aide aux étudiants qui rencontrent des problèmes financiers. Dans ce dernier volet, le Grand Bazar étudiant, le Programme études-famille et la Campagne des paniers de Noël (voir l'encadré) offrent un répit à ceux et celles qui éprouvent des difficultés matérielles. Dans le volet psychosocial, le Kiosque écoute-référence permet de prévenir les problèmes de santé mentale comme l'anxiété, le suicide, le harcèlement et les troubles alimentaires. La solidarité et la coopération internationale ne sont pas laissées-pour-compte, car l'Atelier Nord-Sud offre depuis 25 ans l'occasion de sensibiliser la communauté universitaire aux défis de la mondialisation. Enfin, l'AHC encourage l'initiative étudiante dans sa Maison de la solidarité, qui héberge bon an, mal an de 15 à 20 groupes d'intérêts.

Popote et paniers de Noël

Les duels culinaires, une activité offerte depuis trois ans en collaboration avec le secteur de la nutrition du Centre de santé et de consultation psychologique, connaissent un boum de popularité cette année. À la manière des populaires émissions de cuisine à la télévision, deux équipes de cuistots s'affrontent devant une classe, immédiatement après un cours. Elles partent avec le même bac d'ingrédients et doivent confectionner en 20 minutes un plat nutritif et savoureux. L'auditoire vote pour la meilleure équipe. Dix duels seront organisés durant l'année. La Bouffe en direct, une formule semblable, est présentée pendant la Semaine interculturelle. Les participants ont pu découvrir des spécialités comme la soupe de saumon finlandaise et les tortillas de pommes de terre espagnoles. «Beaucoup de nos projets naissent des idées exprimées par les étudiants», mentionne M. Fortin.

Ainsi a vu le jour la Popote étudiante, qui permet aux étudiants de se familiariser avec des cuisines du monde. L'an dernier, 67 participants ont pu «développer leur talent culinaire» tout en apprenant à maitriser les bases de la cuisine et à gérer un budget d'épicerie.

Le groupe d'achat Bonne boite, bonne bouffe (588 participants l'an passé) répond également à un besoin. Toutes les deux semaines, les personnes inscrites passent chercher au local de l'AHC un panier rempli de fruits et légumes pour un prix modique (de 7 à 16 $ par panier). On a distribué l'année dernière plus de 2550 de ces paniers grâce à l'organisme Moisson Montréal.

Expérience professionnelle

Syndiqués, les 20 étudiants qui composent l'équipe de l'Action humanitaire et communautaire reçoivent leur mandat en début d'année et sont les maitres d'œuvre de leur projet. Ils coordonnent les équipes de bénévoles, établissent les échéanciers et voient au respect des objectifs. «Nous leur offrons un milieu de travail où ils développent l'autonomie professionnelle. C'est une dimension importante de l'engagement communautaire. Qu'ils soient employés, bénévoles ou les deux à la fois, les étudiants qui passent par l'AHC trouveront un encadrement pour expérimenter leurs aptitudes professionnelles et exercer leur leadeurship. Un atout durant leurs études qui sera loin d'être négligeable sur le marché du travail.»

Dans le rapport annuel du service, Mathilde Rossi, qui a été bénévole au Grand Bazar étudiant, à la Campagne des paniers de Noël et à la Semaine interculturelle, témoigne des retombées positives de son action pour sa formation. «Les activités philanthropiques à l'AHC se passent chaque fois dans une ambiance joyeuse et festive. Dans le cadre de la soirée de clôture de la Semaine interculturelle, j'ai même eu l'occasion d'aider à la réalisation d'un défilé de mode. Pour une personne étudiant en communication et songeant à travailler dans l'évènementiel, cela a été une expérience incroyable.»

Mathieu-Robert Sauvé

 

 

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