À qui bénéficie l'évaluation en cours de trimestre?

  • Forum
  • Le 4 novembre 2013

  • Dominique Nancy

Un sondage mené en 2009 auprès de 1000 professeurs et chargés de cours de l'Université de Montréal sur les pratiques de la rétroaction en cours de trimestre révèle que 90 % des répondants considèrent les retombées de l'exercice comme «très» ou «plutôt» positives. Il aurait un effet bénéfique sur le climat de la classe.

 

«Le fait de discuter du contrat didactique et de clarifier les attentes mutuelles permet d'améliorer les relations entre enseignants et étudiants, affirme Frédéric Lapointe, conseiller en évaluation au Bureau d'évaluation de l'enseignement et des programmes d'études. Une bonne utilisation de la rétroaction en cours de trimestre augmente généralement la satisfaction des étudiants à l'égard du cours ainsi que les résultats de l'évaluation de l'enseignant en fin de session.»

Le but d'une telle démarche est de permettre au professeur de connaitre les points forts et les points faibles de son cours afin qu'il puisse apporter les modifications qui s'imposent avant la fin du trimestre. Les étudiants peuvent ainsi profiter immédiatement des améliorations introduites à la suite de leurs suggestions.

Selon Frédéric Lapointe, cet exercice n'est pas marginalisé à l'UdeM. «Quelques centaines de professeurs et de chargés de cours le font en vue d'améliorer leur enseignement et l'apprentissage de leurs étudiants, dit-il. Mais ce n'est pas encore une pratique majoritaire chez les enseignants.» Certains n'en ressentent pas le besoin, puisque ce sont des pédagogues aguerris qui discutent déjà avec leurs étudiants de façon informelle. D'autres s'y livrent systématiquement à chaque trimestre comme le préconise la Fédération des associations étudiantes du campus de l'UdeM.

«L'Université a adopté en 2006 un avis sur la question qui lui sert de politique pour insister sur la nécessité que la démarche doit être réfléchie, volontaire et souple», indique Frédéric Lapointe.

Dans les ateliers qu'anime M. Lapointe et à l'occasion de consultations individuelles, il y a de plus en plus d'enseignants qui se demandent comment mettre en pratique l'évaluation formative de l'enseignement en cours de session. «Ils s'interrogent sur la meilleure manière d'obtenir une rétroaction sur leur enseignement: celle-ci doit-elle porter sur le cours dans son ensemble ou ne concerner que certains de ses aspects comme son organisation, son déroulement ou encore le matériel pédagogique?»

Généralement, l'évaluation en cours de trimestre a lieu entre la quatrième et la huitième semaine de cours.

La collecte de l'information durant l'échange organisé avec les étudiants peut prendre trois formes: le questionnaire (imprimé ou en ligne, questions ouvertes ou fermées) le groupe de discussion et le comité de liaison constitué de quelques étudiants. Quel que soit le moyen utilisé pour obtenir la rétroaction, il est important de préciser aux étudiants à quoi serviront leurs commentaires, signale Frédéric Lapointe. «Les attentes seront ainsi plus réalistes quant aux éléments possibles à corriger d'ici la fin de la session.»

Il rappelle également la nécessité de rendre compte des résultats assez rapidement, soit dans le cours qui suit l'évaluation. Il ne faut pas omettre non plus de communiquer aux étudiants les modifications qui seront effectuées immédiatement, de même que celles qui ne le seront pas ou qui feront l'objet de la prochaine mouture du cours. Car s'il est possible de remettre le cours sur ses rails grâce à cet exercice, il n'est pas recommandé au professeur d'apporter des changements majeurs au milieu d'un trimestre. «Ce n'est pas une bonne idée de démonter un avion pour le rebâtir en plein vol», prévient M. Lapointe.

Dominique Nancy