Les étudiants en médecine vétérinaire soignent les animaux des jeunes de la rue

  • Forum
  • Le 4 novembre 2013

  • Paule Des Rivières

La Clinique des animaux des jeunes de la rue tiendra 12 consultations cette année. (Image: Richard Bourassa)Les soins que les étudiants en médecine vétérinaire prodiguent aux animaux des jeunes de la rue sont désormais intégrés officiellement à la formation des futurs vétérinaires: tous vont faire leur tour dans la roulotte du père Emmett «Pops» Johns.

 

Inaugurée il y a 13 ans, la Clinique des animaux des jeunes de la rue de la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal a rapidement séduit tous les étudiants, qui étaient impatients d'y participer. «Les étudiants y reçoivent une leçon de vie», observe la marraine du projet, la Dre Diane Blais.

Résumons. Chaque mois, une équipe constituée d'un étudiant de troisième année de la faculté, d'un étudiant en techniques en santé animalière du cégep de Saint-Hyacinthe et d'un vétérinaire se rend au local adjacent à la roulotte du père Emmett Johns, rue Ontario, pour y soigner les animaux des jeunes de la rue.

«À l'été 2000, nous avons reçu un appel du père Pops: il s'inquiétait de la mort de plusieurs chiens, qui étaient frappés, on l'a su par la suite, par le parvovirus», raconte Mme Blais. La consultation inopinée s'est graduellement muée en véritable engagement et le nombre d'animaux  examinés pendant les visites est passé d'une quinzaine à souvent plus de 30 chaque fois. Les équipes – au nombre de huit pour autant de tables d'examen – font des examens et de la vaccination,  traitent les parasites, les maladies de peau et d'oreilles et tous les autres bobos usuels.

Au début, le père Emmett Johns avait bien avisé les étudiants et vétérinaires de ne pas parler de stérilisation des bêtes, car les jeunes de la rue vendent les portées de leurs animaux. Mais aujourd'hui ce sujet n'est plus tabou et il arrive que l'équipe de la faculté dirige les jeunes vers des vétérinaires sensibles au sort des animaux de la rue et de ce qu'ils représentent pour leur propriétaire. «Tout le monde a embarqué dans le projet», s'ébahit Mme Blais. Ainsi, Pfizer donne des médicaments et Mondou de la nourriture.

«Le chien, le chat, le rat et même le lapin, c'est comme une couverture, c'est une protection quand ils squattent. C'est souvent ce qui compte le plus pour eux», signale Diane Blais, dont le mari et la fille sont tous deux vétérinaires. Le premier a longtemps été bénévole à la clinique et sa fille vient de prendre la responsabilité de l'activité pour les 12 consultations de 2013-2014.

«Pour la faculté, c'est une cause, résume Mme Blais. Nous nous rapprochons des jeunes de la rue avec notre passion commune pour les animaux.»

Paule des Rivières

 

 

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