Une revue favorise la réussite scolaire des élèves

  • Forum
  • Le 4 novembre 2013

  • Dominique Nancy

Isabelle Montésinos-Gelet (à gauche) et Marie Dupin de Saint-André ont créé la revue Le Pollen, consacrée à l'enseignement du français par la littérature jeunesse.Un dossier sur la poésie, des ressources pour mieux connaitre la littérature jeunesse, la présentation d'une centaine d'œuvres et de collections, des suggestions d'activités pédagogiques, le portrait de trois auteures et illustratrices, une chronique sur l'univers des mangas...

 

Voilà un aperçu du dernier numéro de la revue Le Pollen, lancée par Isabelle Montésinos-Gelet et Marie Dupin de Saint-André, respectivement professeure au Département de didactique et coordonnatrice du Centre de diffusion et de formation en didactique du français de l'Université de Montréal.

«Consacrée à l'enseignement du français à partir de la littérature jeunesse, Le Pollen s'adresse principalement aux enseignants du préscolaire et du primaire. Mais les conseillers pédagogiques, les étudiants en sciences de l'éducation ainsi que les bibliothécaires et les documentalistes peuvent aussi y trouver de l'information utile, fait valoir la corédactrice en chef Mme Montésinos-Gelet. L'objectif principal de la revue est de soutenir les intervenants du monde de l'éducation dans l'utilisation qu'ils font de la littérature jeunesse afin de développer les compétences en français des élèves.»

Souvent débordés, les enseignants peinent à élaborer du matériel et des activités pédagogiques pour enrichir leur travail. Avec Le Pollen, ils ont tous les outils pour étoffer leur enseignement et pour y intégrer différentes matières, dont les arts, l'univers social, l'éthique, les mathématiques et la science.

La revue, qui a pris son envol en mars 2012, compte déjà près de 1000 abonnés et répond à un besoin dans le milieu de l'enseignement. En témoignent les commentaires élogieux qui figurent sur le site Internet de la publication. «Cette revue est une mine d'or avec la multitude d'activités proposées et je m'en suis beaucoup inspirée pour planifier mon année», écrit une enseignante. «Les outils transmis alimentent la curiosité et stimulent l'envie d'organiser des projets. C'est très complet. Je ne crois pas que nous ayons d'équivalent au Québec», affirme pour sa part une bibliothécaire scolaire.

Réseaux, chroniques et coups de cœur

Les didacticiennes du français ont choisi le nom de leur publication d'après les mots de l'écrivain Lin Yutang, qui dit: «Un auteur favori ou un amour littéraire est le pollen d'une âme.»

Dans cette revue électronique trimestrielle, on trouve une présentation de divers ouvrages destinés aux jeunes et des idées pour leur exploitation en classe. «Toutes les propositions reposent sur des travaux de recherche et vont dans le sens du Programme de formation de l'école québécoise et de la Progression des apprentissages du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport», précise Marie Dupin de Saint-André.

Parmi les particularités de la publication: un regroupement d'œuvres pour chaque cycle du primaire. Ces «réseaux», comme ils sont appelés, permettent d'«éclairer un questionnement sur un auteur, un personnage, une technique littéraire, un genre, une collection, l'intertextualité...» Par exemple, pour les petits du premier cycle, Mmes Montésinos-Gelet et Dupin de Saint-André ont choisi dans le dernier numéro de faire un tour d'horizon des collections relatives à la poésie et de présenter quelques titres judicieux.

Elles proposent des livres de comptines et des recueils de poèmes dont les mots ont des caractéristiques sonores (syllabes, rimes, voyelles, consonnes) qui favorisent le développement de la conscience phonologique des élèves. Un tableau descriptif définit d'abord les termes du champ lexical de la poésie: vers, prose, rime, césure, prosodie, strophe, sonnet, etc. Puis, plusieurs activités sont suggérées aux enseignants en vue d'exercices à faire en classe.

Outre les diverses chroniques, chaque édition du Pollen présente les coups de cœur d'un auteur et l'univers de ce créateur. Une liste des manifestations à venir liées à la littérature jeunesse au Québec de même que la programmation des ateliers du Centre de diffusion et de formation en didactique du français de l'UdeM sont également offertes aux lecteurs.

Des analyses et des réflexions sur la lecture ont pour but d'amener les enseignants à réfléchir sur leurs pratiques et sur le rôle de la littérature jeunesse dans celles-ci.

Enrichir l'enseignement au primaire

«De plus en plus d'enseignants ont recours à des œuvres littéraires à des fins pédagogiques, souligne Marie Dupin de Saint-André. Plusieurs recherches ont démontré que cette approche conduit les élèves à améliorer leurs compétences en français, en plus d'accroitre leur motivation à lire et la qualité de leurs écrits.»

Pour étayer ses propos, elle cite les données de l'enquête 2012 du Programme international de recherche en lecture scolaire. Selon cette étude, les élèves de quatrième année de la Colombie-Britannique sont les plus compétents en lecture au Canada. Près de 80% des écoles primaires de cette province auraient recours à la littérature jeunesse comparativement à 36% au Québec. Il y a donc encore place à l'amélioration.

«Dans une faculté professionnelle, c'est important d'épauler les enseignants afin qu'ils deviennent de plus en plus compétents, estime la professeure Montésinos-Gelet. Ce sont des généralistes qui enseignent diverses disciplines. Chaque jour, ils doivent être des modèles, aider, encourager, être créatifs, savoir capter l'attention. Tout cela demande beaucoup d'énergie, de volonté, de persévérance et de soutien. C'est ce que notre revue offre: un soutien pour enseigner en prenant appui sur des œuvres inspirantes.»

La revue Lurelu qualifie la publication de Mmes Montésinos-Gelet et Dupin de Saint-André d'«outil riche pour les enseignants». «Voilà une revue débordante d'informations, de réflexions pertinentes, bien menées, claires et accessibles, complétées par des hyperliens menant vers des ressources connexes.»

Dominique Nancy