Automne faste pour Les Presses de l'Université de Montréal

  • Forum
  • Le 11 novembre 2013

  • Mathieu-Robert Sauvé

L'islam et le cancer du sein sont des sujets de l'heure et Les Presses de l'Université de Montréal (PUM) publient d'importants ouvrages sur ces enjeux. La théologienne Géraldine Mossières s'est intéressée aux Québécoises devenues musulmanes et l'oncologue André Robidoux offre des «raisons d'espérer» en matière de cancer gynécologique.

 

Si l'on ajoute les titres parus au cours des derniers mois, ce sont plus de 33 nouveautés que les PUM offrent aux rayons des librairies du Québec.

«La plupart de nos publications sont des livres pointus, mais, chaque fois que cela est possible,  nous essayons d'ouvrir ces sujets à un public connaisseur qui ne maitrise pas nécessairement le sujet», commente le directeur général Antoine Del Busso, qui est aux commandes des PUM depuis 1998. Reconnu comme une des figures dominantes de l'édition québécoise, où il s'illustre depuis plus de 40 ans, M. Del Busso se dit heureux d'occuper le créneau des presses universitaires, qui occupe une place particulière dans le monde de l'édition.

«Nous développons une vraie relation avec les auteurs en leur proposant la meilleure façon de joindre les lecteurs. C'est un accompagnement très apprécié. Il nous arrive aussi de solliciter des auteurs qui n'avaient pas pensé à écrire», mentionne pour sa part Nadine Tremblay, qui assure la direction de l'édition. En d'autres termes, ce n'est pas aux PUM qu'on destine sa thèse ou son mémoire en pensant que le document sera publié tel quel. «On n'écrit pas de la même façon si l'on s'adresse à son directeur de recherche ou à un lecteur extérieur, indique Mme Tremblay. Il y a bien sûr de la place pour les travaux universitaires, mais à condition de les retravailler sous une forme plus accessible.»

Ouragan numérique

Le monde de l'édition est actuellement aspiré par la révolution numérique et les PUM voient là un défi à relever. «Pour nous, c'est l'occasion d'offrir aux lecteurs des versions multimédias ou augmentées de leur exemplaire imprimé. Un exemple? Les œuvres d'Anne Hébert, publiées dans la collection Bibliothèque du Nouveau Monde des PUM, pour laquelle l'éditeur a placé les variantes – genèse et notes explicatives – sur le Web. Ainsi, tous les commentaires et les versions manuscrites de l'auteure deviennent accessibles. On peut aussi penser aux 250 pages de bibliographie d'un imposant ouvrage de médecine. Il peut ne pas être indispensable d'intégrer toutes ces notes dans la version papier.

De retour d'un salon du livre à Francfort, Antoine Del Busso a pu constater que les stratégies d'adaptation varient d'un pays à l'autre. Alors que les États-Unis passent résolument du côté du livre électronique, l'Allemagne y est encore plutôt réfractaire. Au pays d'Angela Merkel, on achète encore beaucoup d'imprimés. «Le livre électronique ne dépasse pas un pour cent des ventes et les éditeurs allemands sont florissants et novateurs, car ils sont favorisés par une longue tradition du livre. La foire du livre allemand fait environ quatre fois la superficie du Salon du livre de Montréal», illustre-t-il comme exemple.

Le numérique offre aussi la possibilité de pouvoir réimprimer les ouvrages de façon rapide et économique. «L'évolution des ventes est très facile à suivre de nos jours, ce qui nous offre l'occasion de nous adapter. Le tirage initial est plus faible, mais il y a moins de pilonnage», résume l'éditeur. Les meilleurs vendeurs dépassent les 5000 exemplaires.

Mathieu-Robert Sauvé

 

Les Presses de l'Université de Montréal (PUM)