Une chaire de l'UdeM propose des modèles pour orienter les politiques de transport

  • Forum
  • Le 18 novembre 2013

  • Mathieu-Robert Sauvé

Les politiques sur le transport doivent s’appuyer sur les modes de vie concrets des populations, sinon elles ne sont pas efficaces. Vous sortez de chez vous, sautez sur un Bixi jusqu'à la station de métro où, cinq arrêts plus loin, vous franchissez la distance qui vous sépare de votre bureau en autobus. Vous ne le saviez peut-être pas, mais on a tenté de prévoir votre comportement.

 

«La mobilité des personnes fait l'objet d'intenses recherches dans notre secteur. Nous concevons des modèles de prédiction du comportement des usagers dans le but d'évaluer l'effet d'un changement dans le réseau. Ce problème est difficile parce que chaque individu a sa perception du plus court chemin possible. De plus, le nombre de possibilités dans un réseau est grand», mentionne Emma Frejinger, titulaire de la Chaire CN en intermodalité des transports de l'Université de Montréal.

En poste depuis moins d'un an, après des études à Lausanne, en Suisse, et à Linköping, en Suède, son pays d'origine, Mme Frejinger est à mettre en place un réseau de chercheurs qui s'engageront dans la mise au point de modèles applicables aux déplacements des personnes et des marchandises. Le transport du pétrole, qui a fait couler beaucoup d'encre depuis le drame de l'été dernier à Lac-Mégantic, pourrait être un sujet pour ce groupe d'experts. «Je ne prendrai pas position sur le pipeline ou sur la voie ferrée», explique la chercheuse, qui est rattachée au Département d'informatique et de recherche opérationnelle de l'UdeM.

Bernard Gendron, directeur du Centre interuniversitaire de recherche sur les réseaux d'entreprise, la logistique et le transport (CIRRELT), a invité Mme Frejinger à participer à un projet de recherche en collaboration avec l'organisme Contrôle routier du Québec. Comment faire pour maximiser la couverture du territoire par des points de contrôle et des véhicules de patrouille afin d'intercepter le plus de contrevenants possible? Voilà le type de questions qui intéressent le CIRRELT.

Comme axe de recherche à venir, la titulaire de la Chaire CN en intermodalité des transports veut cibler des problèmes réels comportant des défis scientifiques avec le concours de chercheurs, d'entreprises et d'organismes publics. «Je souhaite établir de nouvelles coopérations, en particulier sur le plan national», dit-elle.

Un colloque réussi

Moins d'une année après son déménagement à Montréal, la chercheuse formée en génie industriel et en mathématiques, qui a travaillé pendant quatre ans à l'Institut royal de technologie de Stockholm, a organisé un colloque pour lancer les activités de sa chaire. Des chercheurs de l'UdeM étaient présents, de même que des collègues de l'Université Laval et de l'UQAM. En plus des professeurs et étudiants, il y avait des représentants des ministères provincial et fédéral des Transports et de l'Agence métropolitaine de transport.

Des membres du Canadien National étaient aussi sur place. «Ça a été l'occasion de créer des liens très utiles pour nos travaux futurs», commente Mme Frejinger.

Pour la spécialiste de la recherche opérationnelle, la vie à Montréal était un choix logique, car son conjoint, Étienne Robert, professeur adjoint au Département de génie mécanique de Polytechnique Montréal, est originaire de la métropole. Ils ont trois enfants âgés de un, trois et cinq ans.

C'est au cours d'un programme d'échanges en Suisse, durant son baccalauréat, qu'elle a appris les rudiments du français. Elle a eu le coup de foudre pour cette langue très peu parlée en Europe du Nord. La rencontre d'un Québécois, pendant ses études, a fait le reste.

Ce qu'elle apprécie particulièrement dans son pays d'adoption, c'est de pouvoir former des groupes de recherche capables de collaborer tant sur le plan scientifique que sur celui de la recherche de subventions.

Mathieu-Robert Sauvé