Vient de paraitre : Raconte-moi ton chemin innu!

  • Forum
  • Le 18 novembre 2013

  • Dominique Nancy

Stanley Vollant aime s’adresser aux jeunes élèves des Premières Nations afin de leur faire réaliser l’importance des études.«Regardez Stanley, c'est un bon petit gars. En forêt, il a du courage et de la détermination. Il est très intelligent. Vous savez, mon fils ira à l'aniversité [sic]. Il ira à l'école des avocats et il reviendra défendre nos droits. Vous verrez, ce garçon va nous surprendre.»

 

Ces paroles du grand-père de celui qui deviendra le premier chirurgien autochtone du Québec sont rapportées dans le livre Dr Stanley Vollant: mon chemin innu, un récit biographique que consacre Mathieu-Robert Sauvé au médecin. La jeunesse, l'œuvre, les moments de gloire comme les épreuves de cet homme considéré par certains comme un héros sont présentés avec une écriture précise dans cet ouvrage publié aux Éditions MultiMondes.

Le journaliste de Forum y relate les origines modestes du Dr Vollant. «Destiné à l'adoption dans un orphelinat, il a été élevé par son grand-père, un trappeur analphabète, dans un village de la Côte-Nord du Québec, à Pessamit, où vivent près de 3000 Innus et où sévissent des problèmes sociaux telles la violence familiale et la toxicomanie. Autant dire qu'il n'était pas parti dans la vie pour réussir.»

L'ouvrage de 138 pages s'ouvre sur un épisode sombre de sa vie: «Il tient une carabine pointée vers sa bouche et s'apprête à appuyer sur la gâchette. [...] Dans le noir, il aperçoit la photo de ses deux filles souriantes. Son fils Xavier y figure également. Le suicide peut soulager le désespoir d'un homme; il ne comblera pas le besoin des enfants. Leur besoin d'affection, de soutien, d'amour. Leur besoin d'avoir un père vivant. Il prend une grande respiration, désamorce le fusil et le replace dans son armoire sécurisée. Il décide de remettre sa vie en ordre.»

C'est cet épisode, apprend-on, qui est à l'origine du projet Innu Meshkenu, une marche de 6000 kilomètres sur les chemins foulés par ses ancêtres qu'a entreprise le Dr Vollant en 2010. L'objectif de ce pèlerinage qui se terminera en 2015 est de rencontrer des jeunes des Premières Nations pour les sensibiliser à l'importance des études et de saines habitudes de vie.

Chemin faisant, celui qui a été nommé l'un des «quarante médecins qui ont fait l'histoire» par le magazine québécois L'Actualité médicale s'arrête dans toutes les écoles primaires et secondaires qui veulent l'accueillir. «Stanley Vollant veut inciter les élèves à croire en leurs rêves. Il leur met un stéthoscope au cou et les encourage à poursuivre leurs études. Mine de rien, ça les motive!» affirme Mathieu-Robert Sauvé, qui a marché plus de 500 kilomètres en sa compagnie dans le nord du Québec.

Le journaliste rappelle l'importance sociale des initiatives prises par le Dr Vollant. «Par exemple, il a créé les miniécoles de médecine pour stimuler les jeunes à choisir des carrières en santé, dit-il. C'est toujours un évènement dans la communauté. Et pour les étudiants de l'UdeM, c'est une activité mémorable.»

À l'approche de ses 50 ans, le chirurgien et responsable du volet de la santé autochtone à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal veut que son peuple soit fier de ses traditions, mais il l'invite aussi à s'enrichir de la culture contemporaine. À ses compatriotes autochtones touchés par la problématique du suicide, il parle sans honte de son expérience personnelle. «Ça lui permet de dire qu'il existe toujours une deuxième chance dans la vie et que les obstacles ne sont jamais infranchissables... sauf dans notre tête», écrit l'auteur, qui signe ici son huitième ouvrage.

Aux yeux de Mathieu-Robert sauvé, Dr Stanley Vollant: mon chemin innu est plus qu'un récit biographique. Ce livre se veut un «outil social». «La vie du Dr Vollant doit servir d'inspiration à tous ceux qui traversent des moments difficiles, Blancs comme autochtones.»

Dominique Nancy

 

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