La salle Claude-Champagne est remise à neuf

  • Forum
  • Le 25 novembre 2013

  • Mathieu-Robert Sauvé

L'acoustique est améliorée, un nouveau plancher couvre la scène et de nouveaux fauteuils ont été installés. (Crédit: Andrew Dobrowolskyj)Accueillant quelque 100 000 mélomanes par année avec ses 150 concerts, sans compter les répétitions quasi quotidiennes, la salle Claude-Champagne de la Faculté de musique de l'Université de Montréal a été remise à neuf.

 

Les rénovations de la salle de 950 places ont duré quatre mois et nécessité un investissement de 2,3 M$. «Nous avons préservé l'acoustique, qui a fait la réputation de cette salle, signale Madeleine Bédard, directrice des affaires publiques de la Faculté de musique. L'altération de cette caractéristique exceptionnelle était notre grande crainte.»

Le chef de l'Orchestre de l'Université de Montréal, Jean-François Rivest, va plus loin et estime que la salle en sort améliorée. Avec la Maison symphonique et le palais Montcalm, la salle Claude-Champagne figure à son avis parmi les trois meilleures de sa catégorie, au Québec, pour la musique de grands ensembles. «Il y a trois éléments qui comptent dans la qualité d'une salle de concert: la création du son, la transmission du son et la résonance. Dans les trois cas, il y a un gain», observe le musicien qui s'est produit pour la première fois dans ce lieu comme violoniste soliste à l'âge de 11 ans. Il avait joué un concerto de Ferdinand Küchler à l'occasion d'un concours où il avait ravi la première place. M. Rivest a orchestré la rénovation de la salle avec l'acousticien Jean-Pierre Legault.

Construite en 1961 à la demande des Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie, la salle Claude-Champagne, du nom d'un compositeur canadien (1891-1965), demeure à ce jour l'une des seules salles québécoises exclusivement consacrées à la musique. L'immeuble dessiné par l'architecte Félix Racicot n'est pas officiellement un bâtiment patrimonial reconnu par Québec, mais les responsables des rénovations ont tenu à en respecter le style. «Nous avons gardé le plus d'éléments d'origine possible. Ainsi, de part et d'autre de la scène, les loges et les studios d'enregistrement avec leurs fenêtres en forme de demi-bulle caractérisent le langage architectural des années 60. Il était important de conserver ce style», explique Marie-Josée Thériault, gestionnaire de projet à la Direction des immeubles.

Mme Thériault souligne la participation de M. Rivest au comité de sélection pour le choix des fauteuils. «Ses connaissances en environnement sonore et son engagement avec M. Legault ont été très appréciés par la Direction des immeubles», dit-elle.

Soulever trois pianos

(Crédit: Andrew Dobrowolskyj)Pour les spectateurs, les changements ne sautent pas aux yeux. Une grande partie des travaux ont été faits sur la scène, où un nouveau plancher multicouche fini en bois de chêne couvre toute la surface. Sous celle-ci, une plateforme élévatrice de scène a été restaurée. Grâce à une technologie locale, les plateaux de l'ascenseur ont désormais la capacité de soulever trois pianos à queue. «Nous ne pouvons pas effectuer des changements de décors comme à Broadway, mais une certaine flexibilité est désormais possible dans la production de certains opéras par exemple», reprend Mme Thériault. L'installation de herses, dont une, immense, fait la largeur du balcon, permettra le déploiement d'un éclairage scénique de nouvelle génération. À cause de l'espace réduit dans l'entreplafond et de la hauteur de l'intervention à plus de 11 mètres du parterre, la mise en place de cette herse était à elle seule tout un défi. «La satisfaction était palpable au sein de l'équipe lorsque sa pose a été complétée», relate-t-elle.

Jean-François Rivest, qui a eu plusieurs occasions d'apprécier la salle rénovée, est enchanté des nouvelles installations. «Pour les musiciens, le plancher plus clair de la scène donne l'impression d'un son plus clair, plus cristallin. Aussi, les nouveaux fauteuils, plus sombres, donnent une nouvelle intimité.»

Pier-Olivier Lepage, employé chez CGA Architectes, a dirigé les travaux de rénovation. La réussite du projet repose également sur les bureaux d'ingénieurs et de consultants spécialisés: la firme Calculatec (structure); Charland Dubé Robillard Experts-conseils (électricité); Prisma-Scène (multimédia) et MCI pour le respect du code de construction concernant la plateforme restaurée. L'entrepreneur général de construction était Cosoltec.

Mme Thériault fait remarquer que les échéanciers ont été respectés à la lettre. «C'était un critère fondamental pour permettre l'organisation des concerts figurant dans la programmation de la faculté», indique-t-elle.

Au cours des quatre dernières années, l'UdeM a investi 6,4 M$ dans le pavillon de la Faculté de musique.

Mathieu-Robert Sauvé