Les étudiants en situation de handicap sont de plus en plus nombreux dans les classes

  • Forum
  • Le 2 décembre 2013

  • Mathieu-Robert Sauvé

L'an dernier, l'Université de Montréal comptait 650 étudiants en situation de handicap. «Nous accueillons de plus en plus de personnes présentant un trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité.

 

Elles représentent aujourd'hui environ 40% de notre clientèle», mentionne le responsable du Soutien aux étudiants en situation de handicap (SESH), Nicolas Fortin. Le service relève du Centre étudiant de soutien à la réussite (CESAR).

Les professeurs et chargés de cours doivent tenir compte de ces nouvelles réalités dans la gestion de leurs classes. «Quand il s'agit de s'inscrire à l'Université de Montréal, les étudiants en situation de handicap répondent aux mêmes critères d'exigence que ceux sans handicap», précise le titulaire d'un baccalauréat et d'une maitrise en orientation qui dirige le service depuis 2012, en plus d'être lui-même conseiller.

Pour Nicolas Fortin, il est tout simplement impensable de ne pas accommoder ces étudiants qui ont les mêmes droits que tout le monde. «Notre seul défi, pour l'avenir, est de parvenir à gérer la croissance.»

Dans le cas des personnes à mobilité réduite, l'activité d'enseignement est peu touchée, car les immeubles de l'UdeM sont en général adaptés aux besoins particuliers de cette clientèle. Mais pour les personnes aux prises avec des troubles déficitaires de l'attention (20% des étudiants en situation de handicap), des troubles d'apprentissage (15%) ou un problème de santé mentale (15%), les aménagements peuvent être multiples. «Chez une personne souffrant d'anxiété généralisée, par exemple, la seule présence d'un autre étudiant à ses côtés peut nuire à sa concentration durant un examen. Il faut l'isoler dans un local, ce qui occasionne des couts de surveillance.»

D'autres personnes auront besoin de plus de temps que celui normalement alloué pour un examen. M. Fortin évoque un cas qu'il a justement réglé tout récemment: une jeune femme désirait deux allongements de ses périodes d'examen le même jour, mais les épreuves se seraient chevauchées. Il a donc dû obtenir des professeurs, en plus des allongements, une reprise à une date ultérieure. Au cours d'une seule journée du mois d'octobre dernier, 99 examens ont dû être aménagés de façon particulière par l'équipe du SESH. L'unité fait face à une augmentation record de demandes d'accommodements pour les examens.

Pour être admissible aux services du SESH – et à l'aide financière du ministère dans les cas qui s'appliquent –, l'étudiant doit être évalué de façon professionnelle. C'est à la psychologue Dania Ramirez, du CESAR, que le SESH adresse les demandes. Cette évaluation permettra aux conseillers (Baudouin Cardyn, Nissim Louis et Judith Proulx complètent l'équipe) d'orienter l'étudiant vers les ressources correspondant à ses besoins.

Au SESH, on offre des outils pour la lecture et l'écriture, et certains sont impressionnants. Le crayon enregistreur, par exemple, permet à l'étudiant de prendre ses notes tout en gardant en mémoire l'enregistrement audio; en repassant ses notes sur la feuille, l'étudiant réentend le professeur. La reconnaissance optique de caractères est une autre technologie étonnante. Grâce à un procédé informatique, les lettres captées sur une image sont transformées en texte. On peut ensuite écouter ce texte grâce à un autre logiciel qui transforme l'écrit en sons.

Le service propose en outre des ateliers sur le matériel adapté, les bourses d'études, la gestion du budget et les programmes d'allocations financières. Il travaille aussi en étroite collaboration avec le Soutien à l'apprentissage.

Nicolas Fortin insiste pour dire que les personnes en situation de handicap constituent une population qualifiée et très compétente. «On parle rarement de leurs qualités. Je peux vous dire qu'elles sont souvent très déterminées et dévouées. Peut-être parce qu'elles sont habituées à surmonter des épreuves et à contourner les obstacles que la vie a posés sur leur chemin...»

Mathieu-Robert Sauvé