Simon-Pierre Chevarie-Cossette remporte une bourse Rhodes

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  • Le 9 décembre 2013

Simon-Pierre Chevarie-CossettePartir étudier à l'étranger et, qui plus est, dans l'une des universités les plus renommées du monde, Oxford en Angleterre, voilà le rêve de bien des étudiants.

 

Ce sera bientôt une réalité pour Simon-Pierre Chevarie-Cossette!

Cet étudiant du Département de philosophie de l'Université de Montréal figure en effet sur la liste des 11 Canadiens qui ont obtenu une bourse Rhodes cette année. Perpétuant la mémoire de Cecil Rhodes, magnat du diamant à la fin du 19e siècle, cette bourse est considérée comme la récompense la plus prestigieuse pour les étudiants diplômés dans le monde. Elle offre à ses lauréats la possibilité d'étudier deux ou trois ans dans cette université régulièrement classée parmi les 10 meilleures de la planète.

On compte chaque année beaucoup de candidats à cette bourse mais peu d'élus. Les critères de sélection sont en effet exigeants, centrés à la fois sur l'intellect, le caractère, le leadeurship et l'engagement dans la communauté.

La poursuite d'un idéal

Engagé. Voilà un adjectif qui caractérise bien la personnalité de ce jeune homme de 23 ans. Depuis cinq ans, il travaille bénévolement sur le campus de l'UdeM pour le Collège Frontières, un organisme d'alphabétisation. Il y tient des clubs de devoirs, des cercles de lecture et y enseigne le français aux adultes qui ont «décroché». Chaque année, il parvient même à recruter de 50 à 75 bénévoles au sein de la communauté universitaire. Son engagement passe aussi par la vie étudiante. Président de l'Association des étudiants en philosophie de l'Université de Montréal, Simon-Pierre Chevarie-Cossette s'est attaché, pendant la contestation étudiante du printemps 2012, à y mettre en place une culture démocratique directe, participative.

Toutes ses actions ont pour levier un même idéal: la liberté comme absence de domination. L'étudiant en philosophie est en effet persuadé qu'il faut donner aux individus les outils nécessaires pour leur permettre d'éviter toute domination, qu'elle soit sexuelle, économique ou bien politique. Il pense d'ailleurs que c'est cette cohérence entre ses diverses réalisations qui a séduit le comité de sélection de la bourse Rhodes. «Pour être sélectionné, il ne suffit pas de faire beaucoup d'activités différentes, dit-il. Il faut être capable d'articuler ses différents engagements autour d'une vision.»

Chanceux et reconnaissant

Lorsqu'il a appris la bonne nouvelle, Simon-Pierre Chevarie-Cossette s'est d'abord senti très chanceux. Mais aussi, et surtout, très reconnaissant. Envers sa famille et ses professeurs du Département de philosophie. «Lors de mon entrevue avec le comité de sélection, je me suis rendu compte qu'à chacune des réponses données je pouvais associer une personne de mon entourage avec laquelle j'avais pu discuter. Je n'ai donc pas l'impression d'avoir gagné seul ce prix.» Cette reconnaissance, il l'exprime particulièrement à Christian Nadeau, professeur agrégé au département, qui l'a fait avancer dans sa réflexion.

Dans une assemblée... ou une classe!

Avant d'obtenir la bourse Rhodes, Simon-Pierre Chevarie-Cossette avait déjà choisi d'entreprendre un doctorat à l'étranger. Cette bourse confirme donc ses projets. En septembre 2014, il s'envolera pour l'Angleterre et y étudiera trois ans. Un départ qui l'enthousiasme, mais qu'il appréhende également un peu, lui qui est très attaché à Montréal et au campus de l'Université. Là-bas, il envisage d'entamer une réflexion sur le thème de l'argument de la conséquence et sur le principe des possibilités alternatives. Mais avant de partir, il lui reste à rédiger son mémoire de maitrise, une étude sur le rapport entre déterminisme et liberté.

Quand on lui pose la question de son avenir, Simon-Pierre Chevarie-Cossette répond: «Il y a deux endroits où je me vois: dans une assemblée ou dans une classe. Dans les deux cas, j'adore ça!»

Pour sa part, Roch Chouinard, doyen de la Faculté des études supérieures et postdoctorales et vice-recteur adjoint aux études supérieures de l'Université de Montréal, qualifie l'étudiant de «candidat d'exception». «Je suis certain qu'il fera honneur à l'établissement avec cette bourse Rhodes, dit-il, et qu'il pourra acquérir des connaissances qui vont lui ouvrir les portes d'une carrière professionnelle et scientifique à la hauteur de son talent.»

Benjamin Augereau
Collaboration spéciale