Site Outremont : Tisser des liens avec les quartiers avoisinants

  • Forum
  • Le 9 décembre 2013

  • Paule Des Rivières

Chaque unité devrait réfléchir à ce qu'elle pourrait apporter aux communautés des quartiers autour du site, estime M. Bouchard.Comment faire pour que le futur campus de l'Université de Montréal à Outremont soit véritablement intégré aux quartiers qui l'entourent?

 

Voilà la question fondamentale à laquelle ont tenté de répondre le 4 décembre une soixantaine de personnes, des professeurs et des gestionnaires de l'UdeM, mais aussi des intervenants des secteurs économique, communautaire et culturel ainsi que des architectes.

L'animation de la journée avait été confiée à Christophe Abrassart, professeur adjoint responsable des échanges internationaux à l'École de design industriel et membre de l'équipe de MosaiC, une plateforme de recherche, de développement et de connaissances en économie créative et management de la création rattachée à HEC Montréal.

S'il est une chose sur laquelle tous les participants se sont entendus, c'est que l'Université doit tendre la main dès maintenant aux communautés avoisinantes, notamment aux communautés culturelles de Parc-Extension et du secteur Marconi-Alexandra, pour qui l'arrivée d'un campus provoquera des changements importants.

«Nous avons l'obligation morale d'être de bons voisins», a souligné Frédéric Bouchard, professeur au Département de philosophie et participant à cette journée d'idéation qui s'est tenue à deux pas du futur campus.

M. Bouchard, qui dirige également le programme d'études en environnement et développement durable de l‘UdeM, propose d'accorder une attention spéciale aux enfants et aux adolescents, qui sont souvent mieux intégrés à la société d'accueil que leurs parents, des immigrants récents. Et puis, mentionne-t-il, l'Université a beaucoup à offrir.

«Nous avons déjà le Projet SEUR. Il pourrait se déployer dans le quartier; le CEPSUM pourrait de plus organiser des activités, les étudiants en sciences aussi. En fait, chaque unité devrait réfléchir à ce qu'elle peut apporter à ces communautés qui ont besoin de services. En retour, nous avons beaucoup à apprendre d'une population comptant parmi les plus diversifiées du pays.»

Comme d'autres, M. Bouchard souligne le caractère exemplaire du futur Centre de soutien en orthopédagogie, que la Faculté des sciences de l'éducation ouvrira en janvier dans le quartier Parc-Extension, le plus défavorisé du Québec. La population de ce quartier vient surtout d'Europe, des Antilles, d'Amérique centrale et d'Asie du Sud. Et, bien que d'autres quartiers entourent le futur site, c'est celui mentionné ci-dessus qui a le plus attiré l'attention des participants à cet atelier.

Le campus de l'UdeM sur l'emplacement de l'ancienne gare de triage d'Outremont doit ouvrir ses portes en 2018, avec l'inauguration d'un pavillon des sciences, qui accueillera les départements de géographie, sciences biologiques, physique et chimie. D'autres bâtiments et aménagements sont prévus, notamment pour accueillir des équipes de Polytechnique Montréal et de l'Institut national de la recherche scientifique.

Campus vert demandé

Les participants à cette journée se sont en outre entendus sur l'importance de respecter les principes du développement durable. Ils imaginent naturellement des jardins communautaires et des toits verts, sans parler des parcs déjà prévus dans les projets. Il a aussi été question de serres agricoles sur les côtés sud des bâtiments, de vergers et de réduction d'intensité des luminaires.

Les discussions du 4 décembre ont d'abord eu lieu en ateliers. Puis, des porte-paroles ont livré en après-midi le compte rendu de leurs échanges. Plusieurs trouvent primordial que le site du campus soit un endroit ouvert en tout temps, où les voisins trouvent leur compte, qu'on parle de programmation culturelle ou de vie communautaire. II est aussi jugé important que des commerces y soient érigés. De même, cafétérias et bibliothèques devraient être installées au niveau du sol, pour être bien accessibles et bien visibles.

La vice-rectrice à la recherche, à l'innovation et à la création, Geneviève Tanguay, a de son côté rappelé que chercheurs et artistes étaient faits pour s'entendre.

«Nous nous sommes dits en atelier que nous devions faire des gestes afin que les gens des quartiers se sentent concernés», a-t-elle dit en soulignant que les professeurs chercheurs et les artistes résidant dans les quartiers avoisinants partagent un même amour de la création. Il faut également, a-t-elle rapporté, se rapprocher des médias locaux, des commerçants et des leadeurs des communautés culturelles, qui sont des «passeurs».

La journée de réflexion était organisée pour le compte de l'équipe de développement du site d'Outremont, dirigée par Yves Beauchamp. D'autres échanges auront lieu au cours des prochains mois.

Paule des Rivières