Des bourses qui ouvrent les portes du monde de la recherche

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  • Le 27 janvier 2014

  • Marie Lambert-Chan

Marie-Ève DesjardinsMarie-Ève Desjardins est catégorique: si elle est aujourd'hui doctorante en psychologie, c'est en partie grâce au programme de bourses de recherche de premier cycle du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).

 

« Ce financement m'a permis, dès le baccalauréat, de confirmer mon intérêt pour la recherche, de passer du temps dans un laboratoire et de nouer des liens avec des étudiants au doctorat et des chercheurs. J'ai acquis une expérience qui, j'en suis persuadée, a favorisé ma candidature au doctorat. »

Comme plusieurs autres étudiants, Marie-Ève Desjardins a profité de ces bourses dont l'objectif est d'encourager les étudiants de premier cycle à entreprendre des études aux cycles supérieurs et à se lancer dans une carrière de chercheur.

Dany GagnonAu cours de l'été, les boursiers passent de 10 à 16 semaines dans des centres de recherche ou des laboratoires. « Depuis quatre ans, j'accueille des stagiaires dans mon laboratoire de pathokinésiologie, raconte Dany Gagnon, professeur à l'École de réadaptation de l'Université de Montréal. Ils apportent un dynamisme incroyable! Je les initie entre autres à l'électromyographie et à l'analyse tridimensionnelle du mouvement. Ils apprennent à recueillir, traiter et interpréter les données. Ils participent à la rédaction d'articles scientifiques, à la préparation de matériel pédagogique, à l'élaboration de sites Web d'information pour les clients participant à mes projets, etc. »

Les stagiaires sont donc loin d'être confinés au lavage des éprouvettes. « Au contraire, ils ont un projet bien à eux », confirme Julie Gosselin, vice-doyenne à la Faculté des études supérieures et postdoctorales (FESP) de l'UdeM.

L'étudiant intéressé par de telles bourses doit d'abord en parler à un professeur dont il partage certains des champs d'intérêt en recherche. « Cette réflexion doit s'amorcer dès l'automne, car les dossiers de candidature doivent être déposés au plus tard en janvier ou en février selon les programmes de bourses », signale Adriana Di Polo, présidente du Comité d'organisation du programme des stages d'été (COPSE) de la Faculté de médecine de l'Université.

Si le professeur accepte de prendre l'étudiant sous son aile, il l'aidera à rédiger son projet. « Généralement, on l'intègre dans une recherche déjà en cours ou il nous assiste dans le lancement d'une nouvelle recherche », mentionne Dany Gagnon.

L'étudiant veillera par la suite à acheminer son dossier au bon endroit. À l'Université de Montréal, les bourses du CRSNG sont accordées par l'entremise de la FESP. Elles couvrent les domaines d'études des sciences naturelles et du génie. Les étudiants inscrits en sciences de la santé peuvent compter sur les bourses du COPSE. Mentionnons que plusieurs centres de recherche et laboratoires offrent leurs propres stages d'été rémunérés.

Des avantages pour tous

Adriana Di Polo et Julie GosselinL'obtention d'un stage d'été comporte de nombreux avantages pour l'étudiant. « C'est une phase exploratoire qui permet à l'étudiant de confirmer ou non son intérêt pour un tel choix de carrière. Il sera mieux préparé pour les cycles supérieurs et la mention de cette expérience dans son curriculum vitæ pourrait l'aider à obtenir d'autres bourses », énumère Mme Di Polo. Dans le cas du COPSE, l'aventure dure plusieurs mois : les stagiaires doivent produire un rapport et font une présentation de leur projet dans un grand congrès qui se tient en janvier de chaque année.

Souvent, les étudiants qui ont apprécié leur passage dans un laboratoire tentent de décrocher une bourse de recherche l'année suivante. La majorité d'entre eux s'inscriront dans un programme de deuxième ou de troisième cycle. « Mes deux stages m'ont très bien préparée au doctorat. La thèse ne m'apparaissait plus comme une montagne. Je savais à quoi m'attendre et j'avais davantage confiance en mes moyens », témoigne Marie-Ève Desjardins.

Les professeurs ne sont pas en reste. « Pour eux, c'est une occasion de transmettre leur savoir, mais aussi de recruter des étudiants qui entreprendront une maitrise ou un doctorat sous leur direction, observe Julie Gosselin. Pour les jeunes professeurs, c'est une façon d'apprendre à superviser des étudiants. Les stagiaires peuvent contribuer au démarrage d'un laboratoire ou à la collecte de données préliminaires qui serviront à appuyer une demande de subvention. »

Marie Lambert-Chan

(Photos: Claude Lacasse)


Financement menacé

Bon an, mal an, la FESP accorde de 80 à 100 bourses. De son côté, le COPSE en offre environ 50. Mais l'effet des récentes compressions budgétaires effectuées par le gouvernement provincial dans le secteur de la recherche se fait sentir.

« Nous avons perdu le quart de notre financement, qui provient du Fonds de recherche du Québec – Santé, signale Adriana Di Polo, présidente du COPSE. Bien entendu, nous travaillons fort afin d'attirer d'autres partenaires pour assurer la qualité et la continuité du programme. Le soutien financier des programmes de bourses de recherche de premier cycle est important, car cela a une influence sur une partie de la relève en recherche au Québec. »