La réussite scolaire des enfants n'est pas influencée par le type d'union des parents

Image : iStockUne étude récente réalisée par des chercheurs de l'Université de Montréal révèle que la performance scolaire des enfants dont les parents vivent en union libre n'est pas différente de la performance des enfants de parents mariés.

 

Par contre, les résultats montrent que dans certains cas, la rupture de la relation conjugale des parents a un impact négatif sur le rendement scolaire de leurs enfants.

Pour réaliser cette étude, Solène Lardoux et David Pelletier, chercheurs au Département de démographie de l'Université de Montréal, ont analysé un échantillon représentatif de 1 347 enfants provenant de l'Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ÉLDEQ).

Prises de façon brutes, les données révèlent que le profil socio-économique des enfants nés de parents vivant en union libre, en comparaison avec les enfants nés de couples mariés, est défavorable sur le plan du rendement scolaire. Par exemple, la stimulation cognitive dans le milieu familial en union libre semble être moins élevée et le milieu socio-économique et relationnel semble être plus précaire (revenu, santé et fonctionnement familial). Il en va de même pour le niveau d'éducation des parents qui est plus faible et l'âge  des parents qui est plus bas. Cependant, en contrôlant les analyses selon ces différents facteurs, cette étude montre que la vulnérabilité des enfants vis-à-vis un plus faible rendement scolaire n'est pas causée directement par l'état matrimonial de leurs parents (en union libre ou mariés), mais principalement par ces autres déterminants socio-économiques.

Pour les chercheurs Solène Lardoux et David Pelletier, « cette étude permet de mieux connaître une particularité de la société québécoise sur le plan de la trajectoire conjugale des individus. L'union libre au Québec est progressivement devenue au cours des dernières décennies un substitut ou une alternative au mariage comme mode de formation de la famille, ce qui n'est pas le cas dans le reste du Canada et aux États-Unis. La forte prévalence de l'union libre permet de voir qu'à statut socio-économique semblable, l'état matrimonial des parents n'influe pas sur le rendement scolaire des enfants. »

Lors d'une séparation ou d'un divorce

Pour certains facteurs, les analyses suggèrent l'existence d'un effet négatif de la séparation des parents sur le rendement scolaire des enfants. Les résultats de cette étude suggèrent par ailleurs que les filles et les garçons réagissent différemment à la trajectoire conjugale de leurs parents. En fait, seules les ruptures de mariages (et non les ruptures d'unions libres) semblent parfois entraîner une baisse de rendement scolaire chez les filles. À l'inverse, chez les garçons, seules les ruptures d'unions libres (et non les ruptures de mariages) semblent entraîner une baisse significative du rendement scolaire. Ces résultats réitèrent l'importance déjà démontrée dans d'autres études scientifiques de tenir compte de la variable du sexe dans les études sur les performances scolaires (avantage différentiel en éducation, impact différentiel de la perte de modèle masculin).

À propos de cette étude :
Solène Lardoux et David Pelletier ont publié l'étude intitulée « Trajectoires conjugales des parents et rendement scolaire des enfants en première année du primaire » dans les Cahiers québécois de démographie. Cette étude est issue d'un projet de recherche qui a reçu le soutien du Fonds de recherche sur la société et la culture (FQRSC). Le résumé de l'étude est présenté sur le site Web du réseau scientifique Changement de population et parcours de vie.

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