17 tonnes de matières organiques retourneront à la terre

  • Forum
  • Le 3 février 2014

  • Mathieu-Robert Sauvé

Manuel Ventura, des Services alimentairesDepuis le 20 janvier, les déchets organiques de la cuisine de Chez Valère sont déposés dans un bac de compostage afin d'être acheminés vers une entreprise qui les transformera en compost pouvant servir en agriculture.

 

« Nous avons pour objectif de récupérer 60 % des résidus alimentaires produits par la cafétéria, ce qui représente environ 17 tonnes de matière première annuellement », mentionne Stéphane Béranger, coordonnateur au développement durable à l'Université de Montréal.

Cela signifie que les employés des Services alimentaires ont désormais la responsabilité du tri à la source des déchets organiques. Ces derniers sont mis dans des sacs qui sont ensuite déposés dans des bacs que recueille une fois par semaine une entreprise spécialisée. Celle-ci achemine enfin les résidus alimentaires vers l'entreprise de traitement, située dans la région de Lanaudière. Au cours des derniers mois, les employés ont été formés et ont accepté leurs nouvelles tâches. Le comptoir Van Houtte, au deuxième étage du pavillon Lionel-Groulx, participe à la collecte.

Le public peut également procéder au tri à la source en déposant ses matières organiques dans un bac, son papier, son verre et son plastique dans un second. Un troisième contenant reçoit les déchets.

De gauche à droite, M. Béranger, Michel Pharand, contremaître à la Direction des immeubles, et Michel Rouleau, technicien en environnement

Procédé biologique naturel

Stéphane Béranger rappelle que le compostage est un procédé biologique naturel qui s'effectue dans des conditions contrôlées. Au cours du compostage, plusieurs microorganismes, dont des bactéries et des champignons, décomposent la matière organique et la transforment en un produit appelé compost. Il existe différentes qualités de ce compost, mais il peut servir en agriculture ou en horticulture.

Le consultant Luc Surprenant, dont les services ont été retenus pour mener à bien ce projet, précise que les résidus alimentaires sont composés d'aliments périmés, de marc de café, de fruits, de légumes (avec ou sans pelure), d'œufs, de viande, de poisson, de pains, de céréales, etc. Fait à noter, certains papiers et cartons (serviettes de table, mouchoirs et assiettes en carton compostable) peuvent être déposés dans le bac de compostage. Le polystyrène, les couvercles de gobelets à café et autres matières traditionnellement non compostables demeurent proscrits.

La Faculté de médecine vétérinaire, à Saint-Hyacinthe, n'est pas en reste, puisqu'on y récupère depuis décembre dernier le marc de café et les déchets alimentaires du franchisé Presse Café; cela représente environ quatre tonnes et demie de matière par an. Ici encore, l'objectif est d'en recueillir 60 %. « Si l'opération est un succès, nous pensons l'étendre au réseau des cafés étudiants », poursuit M. Béranger.

Le projet de l'Université de Montréal s'inscrit dans le cadre de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles, qui vise la récupération de 60 % des résidus alimentaires d'ici 2015. En 2020, on souhaite éviter tout rejet de ce type dans des sites d'enfouissement.

Au Vice-rectorat aux affaires étudiantes et au développement durable, on fait valoir que « composter fait partie des principes d'une saine gestion environnementale ». L'an dernier, l'Université de Montréal s'est dotée d'un plan de gestion des matières résiduelles et le compostage y était inscrit.

Mathieu-Robert Sauvé

(Photos: Bruno Girard)