As-tu ton tuteur?

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  • Le 10 février 2014

  • Mathieu-Robert Sauvé

Les étudiants et les professeurs intéressés par le tutorat peuvent désormais consulter un guide sur le sujet, disponible en ligne. (Photo: Yves Lacombe)Au cours de la dernière année, le Centre étudiant de soutien à la réussite (CESAR) de l'Université de Montréal a formé quelques dizaines d'étudiants au rôle de tuteur. « Ces étudiants d'expérience – plusieurs sont en fin de parcours universitaire – possèdent le bagage nécessaire pour aider les nouveaux qui entament leurs études.

 

C'est un excellent facteur de motivation pour les uns et un bon apprentissage pour les autres », a dit Hélène Trifiro, directrice du CESAR, à l'occasion du lancement d'un guide qui explique tout le processus de mise sur pied d'un programme de tutorat.

Selon elle, l'UdeM a tout à gagner à multiplier ce type d'initiative. Comme on peut le lire dans le guide qui vient de paraîre, « les objectifs du tutorat sont multiples : favoriser la réussite académique, permettre l'acquisition par les étudiants de méthodes de travail, répondre à des difficultés d'apprentissage ponctuelles, aider au développement d'une autonomie nécessaire à la poursuite d'études supérieures, favoriser l'entraide entre étudiants, diminuer le stress aux examens, diminuer le nombre d'abandons, etc. »

À distinguer du mentorat, consistant pour une personne d'expérience à soutenir et conseiller bénévolement un collègue moins chevronné, le tutorat engage les deux parties dans une relation d'aide, ce qui n'exclut pas la rémunération. De plus, cette relation devrait durer au moins six mois de façon à permettre l'établissement d'un lien de confiance. Le tutorat permet le transfert de connaissances et de savoir-faire, comme le précise le document qu'on peut se procurer gratuitement sur le site du CESAR.

À la Faculté de l'aménagement, Juan Torres a mis en relation des étudiants qui en sont à la fin de leur baccalauréat en urbanisme avec autant de nouveaux. Six étudiants ont été jumelés dès le lancement du programme de tutorat, en septembre 2012, et les réactions ont été très positives, comme en témoigne un sondage réalisé en fin d'année. « Lorsqu'on repense à notre première année à l'université, on pense à une période d'adaptation souvent difficile. Le tuteur, qui est passé par là, peut avoir un effet très positif sur notre état d'esprit », mentionne le spécialiste de l'éthique de l'aménagement.

M. Torres souligne l'apport essentiel du CESAR, qui lui a permis d'instaurer ce programme. L'orthopédagogue Denis Côté et la psychologue Marie-Ève Landry sont habituellement associés à l'implantation d'un programme de tutorat. Une bourse de démarrage peut être offerte par le Centre. Celui-ci favorise toutefois les projets dont le financement est assuré. Le responsable du programme de tutorat est Michel Morin (514 343-6111, poste 45110).

Juan Torres a favorisé le jumelage d’étudiants.Un guide complet

Il y a plusieurs formes de tutorat, rappelle-t-on dans le document. On peut vouloir que des étudiants obtiennent d'excellents résultats au terme de leur programme d'études ou lutter contre les risques d'abandon. « Plus l'objectif est spécifique, plus les tuteurs et tutorés sauront vers où diriger leurs efforts », indique-t-on. Un contrat est parfois signé entre les parties.

Les modalités de rémunération, quand elles s'appliquent, doivent être établies avant d'entreprendre les jumelages. À la Faculté de l'aménagement, les tuteurs étaient payés et les participants devaient verser la somme « symbolique » de 10 $ pour s'inscrire.

Le tutorat peut se dérouler entre deux personnes ou en groupe. Une nouvelle formule, le cybertutorat, est également possible. Intéressante lorsque les partenaires sont éloignés l'un de l'autre, cette relation peut se dérouler essentiellement par échange de courriels et forums de discussion. « Beaucoup moins personnel et peut-être moins engageant » que les autres formules, le cybertutorat peut être utilisé comme complément.

Pour les départements qui souhaitent mettre en œuvre un programme de tutorat par les pairs sur des bases solides, les spécialistes du CESAR recommandent une « certaine structure qui dicte la fréquence minimale des communications » et un calendrier prévoyant un début et une fin précis. On conseille également au moins une rencontre face à face, de façon à personnaliser la relation. On suggère enfin que le programme fasse l'objet d'un suivi régulier par un membre du personnel et l'utilisation de résultats mesurables aux fins d'évaluation. Enfin, en vertu du caractère personnel de la relation entre les parties, on propose de rédiger un code d'éthique. Sans tout encadrer, celui-ci verra à respecter la démarche du tuteur qui, de son côté, gardera confidentiels les renseignements échangés pendant les rencontres.

Le CESAR offre des ateliers de formation d'une journée aux tuteurs. Départements et associations étudiantes peuvent y participer. « Parmi les thèmes abordés figurent le soutien à l'apprentissage (les méthodes d'étude, les styles d'apprentissage, les stratégies d'apprentissage, l'enseignement explicite), les habiletés en communication (l'écoute active et l'empathie, la rétroaction et la communication non verbale), etc. Des mises en situation sont également proposées », peut-on lire dans le guide.

Ce n'est pas un hasard si, à l'UdeM, les séances de tutorat sont généralement planifiées en fonction des dates d'examen. Pour les nouveaux étudiants, ces dates sont particulièrement stressantes. Les « vieux » tuteurs, eux, en ont vu d'autres et savent trouver des paroles rassurantes.

Mathieu-Robert Sauvé

 


 

Pharmacie : le tutorat pour mieux gérer le stress

En septembre dernier, 80 étudiants ont assisté à une séance de tutorat de groupe offerte à l'occasion du premier examen de l'automne du programme de doctorat de premier cycle en pharmacie, animée par cinq tuteurs, des étudiants de deuxième année. Le thème : mieux gérer le stress entourant les examens.

Les quatre séances suivantes ont également été populaires auprès des nouveaux étudiants. En plus des séances de groupe, les tuteurs ont pu discuter avec des étudiants au cours de consultations individuelles. Au total, les tuteurs (rémunérés) ont donné environ 10 heures de formation durant le trimestre.

Même si le bilan n'est pas encore définitif, les commentaires recueillis sont positifs. « C'est un succès exceptionnel pour une première expérience », mentionne France Pérusse, conseillère en gestion des études à la Faculté de pharmacie, qui a mis sur pied ce programme de tutorat.

La collaboration de l'Association des étudiants en pharmacie de l'Université de Montréal (AEPUM) et de la Faculté de pharmacie (qui finance ce projet) a été la clé du succès. En plus, bien sûr, de l'appui du Centre étudiant de soutien à la réussite. « C'est important de savoir reconnaître nos limites en tant qu'étudiants et de demander de l'aide au besoin. Profitons des projets mis en place par la faculté pour nous aider à passer quatre belles années équilibrées », écrivait le vice-président aux affaires académiques de l'AEPUM dans l'annonce faite aux étudiants de participer à ce projet.