Sotchi : questions/réponses aux participants UdeM

Qui sont ces membres de la communauté de l'Université de Montréal qui participent aux Jeux olympiques de Sotchi depuis le 7 février dernier? Avec une grande générosité, les membres de ce quatuor composé d'un étudiant, d'une diplômée, d'un professeur et d'une employée des Carabins ont accepté de répondre à nos questions informelles, et ce, quelques jours avant le grand départ.

 

Mathieu Giroux,
patinage de vitesse
de longue piste.
Marie-Ève Drolet,
patinage de vitesse
de courte piste.
Wayne R. Halliwell,
coach de préparation mentale.
France St-Louis,
chef de mission adjointe du Comité olympique canadien.

 

Mathieu Giroux (photo: Felix Renaud)

Mathieu Giroux

Étudiant de 3e année à la Faculté de pharmacie. L'étudiant de 28 ans, originaire de Pointe-aux-Trembles, est membre de l'équipe canadienne de patinage de vitesse longue piste. Il est médaillé d'or aux Jeux Olympiques de Vancouver en 2010, dans l'épreuve de poursuite par équipe.

Vous pratiquez ce sport depuis... l'âge de 4 ans. J'ai commencé par apprendre à patiner afin de pouvoir jouer au hockey mais j'aimais trop le patinage de vitesse pour arrêter.

Le plus difficile au patinage de vitesse, c'est de... maîtriser une technique parfaite. Même si on est fort physiquement, on ne peut pas gagner si on n'est pas efficace sur le plan technique.

Le plus agréable au patinage de vitesse, c'est... « d'aller vite » serait la réponse classique mais pour moi, c'est vraiment de souffrir tous les jours à l'entraînement. J'y prends un certain plaisir, ce qui fait ma force sur les longues distances.

Combien d'heures vous entraînez-vous par semaine? L'été est très intense avec 30 heures d'entraînement par semaine. Durant la saison, à cause des compétitions qui se succèdent, on se limite à 20 heures par semaine pour éviter d'accumuler de la fatigue.

Quelle est votre « recette magique » pour combiner études universitaires et préparation olympique? La discipline a été nécessaire pour réussir les deux, à temps plein, pendant les 3 dernières années. C'est certain que j'ai modifié mon entraînement pour diminuer le nombre d'heures tout en augmentant l'intensité. J'ai inventé des nouvelles techniques d'entraînement pour sauver du temps. (NDLR: nos lecteurs aimeraient bien connaître ces techniques...) Et bien sûr, je passais moins de temps avec les amis et la famille et 0 % de mon temps à faire le party, contrairement aux vrais étudiants!

Votre lieu préféré sur le campus de l'UdeM... Le pavillon Jean-Coutu sans aucun doute, le plus moderne et le plus confortable pour étudier.

Quels sont vos plans de carrière une fois vos études universitaires terminées? Je prends ma retraite sportive après les Jeux de Sotchi. Je vais cependant rester actif, probablement en vélo. Une fois mes études terminées en février 2015, je vais simplement commencer à travailler comme pharmacien. Il se peut aussi que je donne des conférences de motivation.

Le cours pour lequel vous avez le plus souffert travaillé? Infectiologie 1 et 2

Est-ce vrai que les patins pour le patinage de vitesse sont faits en peau de kangourou? Non, c'est totalement faux! La base est en carbone, et ils sont tout simplement recouverts de cuir de vache.

Comment motiveriez-vous un employé de l'UdeM à se remettre en forme? La motivation commence par un plan détaillé de tous nos objectifs de mise en forme et de la façon dont nous allons les atteindre. C'est l'atteinte de ces objectifs qui nous motivera à poursuivre l'entraînement. J'encourage aussi les gens à bouger en leur montrant tous les bienfaits de l'exercice physique.

Les collants, est-ce que c'est gênant? J'imagine qu'on parle ici de notre « suit »? Non, ce n'est vraiment pas gênant, je le vois plutôt comme un costume de superhéros dans lequel je peux montrer mes muscles!!!

Votre idole athlétique... Muhammad Ali et Steve Préfontaine.

Votre idole non-athlétique... Malcolm Gladwell et Nelson Mandela.

Avant un match, vous mangez... un sandwich et une salade de quinoa.

Après les Jeux Olympiques, je... ferai un stage de pharmacie à compter du 3 mars, pour ensuite entreprendre ma vie normale de bon citoyen et d'olympien retraité! C'est certain que je vais toujours rester impliqué dans le monde du sport et de faire la promotion de l'activité physique, je m'en fais un devoir.

     


 

Marie-Ève Drolet (Photo: Patinage de vitesse Canada)

Marie-Ève Drolet

Diplômée en psychologie (2005). L'athlète de 31 ans, originaire de Laterrière au Saguenay, est le vétéran de l'équipe canadienne de patinage de vitesse courte piste. Elle en sera à ses 2e Jeux olympiques.

Elle a commencé l'apprentissage du patinage de vitesse à l'âge de 6 ans. Double championne du monde junior en 2000 et 2001, la jeune patineuse a décroché une médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Salt Lake City en 2002, dans l'épreuve du relais 3000 mètres.

En mai 2003, après un début de carrière fulgurant, Marie-Ève Drolet a annoncé sa retraite afin de se concentrer sur ses études en psychologie. Elle a pris le monde du patinage de vitesse par surprise en 2008, lorsqu'elle a décidé d'effectuer un retour à la compétition. Elle a depuis décroché 16 médailles. Marie-Ève poursuit aujourd'hui des études en naturopathie.

     


 

Wayne Halliwell (photo: Université de Montréal)

Wayne R. Halliwell

Justine a mis ses écouteurs et écouté Roar (...). Avant de s'élancer pour la descente finale, elle a suivi les consignes de Wayne Halliwell, son psychologue sportif. D'abord, prendre de grandes respirations pour réduire la tension et retrouver la souplesse. Puis, répéter dans sa tête une phrase clé: «C'est mon moment, j'aime skier et je vais le faire pour moi». La Presse, 10 février 2014

Professeur au Département de kinésiologie. Natif de Sudbury, le consultant en psychologie sportive de renommée mondiale accompagnera les athlètes Alex Bilodeau, Justine Dufour-Lapointe et Chloé Dufour-Lapointe aux Jeux olympiques de Sotchi.

Vous êtes consultant en psychologie sportive depuis... 1976.

En tant que coach, à combien de Jeux Olympiques avez-vous participé? Mes premiers Jeux Olympiques étaient en 1984 et ceux de Sotchi seront mes 12e.

Le plus difficile dans le coaching mental, c'est de... Au lieu de parler de ce qui est difficile, je préfère parler de ce qui est atisfaisant! Et c'est d'avoir le privilège et l'opportunité d'aider les athlètes élites à maîtriser les habiletés mentales, de les amener à utiliser ces habiletés pour maximiser leurs performances lors de compétitions importantes.

Faites-vous toujours du sport dans vos temps libres? Oui, je m'entraîne en gymnase chaque jour et je fais beaucoup de ski de fond durant l'hiver.

Comment motiveriez-vous un employé de l'UdeM à se remettre en forme? Je suggère aux employés de percevoir l'activité physique comme une opportunité d'améliorer leur qualité de vie et d'avoir plus d'énergie physique et mentale. Les employés peuvent aussi se servir des techniques de discours interne. Par exemple, au lieu de se dire « Je dois m'entraîner aujourd'hui », l'employé peut se dire « J'ai la chance de faire de l'activité physique chaque jour. »

Votre lieu préféré sur le campus de l'UdeM... le CEPSUM.

Votre idole athlétique... Roger Federer.

Avant la compétition de l'un des «mes » athlètes, je... les aide à focaliser sur le moment présent, à utiliser les mots clés qui leur permettent de se concentrer sur le processus et l'exécution, au lieu de miser sur les résultats.

Avez-vous appris quelques mots russes pour l'occasion? Oui! (NDLR: M. Halliwell n'a pas osé nous révéler lesquels....)

Après les Jeux Olympiques, je... vais retourner à l'Université et partager mes expériences avec mes étudiants dans mes cours de psychologie du sport. Je vais également inviter mes athlètes à y présenter des conférences pour partager leurs expériences olympiques.


 

France St-Louis

France St-Louis

Conseillère aux opérations hockey de l'équipe de hockey féminin des Carabins depuis 2009, prendra part aux JO de Sotchi en tant que Chef de mission adjointe du Comité olympique canadien. Elle est médaillée d'argent aux Jeux olympiques de Nagano en 1998 et cinq fois championne du monde en hockey féminin.

Quel est le rôle au juste d'une chef de mission adjointe? Mon rôle premier est d'appuyer notre chef de mission Steve Podborsky au niveau de l'encadrement général de l'équipe olympique. La priorité est d'apporter un soutien aux athlètes, aux entraîneurs, aux équipes techniques ainsi qu'à tous les membres du personnel du COC afin qu'ils puissent offrir une performance optimale, peu importe leur rôle.

À combien de Jeux olympiques avez-vous participé? J'ai participé à la première participation du hockey féminin aux Jeux olympiques de Nagano en 1998 comme athlète. À Salt Lake City en 2002, j'étais analyste à Radio-Canada pour le hockey féminin. J'en serai donc à mes troisièmes Jeux olympiques à Sotchi.

Est-il difficile de faire sa marque comme femme dans les hautes sphères du milieu olympique? Non, plusieurs femmes occupent des postes dans la haute direction au sein du COC et dans les fédérations canadiennes. De plus en plus de femmes s'impliquent dans le sport en général, ouvrant donc le chemin à de nouvelles opportunités.

Comment motiveriez-vous un employé de l'UdeM à se remettre en forme? Dans un premier temps, le désir de se remettre en forme doit venir de soi (NDLR: zut). Il est difficile de motiver quelqu'un qui ne veut pas s'investir. Je lui présenterais les avantages d'avoir de saines habitudes de vie et les dangers de ne pas s'en préoccuper. Un corps en forme se traduit par un niveau d'énergie plus élevé, un esprit vif et positif, une santé moins vulnérable et une meilleure gestion de son poids corporel. (NDLR: compris!)

Votre lieu préféré sur le campus de l'UdeM... Le CEPSUM et plus particulièrement la patinoire.  Aussi, le bureau des entraîneurs et la chambre des joueuses qui ont subi une transformation magnifique et qui sont maintenant dignes d'une formation universitaire prestigieuse. Les filles sont gâtées d'avoir de tels aménagements et je sais qu'elles les apprécient énormément.

Faites-vous toujours du sport dans vos temps libres? Oui, ça fait partie de ma vie et de mon bien-être. L'activité physique me permet de garder un équilibre sur le plan physique et mental. J'ai d'ailleurs toujours aimé m'entraîner, j'ai la piqûre. L'inactivité ne trouve pas refuge dans mon quotidien! Je suis toujours en mouvement et j'adore pousser mes limites.

Votre idole athlétique... Au hockey, c'est sans aucun doute Wayne Gretzky. C'était l'époque où il faisait la pluie et le beau temps dans la Ligue nationale. Ce n'était pas le plus fort ni le plus rapide mais il avait une façon de lire le jeu que personne d'autre ne possédait. J'ai aussi beaucoup admiré Christ Evert (maintenant considérée comme une légende) au tennis féminin. Elle gagnait pratiquement tous les tournois jusqu'au jour où Martina Navratilova s'est jointe au circuit. S'en est suivie une véritable et saine rivalité qui a marqué l'histoire du tennis.

Le premier mot russe que vous avez appris? Spassiba, qui veut dire merci... le seul mot actuellement dans mon répertoire! Il faudrait bien que j'apprenne « bonjour » et « ça coûte combien? ». Je vais travailler là-dessus! (NDLR: Mme St-Louis, nous vous contacterons après les Jeux pour vérifier!)

Après les Jeux Olympiques, je... vais savourer cette expérience qui sera sans aucun doute extraordinaire, et la partager avec les membres de ma famille et mes amis. Je vais aussi prendre du temps pour me reposer. Je reprends l'avion à la fin du mois de mars pour accompagner l'équipe nationale de France des moins de 18 ans au championnat du monde de hockey. Je suis impliquée dans un projet de mentorat en coaching depuis les deux dernières années, un programme initié par la Fédération internationale de hockey sur glace. Par la suite je prendrai un congé, après quoi je retournerai à mon poste d'enseignante en éducation physique au Cégep du Vieux-Montréal.