L'intégrité dans les études passe par les enseignants

  • Forum
  • Le 17 février 2014

  • Mathieu-Robert Sauvé

Dans sa tête, Maïko a la citation parfaite pour soutenir son argumentation, mais elle ne se souvient pas où elle l'a prise... Devrait-elle 1) l'inclure malgré tout dans son travail, 2) la paraphraser ou 3) essayer d'en retrouver la source?.

 

Si vous avez répondu 1 ou 2 à cette question tirée du site Intégrité, fraude et plagiat de l'Université de Montréal, vous auriez intérêt à vous informer davantage des subtilités entourant la citation des sources dans les travaux universitaires. Maïko, dit le jeu-questionnaire qu'on peut faire en ligne sur le site, doit absolument retrouver la source de sa citation, sinon y renoncer. « Utiliser une citation ou une idée sans en identifier la source est du plagiat. Et comme vous l'aurez deviné, inventer une source est du domaine de la malhonnêteté intellectuelle », peut-on lire dans la réponse à la question 2 du jeu, qui en compte 27.

« Tout étudiant doit savoir à quoi il s'expose s'il commet un acte de plagiat ou une fraude. L'ignorance n'est plus une excuse, car c'est le geste qui compte », mentionne Jean-Pierre Blondin, vice-recteur aux études de premier cycle au cours d'un entretien avec Forum sur cette question délicate.

Selon lui, le Règlement disciplinaire sur le plagiat ou la fraude concernant les étudiants, adopté en 2005, répond bien aux besoins au premier cycle, mais la vigilance demeure nécessaire chez tous ceux qui ont à cœur la réussite de leurs étudiants.

Dès le premier cours, suggère Diane Raymond, conseillère au Vice-rectorat aux études, l'enseignant peut souligner les principes de l'intégrité. D'ailleurs, le Règlement des études de premier cycle prévoit que tout plan de cours doit présenter une référence au Règlement disciplinaire sur le plagiat ou la fraude concernant les étudiants.

« Les professeurs ne doivent pas hésiter à renseigner leurs étudiants sur les principes de l'intégrité. Il ne faut rien tenir pour acquis. Pourquoi ne pas mettre un lien vers le jeu-questionnaire dans son plan de cours ou carrément le télécharger dans son environnement StudiUM? »

L'évolution de la technologie multiplie les possibilités d'échanges d'information. Mme Raymond donne en exemple le téléphone cellulaire, plutôt exceptionnel à l'époque de l'adoption du règlement. Aujourd'hui, il est dans la plupart des effets personnels... et trône sur les bureaux les jours d'examen. L'enseignant peut l'interdire le jour J, mais il doit annoncer ses couleurs. Elle recommande d'ailleurs aux enseignants de se référer au rapport sur l'usage des technologies mobiles en classe, déposé en octobre dernier à la Commission des études.

Copier-coller

Le nombre de cas de plagiat ou de fraude et leurs fluctuations d'une année à l'autre ainsi que la sévérité des sanctions ne sont pas comptabilisés par le vice-rectorat, mais M. Blondin insiste sur le fait que c'est un problème récurrent dont il faut tenir compte. « À ma connaissance, il n'y a pas d'augmentation de cas, mais le problème n'a pas disparu pour autant », dit-il.

Le cas le plus typique est l'emprunt mal avisé d'un extrait (d'un paragraphe à plusieurs pages) provenant d'Internet. Le professeur ou son correcteur contractuel soupçonne l'auteur d'un « copier-coller » en raison d'un changement dans le style du texte. Il procède à une vérification sommaire sur un moteur de recherche.

« Il faut bien comprendre que ce n'est pas au professeur de sanctionner le plagiat lorsque survient cette situation. Il transmet l'information à la direction de son unité, qui prend en main la suite de la procédure. Parmi les étapes, il y en a une pour permettre à l'étudiant de se faire entendre », ajoute Mme Raymond.

Celle-ci tient à signaler que la Fédération des associations étudiantes du campus de l'UdeM et l'Association générale des étudiants et étudiantes de la Faculté de l'éducation permanente, se sont activement engagées dans la promotion de l'intégrité auprès de leurs membres. « L'intégrité est une valeur à laquelle nos étudiants sont attachés », indique Mme Raymond.

Un nouveau règlement pour les cycles supérieurs est actuellement en discussion. Une première version a été déposée en janvier à l'Assemblée universitaire.

Mathieu-Robert Sauvé