La clinique d'orthophonie et d'audiologie sert la communauté

  • Forum
  • Le 7 avril 2014

  • Mathieu-Robert Sauvé

Louise Boulanger, coordonnatrice de la Clinique en orthophonie et en audiologie de l'Université de Montréal, insiste pour dire que les deux volets de son unité sont équivalents sur le plan administratif, mais qu'ils servent deux clientèles distinctes.

Louise BoulangerLouise Boulanger, coordonnatrice de la Clinique en orthophonie et en audiologie de l'Université de Montréal, insiste pour dire que les deux volets de son unité sont équivalents sur le plan administratif, mais qu'ils servent deux clientèles distinctes. On donne en audiologie environ 450 consultations par an et deux fois plus en orthophonie (un millier). Si une seule rencontre suffit le plus souvent en audiologie, les consultations en orthophonie nécessitent de 15 à 20 rencontres, parfois plus. C'est la plus grande clinique francophone en milieu universitaire du pays à offrir les deux services. Bien implantée dans la communauté, elle répond à la demande, mais on veut augmenter la clientèle de 15 à 20 % au cours des prochaines années.

Située au 7077, avenue du Parc, à Montréal, la Clinique, ouverte depuis 2009, a une importante vocation pédagogique, puisqu'elle sert de milieu de stage à des centaines d'étudiants de l'École d'orthophonie et d'audiologie de l'Université, située au troisième étage.

Mathieu-Robert Sauvé

 

Votre audition vous inquiète?
Consultez la clinique d'audiologie!

La clinique d’audiologie possède tous les outils pour évaluer en profondeur l’audition de ses visiteurs.Un examen suffit pour cerner le problème

Vous devez hausser d'un cran le volume de la télé au moment des nouvelles? Vous demandez plus souvent à votre conjointe de répéter? Vous n'arrivez plus à suivre une conversation dans un 5 à 7 bruyant?

Pourquoi ne pas envisager un examen de l'audition à la clinique d'audiologie de l'Université de Montréal? « À l'issue de l'examen, qui dure environ une heure, le client connaîtra précisément l'état de son audition », résume la coordonnatrice, Louise Boulanger.

Alors qu'on visite le dentiste et l'optométriste dès l'enfance, on attend souvent d'avoir en main une ordonnance de son médecin avant de faire ausculter ses oreilles. Ce n'est pas nécessaire. « Tout le monde peut se présenter à la clinique et le délai d'attente est actuellement de moins de deux mois pour un adulte. De plus, l'examen peut être remboursé par les assurances privées », précise Mme Boulanger.

Les parents inquiets de voir leur enfant éprouver des problèmes d'audition auront une idée claire de la situation après une seule rencontre en audiologie. Les adultes et personnes âgées, qui constituent les deux tiers de la clientèle, consultent quant à eux lorsqu'ils constatent une détérioration de leur audition ou lorsqu'ils sont aux prises avec des acouphènes, ces sons anormaux perçus sans que la cause soit toujours définie.

Mme Boulanger suggère aux gens de plus de 50 ans de subir au moins un examen de l'audition. « La perte auditive touche tout le monde, mais pas nécessairement avec la même ampleur, dit-elle. Nous voyons ici des gens de 90 ans qui entendent toujours très bien, alors que d'autres ont besoin de prothèses auditives à 60. »

La spécialiste estime que le bruit pathogène est plus présent aujourd'hui qu'autrefois. Il y a un demi-siècle, les rues de la ville étaient peut-être plus tumultueuses, mais les jeunes ne se déplaçaient pas avec de la musique tonitruante dans les oreilles.

 

« Je veux l'œuf! »

Hamza et sa maman, au centre sur notre photo, ont recours à la clinique d’orthophonie, où Mme Ouellette et ses collègues se pencheront sur les problèmes de prononciation de l’enfant.Des œufs de Pâques dans le cabinet d'orthophonie

Le petit Hamza, cinq ans, a de la difficulté à prononcer les f et les v, et deux intervenantes l'orientent vers des œufs de Pâques en plastique cachés dans une salle de consultation de la clinique d'orthophonie de l'Université de Montréal. Lorsqu'il en aperçoit un, il doit prononcer distinctement « Je veux l'œuf! » pour le saisir. « Très bien, indique l'intervenante Émilie Ouellette en lançant un regard approbateur à la mère de l'enfant, présente dans la pièce. Imite-moi maintenant le vent qui souffle : fffffff! »

Le volet « orthophonie » de la clinique universitaire permet de recevoir des enfants comme Hamza qui souffrent de problèmes d'élocution ou de prononciation. Un grand nombre d'enfants issus de communautés culturelles, comme lui, peinent sur certaines exigences de la langue française. Les interventions servent à corriger leurs lacunes avant qu'ils entrent à l'école ou quand ils sont déjà en milieu scolaire.

Les plus jeunes clients sont âgés de 18 mois à peine. « Vers l'âge de deux ans, un enfant devrait connaître un certain nombre de mots et reconnaître des objets. Sinon, il a peut-être un problème d'audition. En général, celui-ci n'est pas insurmontable. Il faut le clarifier », souligne Mme Boulanger.

Ici, pas de victimes de traumatismes crâniens ou de gens atteints de dysphagie, qui ont besoin davantage de soins spécialisés. Mais des écoliers qui doivent apprendre à communiquer plus facilement, perfectionner leur langage ou réussir leurs exposés oraux. De plus en plus d'enfants qui ont des troubles du spectre de l'autisme se présentent à la clinique. « L'orthophonie, c'est la réadaptation du langage, explique Mme Boulanger, elle-même diplômée dans cette discipline en 1982 à l'UdeM. On l'associe aux enfants, mais de nombreux adultes consultent en orthophonie », mentionne-t-elle. Le quart des clients sont des adultes. Lors du passage de Forum, une classe d'adultes aphasiques était réunie pour effectuer divers exercices de réadaptation.

La clinique est en lien direct avec les programmes d'études de l'école, qui comprennent plusieurs trimestres de stages en milieu professionnel. Dans chaque cas, deux intervenants accompagnent le client, sous la supervision d'un professionnel.

La grande majorité des diplômés en orthophonie trouvent du travail, car il y a actuellement pénurie de ces professionnels tant dans les établissements scolaires qu'en cabinet privé ou dans le réseau public. En témoignent les délais d'attente de plus d'un an pour une première rencontre individuelle. Le milieu s'est mobilisé et veut former plus de spécialistes dans les années à venir.