Les 20 ans de l'OUM : tout un anniversaire!

Les répétitions allaient bon train la semaine dernière en vue du concert anniversaire du 12 avril.D'entrée de jeu, Jean-François Rivest, directeur artistique de l'Orchestre de l'Université de Montréal (OUM), souligne avec fierté que l'ensemble a vu défiler 800 musiciens depuis sa fondation il y a 20 ans et qu'on rencontre ses anciens membres dans presque tous les grands orchestres canadiens.

 

Le chef est heureux de retrouver pour les besoins de cette entrevue la violoniste Amélie Benoit Bastien qui, depuis son passage à l'OUM il y a une dizaine d'années, s'est jointe à des ensembles aussi accomplis que l'Orchestre métropolitain ou l'Orchestre symphonique de Québec. Charles-Antoine Solis, trompettiste au sein de la phalange actuelle, participe à la rencontre, démontrant bien l'enthousiasme des musiciens qui prennent part à la destinée de cet orchestre en constante mutation.

Cette photo de Jean-François Rivest est parue dans le journal Forum le 12 septembre 1994, quelques mois après la formation de l’OUM. Il y était question d’une tournée de l’Orchestre en Espagne.Le seul élément permanent dans l'orchestre, c'est le chef et, comme tous les autres musiciens, lui aussi y aura appris son métier! Jean-François Rivest, qui est également violoniste, se souvient : « Au début, on m'a engagé pour constituer un secteur des cordes à la Faculté de musique. J'ai dit au doyen, Robert Leroux, qu'il nous fallait un orchestre pour faire travailler les cordes parce que c'est comme ça qu'on apprend. Il m'a simplement répondu d'en créer un! Le hic, c'est que je n'étais pas chef d'orchestre! Alors j'ai vraiment appris sur le tas, avec l'OUM. Notre premier concert a été donné en avril 1994 à la salle Claude-Champagne. Nous avons fait une belle campagne publicitaire et il y a eu tellement de monde qu'on a dû refuser 400 personnes! Nous avons joué Les quatre saisons de Vivaldi avec mon collègue Vladimir Landsman pour le solo. J'ai été professeur de violon jusqu'en 2000, puis j'ai commencé à enseigner la direction d'orchestre. »

Devenu chef devant les musiciens de l'OUM, Jean-François Rivest a par la suite été chef en résidence à l'Orchestre symphonique de Montréal (de 2006 à 2009), et son habileté en direction est largement reconnue, à commencer par ceux qui reçoivent ses enseignements : « Ce qu'on apprend à l'OUM nous reste pour toujours, mentionne Amélie Benoit Bastien. Jean-François est très méticuleux et ce qu'il nous montre sur la façon de jouer, la lecture des partitions, etc., on ne l'oubliera jamais. On a une grande confiance en notre chef, alors on suit tous le chemin qu'il nous indique. »

La confiance est un élément important dans le jeu du musicien, et particulièrement quand on joue d'un instrument qui peut être appelé à sonner passablement fort... Le trompettiste Charles-Antoine Solis commente à son tour : « Je n'avais jamais joué dans un orchestre auparavant. Heureusement, je n'ai pas commencé comme trompette solo! Mais j'ai lentement pris ma place dans l'Orchestre et Jean-François m'a transmis une confiance qui a facilité mon travail. »

Le maestro de l’OUM, entouré de la violoniste Amélie Benoit Bastien et du trompettiste Charles-Antoine Solis.Le chef, ici, est professeur parce que la participation à l'Orchestre est notée. Mais, comme l'OUM est formé aussi bien de musiciens du baccalauréat que d'autres qui sont au doctorat, il est très difficile de comparer le travail de chacun autrement qu'en termes d'engagement; les absences et les retards peuvent être quantifiés, et c'est ce qui peut décider d'une note en fin de session. Jean-François Rivest dit qu'en règle générale la participation des étudiants ne pose pas de difficulté et, pour illustrer son propos, il raconte : « Avec le concert qui s'en vient, les élections du 7 avril nous posaient un problème parce que les cours sont annulés ce jour-là. Le rectorat m'a permis de conserver quand même notre répétition à condition qu'aucun musicien ne s'y oppose et tous les membres ont voté en faveur de son maintien. Ça m'a fait chaud au cœur! »

Pour son concert anniversaire, l'OUM, augmenté d'une vingtaine d'anciens, a fait appel au lauréat de son plus récent concours de composition, Alexandre David, dont la pièce pourra être entendue par le public pour la première fois. Le chef explique : « Il a retenu 20 citations extraites d'œuvres qui ont jalonné l'histoire de l'OUM et les a intégrées à sa création. C'est très réussi! »

Le dernier lauréat du concours de concertos de l'Orchestre, Pedro Molina, sera également de la fête dans le Concerto pour clarinette de Mozart. Le concert se terminera par la grande Symphonie no 11 de Chostakovitch, qui ne laissera personne indifférent. « C'est un très gros morceau, qui nous pousse à nous dépasser », signale Charles-Antoine Solis, tandis que sa collègue, Amélie Benoit Bastien, se rappelle : «Nous l'avons jouée quand je faisais partie de l'ensemble et j'ai encore en mémoire la mise en contexte que Jean-François avait faite en s'adressant au public pour qu'il effectue ce voyage avec nous... » Et le chef d'ajouter : « Je n'ai jamais vu autant de monde pleurer que lorsque nous l'avons interprétée cette fois-là! » Avis à tous : apportez vos mouchoirs!

L'OUM : 20 ans!, le samedi 12 avril à 19 h 30 à la salle Claude-Champagne,
220, av. Vincent-D'Indy.

 

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Une 20e saison qui promet pour l'OUM
Durée : 3 min 7 s