Hommage à Pierre Morisset

Pierre Morisset (Photo: Roger Thibault)Nous venons de perdre en Pierre Morisset un architecte et professeur hautement apprécié pour ses interventions en vue d'améliorer la qualité de l'habitation dans les quartiers populaires et les petites municipalités du Québec.

 

Dès la fin de ses études de maîtrise auprès du professeur Alfred Neumann à l'Université Laval en 1967, Pierre s'est engagé dans la formation de la coopérative qui réalisa le projet Montferrand, en bas de la falaise de Sillery et face au fleuve Saint-Laurent, un ensemble résidentiel innovant entièrement construit en béton cellulaire.

À Québec, il donna vie notamment à L'îlot Charlesbourg, projet gagnant d'un concours d'envergure lancé par la Société canadienne d'hypothèques et de logement. Un de ses collaborateurs de la première heure, Claude Michaud, se souvient de lui avec émotion : « Fine intelligence, sensibilité multiple, conviction et engagement désintéressé. Enfin et surtout, la poésie palpitait là, sous la vibration de son crayon pour qu'émerge la beauté des lieux. »

Après plusieurs années d'enseignement à l'Université Laval, Pierre est nommé en 1975 professeur à l'École d'architecture de l'Université de Montréal et, en parallèle, s'engage dans l'aménagement de garderies dans les quartiers populaires de Montréal. Son enseignement se concentre dans l'unité Habitat populaire urbain (Atelier HPU), qu'il dirige en partenariat avec son collègue Jules Auger. Jules évoque ainsi l'esprit qui les animait : « Au-delà de nos engagements sociaux, j'appréciais chez lui le vécu de son travail d'architecte assumé comme une véritable vocation. Il souhaitait que les préoccupations qui nous caractérisaient et qui alimentaient son enseignement soient le plus largement diffusées auprès des gens qu'il côtoyait comme professeur mais aussi comme citoyen toujours soucieux d'améliorer la qualité du milieu et de l'architecture qui nous entoure. »

L'Atelier HPU permettait à Pierre Morisset d'amener ses étudiants à travailler sur le terrain et d'intégrer les besoins des usagers à leurs concepts. Il s'est appliqué à bonifier la qualité des quartiers de Montréal pour ensuite porter son action sur la morphologie de municipalités telles que Chambly, Saint-Jean-sur-Richelieu et Rawdon.

Après sa retraite comme professeur en 1997, Pierre a dirigé son action vers la mise en valeur du patrimoine bâti des villages qui longent le chemin du Roy, en particulier celui de Lanoraie, où il avait élu domicile.

Enthousiaste pour tout ce qu'il entreprenait, Pierre disait souvent qu' « on ne doit pas vivre distraitement » : ce fut certainement le cas en ce qui le concerne, et ce, pour le plus grand bien de l'architecture au Québec.

Roger-Bruno Richard,
professeur à l'École d'architecture