Champignons et bactéries aident les plantes

Image : GenoRemLes plantes, de concert avec les microbes, sont capables de décomposer et d'éliminer certains polluants dans le sol, l'eau et l'air. Ce processus se nomme «bioremédiation».

Des chercheurs montréalais regroupés au sein de l'équipe GenoRem proposent une approche innovante pour décontaminer des sites pollués en employant les plus efficaces associations de plantes, champignons et bactéries. Leur plante de choix est le saule, arbuste pionnier qui vit en symbiose avec de nombreux microbes du sol et qui se développe rapidement sous les climats rigoureux et sur des terrains pauvres et même pollués.

Le répertoire québécois des terrains contaminés désigne plus de 8900 de ces sites dans la province. L'inventaire des sites contaminés fédéral en a ciblé plus de 22000. Le rapport 2012 du commissaire à l'environnement et au développement durable révèle que les contribuables auront à payer une facture de 7,7 G$ pour l'assainissement des lieux contaminés au Canada.Pour faire face à ces problèmes, la bioremédiation peut s'attaquer aux endroits « modérément » pollués, à utilisation restreinte pour la construction, l'agriculture et la foresterie, c'est-à-dire ceux qui permettent encore la croissance des plantes «pionnières» (par exemple le saule).

Le projet GenoRem a débuté en juillet 2011 grâce à un important financement de 7,6 M$ de Génome Canada et de Génome Québec obtenu dans le cadre d'une compétition nationale. Il réunit des chercheurs de plusieurs disciplines qui mettent en commun leur savoir-faire afin de trouver des éléments de solution susceptibles d'améliorer les techniques vertes de décontamination des sols pollués.Ces chercheurs utilisent la génomique pour mieux comprendre les interactions plantes-microorganismes lorsque ceux-ci sont en présence de contaminants afin de déterminer les meilleures approches pour favoriser leur extraction ou leur dégradation. Guidés par l'expertise de spécialistes du droit, des sciences politiques et du développement durable, ils fourniront des outils pour aider à la prise de décision les gouvernements et entreprises.

Le chercheur principal de GenoRem est B. Franz Lang. Il est professeur titulaire au Département de biochimie de l'Université de Montréal; Mohamed Hijri, codirecteur de GenoRem, est professeur agrégé au Département de sciences biologiques de l'Université. Les chercheurs suivants de l'UdeM participent au projet avec leur équipe: François Courchesne et Pierre André (Département de géographie), Gertraud Burger (Département de biochimie), Michel Labrecque, Marc St-Arnaud, Simon Joly et Frédéric Pitre (Département de sciences biologiques), Éric Montpetit et Erick Lachapelle (Département de science politique) et Thérèse Leroux et Hélène Trudeau (Faculté de droit). Charles Greer et Étienne Yergeau, du Conseil national de recherches du Canada, et Suha Jabaji, professeure à l'Université McGill, complètent l'équipe.

Le projet de recherche implique des essais dans les champs et en serre avec des sols contaminés, ainsi que la caractérisation moléculaire directe et par isolement des microorganismes concernés dans la dépollution des sols.

Une partie du projet consiste à isoler et à caractériser sur le plan génomique des bactéries et champignons qui dégradent des hydrocarbures polluants. Leur caractérisation génomique et fonctionnelle est actuellement en cours. Toutes les composantes du programme de recherche sont en bonne voie d'exécution et des premières publications de résultats ont été réalisées.

Cet article est extrait de la revue "Les diplômés" (n°426)