Campus Montréal : des donateurs de plus en plus engagés

  • Forum
  • Le 2 juin 2014

  • Paule Des Rivières

Le directeur exécutif de la campagne Campus Montréal est un ardent partisan des Carabins, qui constituent, rappelle-t-il, un extraordinaire levier de recrutement pour l’Université.La grande campagne de financement Campus Montréal a maintenant dépassé la moitié de son objectif de 500 M$. « La campagne va bon train, nous sommes heureux et confiants », résume son directeur exécutif, John Parisella, en dressant le bilan de la dernière année.

 

Campus Montréal, qui réunit HEC Montréal, Polytechnique Montréal et l'Université de Montréal, est la plus ambitieuse campagne philanthropique jamais orchestrée dans le monde universitaire francophone.

Au cours des mois passés, des dons très importants ont été faits à Campus Montréal. Et, parallèlement à ces gestes significatifs d'entreprises, de fondations et d'individus engagés, M. Parisella observe sinon un changement de culture, du moins de nouvelles habitudes philanthropiques. Il en fournit deux illustrations éloquentes.

La première, ce sont les PME, incluant celles qui sont dirigées par des jeunes. « Nous avons rencontré des dirigeants d'entreprise et plusieurs sont désireux d'établir des partenariats avec nous », mentionne M. Parisella. Ces donateurs abordent la philanthropie avec des exigences nouvelles et cela réjouit le directeur exécutif de Campus Montréal.

« Le ralentissement économique n'a pas refroidi les donateurs. Mais ces derniers veulent être plus étroitement liés aux projets qu'ils soutiennent, savoir pourquoi ils donnent, mesurer l'influence de leurs dons. Ils investissent dans une vision. Ils font un geste plus actif, ils veulent que l'Université soit meilleure parce qu'ils donnent. Ils s'engagent et c'est merveilleux. »

Les professionnels se sont particulièrement distingués cette année.  Par exemple, un don de la Dre Line Chevrette permettra la création de la bourse Line-Chevrette, remise annuellement à un étudiant des cycles supérieurs en ophtalmologie pédiatrique.

Dans un autre domaine, on pense au don récent du Groupe Banque TD, qui vise à favoriser la recherche en développement durable au sein de l'Université de Montréal, HEC Montréal et Polytechnique Montréal. « Les chercheurs de nos trois établissements travaillent de plus en plus ensemble; pour résoudre les problématiques gigantesques qui se posent, c'est absolument indispensable », affirme M. Parisella.

Europe, nous voici!

Le deuxième exemple nous vient d'Europe. La campagne a pris un aspect international inédit avec la mise sur pied, toute récente, de la Fondation Campus Montréal sous l'égide de la Fondation de France. Cette structure, implantée grâce au donateur et diplômé Pierre Dufour, permettra aux diplômés d'une quinzaine de pays d'Europe de faire des dons à Campus Montréal tout en bénéficiant des avantages fiscaux associés à ces dons.

« Il s'agit là d'un virage important, car plusieurs de nos diplômés travaillent à l'extérieur du pays », rappelle M. Parisella.

Pour sa part, Chantal Thomas, directrice générale du Bureau du développement et des relations avec les diplômés, souligne que « la campagne est l'occasion pour plusieurs de concrétiser un don qui était en réflexion ». Elle note également une augmentation sensible des confirmations de dons planifiés au bénéfice de l'Université et de ses facultés, qui sont autant de témoignages d'un attachement à l'établissement.

Le volet de la campagne relatif à la communauté et aux diplômés a été lancé ce printemps. L'argent recueilli servira à créer des fonds de bourses pour les étudiants. Louise Arbour, coprésidente de Campus Montréal, a déclaré en mars dernier qu'il n'y avait pas de petit don et que la participation du plus grand nombre était souhaitée.

John Parisella renchérit : « La première année, nous avons fait appel à nos grands et fidèles donateurs et ce n'est pas terminé à ce chapitre. Mais là, nous invitons la communauté universitaire à répondre à l'appel. » Les bourses aux étudiants, qui représentent 30 % de l'objectif de la campagne, permettront à des centaines d'étudiants de poursuivre leur parcours, de réaliser leur rêve d'apporter leur contribution à la société.

Les trois établissements ont naturellement désigné, en début de campagne, des grands secteurs qui connaîtront un nouvel élan grâce aux dons. Ce sont l'entrepreneuriat, la science et les technologies – un institut sur les matériaux figure sur la liste des projets prioritaires –, le développement durable, la santé et l'internationalisation.

Des actions ont déjà été accomplies dans ces cinq secteurs, dont la création de bourses, le soutien à des activités de recherche, la mise en place de chaires et d'instituts, et la poursuite du projet de campus à Outremont. Sans oublier les Carabins.

Sur ce dernier point, M. Parisella est intarissable. Il évoque l'importance des Carabins pour toute la communauté universitaire. Plus tôt cet hiver, Guy Fréchette, diplômé de HEC Montréal, a versé au sport d'excellence le plus gros don individuel de l'histoire des Carabins, soit 500 000 $.

« Nous aurons d'autres dons pour les Carabins, qui constituent un extraordinaire levier de recrutement, sans parler du sentiment d'appartenance qu'ils suscitent au sein de la communauté, conclut M. Parisella, lui-même un ardent partisan de l'équipe de football. D'ailleurs, le rayonnement des Carabins se fait sentir dans la présente campagne de financement. »

Paule des Rivières